La propagande en faveur de la régionalisation : falsification de l'histoire de Belgique pour donner une assise à la division honteuse de la Belgique

PLAN

1 Généralités

1.1 Théorie raciale pré-nazie d’un futur recteur d’université en Belgique

1.2 Jules Destrée, politicien francophile, raciste, voire antisémite, fait caché par l’Institut Destrée

1.3 Le séparatisme inventé par les Allemands, prôné par les partis fascistes REX et V.N.V.

1.4 La collaboration ouverte de la « Wallonie » avec les nazis et celle francophile avec le régime français de Vichy

2 Collaboration francophile et anti-néerlandophone dès 1945 

3 Le mensonge scolaire au service de la régionalisation

3.1 Mesures politiques

3.2 Des tas d’enseignants mentent

3.3 Livres scolaires francophiles et racistes anti-néerlandophones falsifiant l’histoire   

 

1 généralités

La régionalisation en Belgique, création fasciste et raciste

 

1.1 théorie raciale pré-nazie d’un futur recteur d’université en Belgique

La régionalisation en Belgique a un fondement racial, raciste, typique de l’extrême-droite. (in: Annuaire de la SLLW, 1995, p.179-211)

Un futur recteur d’université en Belgique a développé une théorie raciale pré-nazie

La régionalisation en Belgique a un fondement racial, raciste, typique de l’extrême-droite.

Dans une théorie raciale pré-nazie, un futur recteur de l’ULg, Julien Fraipont, a jeté les fondements du racisme en Belgique. Il n’a jamais été remis en question.

Le souhait de certains de diviser la Belgique en 4 Régions et plus en provinces est réellement une conception de l’extrême-droite.

Le dictionnaire Larousse (1933), raciste envers les Belges

Dans les années 1940 et 1950, des universitaires ont perpétué cette analyse raciale, voulant distinguer les « Wallons » des « Flamands »:  E. Debaille (Charleroi), le Dr Jorissenne (Liège) et Roger Pinon (Charleroi / Liège). Ils n’ont JAMAIS été inquiétés…

E. Debaille (conservateur du Musée archéologique de Charleroi), Nos vrais ancêtres, 1945 – La fin d’une légende … germanique !!! (Points de vue et documentation du wallon – directeur E. Lempereur)

 

(p.21) En outre, nos mœurs, notre caractère, notre langue, tout nous apparente aussi à nos frères néolithiques du Sud.

On peut donc conclure que la race wallonne (à part dans les îlots encadrant les charbonnages) ne provient aucunement d’une souche germanique, mais qu’elle appartient incontestablement au type alpin du grand anthropologue français Montandon, et que les préhistoriens désignent sous le nom de race néolithique.

Il importe donc ne de ‘pas laisser s’accréditer la légende apocryphe attribuant aux Wallons une origine subnordique, car il y va de l’avenir de notre race.

 

Discours de R(oger) Pinon prononcé au Congrès National wallon de Charleroi, 26/5/1957, in: L’ Ethnie Wallonne, 1958

 

L’ Ethnie wallonne: la Race wallonne: (pp.5-6)

(p.5) « Possédons-nous une base racique stabilisée?

Le fonds de la population wallonne est constituée par des brachycéphales d’origine néolithique, auquel il faut ajouter un mince apport gaulois, puis franc, de race dolicocéphale. …

Le type du Wallon est l’homme de taille moyenne, aux cheveux châtains ou foncés, de même que les yeux, avec une protubérance occipitale presque nulle, des crêtes sourcilières développées, une face large.

Ce type s’écarte du Flamand, plus grand de taille, blond de cheveux, aux yeux bleus, avec une protubérance occipitale très accentuée et une face allongée.  Il s’écarte du Français brachycéphale, par la taille notamment, qui est plus grande. » (p.5)

 

Selon une étude du Dr. Jorissenne, de Liège, “plus de 50 p.c. des Flamands sont prognathes, alors que plus de 85 p.c. des Wallons sont orthognathes.

Or, dans les régions industrielles, 40p.c. au moins des noms de familles sont d’origine germanique.  La différence de pourcentage entre les noms de familles germaniques et le prognathisme probable des ancêtres marque la résorption de ce caractère racique, et la stabilisation de la race. »  (p.6)

 

« Notre démarche est généralement plus lourde que la française, mais plus légère que la flamande. » (p.6)

 

 

1.2 Jules Destrée, politicien raciste, voire antisémite, fait caché par l’Institut Destrée

(LB, 08/10/1981 & LS, 12/08/1995)

Bernard Padoan, Jules Destrée, patriote et raciste, LS, 12/08/1995

 

Un trait de la personnalité de Jules Destrée est son antisémitisme et son dégoût pour le métissage.

