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L’OMMEGANG DE BRUXELLES

 1.   La ville médiévale, théâtre de l’Ommegang

 

C’est au Xe siècle, à Saint-Géry, que commence l’histoire de Bruxelles avec la présence du château du Duc Charles de France, au centre des terres du Comté de Bruoscela.

Cette île formée par les bras de la rivière Senne se développe dans les années qui suivent grâce à un essor agricole important. Le transit des marchandises est assuré par la navigation sur la Senne.

L’île Saint-Géry se caractérise par le va-et-vient des paysans du comté qui déposent dans les entrepôts du château les produits récoltés sur les terres du Duc. En franchissant l’un des trois ponts sur la Senne, ils doivent payer une taxe aux receveurs du roi.

Sous la dynastie des Ducs de Brabant, à partir de 1200, le lieu devient une place commerciale fréquentée par les marchands qui circulent sur la route entre Bruges et Cologne. Les Ducs de Brabant établissent résidence sur les hauteurs du Coudenberg, et le marché s’établit désormais sur le marais asséché de l’actuelle Grand Place.

Bruxelles édifie sa première enceinte de pierre, à partir de 1267, sur un périmètre de 4 km. Elle englobe l’île Saint-Géry, la place du marché qui deviendra la Grand-Place, le chapitre Sainte-Gudule qui contenait les reliques de la sainte sur la colline du Treurenberg et le château ducal sur le Coudenberg. Derrière ces remparts hauts de 7 mètres, la vie s’organise autour de ces pôles, qui incarnent les pouvoirs que sont la politique, l’économie et la religion.

La paix s’installe durablement et l’industrie se développe. Les bourgeois s’enrichissent, conquièrent des droits politiques iéportants, forment une aristocratie marchande. Les métiers s’organisent en corporations et revendiquent le pouvoir au nom de la prospérité qu’ils assurent, notamment dans l’industrie drapière dont le renom s’étend à toute l’Europe.

Comme près de 40.000 personnes sont établis hors des murs, la nouvelle ville, devenue trop petite, decide de les englober dans une nouvelle enceinte. Elle s’édifie à partir de 1351 sur les contours de l’actuelle pentagone.

Et pendant ce temps, en 1348, une statue miraculeuse arrive à Bruxelles et est accueillie au Sablon par les Arbalétriers, ou est-ce une légende ?

Ommegang – Brussel – op de Grote Markt, s.r.

2.   Récit légendaire, miroir de l’histoire

 

Une récit légendaire, relaté en 1484 par un chanoine du prieuré du Rouge-Cloître, éclaire la présence d’une statue miraculeuse à Bruxelles en l’an 1348.

Ce récit évoque les aventures d’une anversoise, Béatrice Soetkens, qui voit apparaître la Vierge en songe, la suppliant de sauver une effigie en bois à son image, conservée tant bien que mal dans une église d’Anvers. Béatrice se voit forcée de dérober la statue avec l’aide de la Vierge qui paralyse le sacristain. Béatrice fait restaurer la statue, mais la Vierge lui revient en rêve pour lui demander de placer la statue dans la chapelle des Arbalétriers à Bruxelles. Béatrice arrive par bateau d’Anvers avec la statue et est accueillie par les Arbalétriers et le Duc de Brabant en personne.

Comment cette légende s’inscrit-elle dans l’histoire ? En 1348 sont célébrées les noces de Marguerite, fille de Jean III, duc de Brabant avec le Comte de Flandre Louis de Maele. Les clauses du contrat de mariage impliquent la mainmise sur les villes d’Anvers et Malines, ce qui s’avère très dangereux pour le commerce bruxellois, car il risque d’entraver la libre circulation sur l’axe Escaut-Senne, qu’emprunte justement Béatrice et sa précieuse cargaison. La statue de la Vierge est promenée pour la première fois dans les rues de Bruxelles en 1356, alors que Bruxelles est dans la ligne de mire de l’armée de Louis de Maele, établie sur les hauteurs de Scheut. Le premier Ommegang s’apparent à une prière collective, mettant la population et les arbalétriers sous la protection de la Vierge à la veille d’un grand danger pour la ville.

Le terme Ommegang, circumambulantio en latin, signifie marcher autour en néerlandais. La procession est répétée chaque année le dimanche avant la pentecôte. A l’origine, elle forme une boucle depuis la chapelle pour y revenir, encerclant les limites de la cité à l’intérieur de la première enceinte.

Brussel – Ommegang / De Kolveniers van St Kristoffel vuren een salvo af, s.r.

3.   L’Ommegang devient festif

 

Les processions religieuses sont des évènements forts répandus dans les villes au Moyen Age, mais ils n’évoluent pas tous de la même façon. A Bruxelles, la procession annuelles des Arbalétriers du Sablon connaît un destin extraordinaire : elle supplante celle de la principale église de la ville, la cathédrale Sainte-Gudule, et devient de plus en plus festive et fastueuse. Les représentants des métiers et des corporations se rendent dorénavant sur la Grand Place, où des réjouissances sont organisées. Les chevaliers de l’Ordre de la Toison d’Or, illustre l’ordre de chevalerie fondé en 1430 par le Duc de Bourgogne, défilent également dans le cortège.

En 1379, la duchesse Jeanne de Brabant offre aux enfants des costumes pour qu’ils participent déguisés en diable. En 1412, la guilde des Arbalétriers oblige ses membres à défiler en uniforme. Le théâtre s’inscrit dans la fête, par ordonnance en 1448, obligeant les corporations à représenter les ducs de Brabant en constituant des groupes dont chacun dépeint un prince et sa suite. L’ordonnance de 1448 prévoit aussi que chaque année se jouera sur la Gtand-Placew l’une des 7 joies de la Vierge, sur une estrade édifiée par la Ville. Plus solennellement, les prélats des grandes abbayes du Brabant sont désormais invités. Les géants apparaissent à la même époque sans doute, accompagnés d’animaux féériques ou exotiques, de figures imaginaires et monstrueuses.

L’Ommegang devient tellement important pour la ville qu’il est présenté Charles Quint en 1549, qui profite de l’occasion pour présenter à ses sujets des Pays-Bas leur prince l’infant Philippe, le fils que lui a donnée Isabelle de Portugal. De cet évènement nous possédons des informations précieuses, relatées par le chroniqueur espagnol don Juan Cristobal Calvete de Estrella, qui accompagne l’empereur Charles Quint le futur Philippe II.

L’Ommegand de 1615 est aussi une source unique de connaissance, car il est illustré par une série de huit tableaux peints par Denis Van Alsloot, peintre de la cour d’Albert et Isabelle. C’est la première iconographie de l’évènement.

Source : Ommegang de Bruxelles, in: Albert Marinus, Le folklore belge, T.3, s.d.

4.   La version moderne de 1930

 

Les troubles religieux qui s’intensifient à partir de 1570 provoquent le déclin de l’Ommegang, qui prend son enthousiame et est suspendu à plusieurs reprises. La tradition se perd dirant le XVIIIe siècle, pour reprendre à quelques occasions au XIXe siècle.

La renaissance de l’Ommegang date de 1930 et s’intégre aux festivités du centenaire de la Belgique. Albert Marinus, sous l’égide du Bourgmestre Adolphe Max et sous l’impulsion du Grand Serment royal de Saint-georges et de l’abbé françois Desmet, recrée l’Ommegang de Bruxelles sur le modèle de celui qui défila en 1549 en l’honneur de Charles Quint. C’est pourquoi la version actuelle de l’Ommegang, à travers celle de 1930, se base sur les témoignages de celui de 1549, et sur les tableaux peints en 1615.

L’Ommegang moderne tel que recréé en 1930 comprote quelques changements : la partie religieuse proprement dite est supprimée tandis que les représentants des Chambres de Rhétorique et des délégués d’autres villes brabançonnes sont inclus dans l’évènement.

Interrompu durant la seconde guerre mondiale, l’Ommegang est fêté chaque année depuis 1957.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, il est organisé par deux ASBL : l’Ommegang Oppidi Bruxellensis, détentrice des traditions et du patrimoine, et l’Ommegang Brussels Events qui se charge de l’immense organisation opérationnelle de l’évènement. Près de 1 200 hommes, femmes et enfants, francophones et néerlandophones, y participent.

Source : OMMEGANG behind the scenes, août 2021

Source : Ommegang de Bruxelles, in: Albert Marinus, Le folklore belge, T.3, s.d.

Source : Ommegang (= Tour) de Bruxelles, fin du 16e siècle: géants, chars, archers, arquebusiers exécutant un feu de salve, s.r.

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Arlon / Arel

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