 

Bernard Padoan, Jules Destrée, patriote et raciste, LS 12/08/1995

 

Sire (. .. ), laissez-moi Vous dire la vérité, la grande et horrifiante vérité: il n’y a pas de Belges.  De Jules Destrée, on ne retient bien souvent que cette phrase, tirée de sa célèbre “Lettre au roi sur la séparation de la Wallonie et de la Flandre”, adressée à Albert Ier en 1912.  Pour Jean-Philippe Schreiber, docteur en philosophie et lettres de l’ULB et chargé de recherches au FNRS (1), “c’est un peu court».  Une lecture attentive de la « Lettre », ainsi que des écrits antérieurs et postérieurs de Destrée l’ont amené à la conclusion que l’homme dont le Mouvement wallon a fait sa figure de proue n’était peut-être pas tout à fait celui que l’on croit.  On a beaucoup exagéré le trait en ce qui concerne Jules Destrée, surtout quant à sa pensée avant guerre, présentée comme nationaliste wallonne, voire séparatiste, explique l’historien.  Certes, Destrée aime avant tout la Wallonie, dont il contribuera à faire découvrir le patrimoine. Mais c’est l’iïdée qu’il se fait de la Belgique qu’il défend en s’adressant au roi.  Une Belgique francophone, mais où l’on respecte les deux communautés.  C’est une pensée typique de la bourgeoisie de l’époque, dont Destrée fait partie.  Celle-ci voit dans le français la langue de l’élite, et dans le flamand le dialecte des masses populaires.  Ce que Destrée craint, c’est que les revendications flamandes qui se font jour à l’époque ne mettent en péril la nation telle qu’il la conçoit, c’est-à-dire francophone.  Il est d’ailleurs significatif que Destrée se soit adressé au roi, symbole même de l’unité du pays.  Il voit en lui la seule personne capable de mettre un frein aux revendications flamandes et d’empêcher que, par réaction, les Wallons ne se cabrent, provoquant l’éclatement du pays.  Jules Destrée n’est certainement ni séparatiste ni rattachiste.  C’est un patriote, explique Jean-Philippe Schreiber, et son patriotisme sera encore renforcé par l’expérience de la guerre. Il y voit les masses ouvrières, tant flamandes que wallonnes, défendre ensemble la patrie contre d’autres ouvriers, allemands ceux-là.  C’est un bouleversement intellectuel considérable pour de nombreux penseurs socialistes, comme Destrée ou Henri De Man.  Malgré l’artificialité de l’état belge, Flamands et Wallons ont réussi à construire une nation psychologique.  Les nuances apportées à la pensée de Destrée avant la guerre permettent de mieux comprendre comment, après guerre, il se « convertit » à l’unitarisme.  Devenu ministre des Arts et des Sciences, Destrée exalte désormais, sans contradiction apparente, le roi Albert et le cardinal Mercier, les deux symboles de la Belgique unitaire.

 

 

DESTRÉE ANTISÉMITE

 

Un autre trait méconnu de la personnalité de Jules Destrée, c’est son antisémitisme et son dégoût pour le métissage.  Certes, l’antisémitisme fait partie du bagage intellectuel du temps, explique Jean-Philippe Schreiber. A l’époque, on assimile les Juifs à la finance, à la ploutocratie et au cosmopolitisme.  Mais, chez Destrée, comme chez son maître, Edmond Picard, l’antisémitisme se teinte de considérations raciales. Il faut cependant rester honnête en disant que cet aspect de la personnalité de Destrée ne revêt pas un caractère fondamental dans son oeuvre.  Il n’empêche que c’est au titre de sa haine des métis que Jules Destrée aura des mots très durs pour… les Bruxellois, qui ont, selon lui, “additionné les défauts des deux races (flamande et wallonne), en perdant leurs qualités “.

 

MYTHE ET RÉALITÉ

 

Destrée patriote, Destrée antisémite… Drôle de portrait pour une figure légendaire du Mouvement wallon.  L’homme a peut-être été victime des généralisations abusives d’une histoire vulgarisatrice qui n’a retenu de lui que « la » phrase de sa fameuse “Lettre».  Il est intéressant de noter qu’en 1981, lorsque l’institut Jules Destrée (le bien-nommé) publia une nouvelle édition de la « Lettre », il en élaguera certains passages où Destrée affirme clairement son patriotisme. Pour Jean-Philippe Schreiber, cela s’explique par le fait que l’historiographie wallonne est encore fort (trop?) imprégnée d’un esprit offensif, pas assez dégagée du politique.  La Wallonie est moins riche identitairement que la Flandre.  Elle se cherche des personnages et n’a gardé de Destrée que ce qui lui convenait, en évacuant les côtés les moins souriants de l’homme et en se refusant de faire une lecture complète de laLettre au roi”.  Dans quelques décennies, lorsque l’historiographie wallonne sera moins marquée, elle fera une lecture plus équilibrée de Destrée.  Et – pourquoi pas? – se posera « la » question: Destrée n’était-il pas tout compte fait, plus belge que wallon?

 

Quelques repères

 

1863: naissance de Jules Destrée à Marcinelle.

1894: Destrée devient député socialiste de Charleroi sur la liste du POB (Parti ouvrier beige).  Il le restera jusqu’à sa mort.

24 août 1912: publication de la -Lettre au roi sur la séparation de la Wallonie et de la Flandre» dans le “Journal de Charleroi ».

16 février 1921: Jules Destrée préside la séance d’inauguration de l’Académie royale de langue et de littérature française.

16 mars 1929: Jules Destrée et Camille Huysmans signent le “Compromis des Belges”, dénonçant “comme funeste toute propagande tendant à la constitution de deux États séparés”.

-3 janvier 1936: mort de Jules Destrée.

 

JULES DESTREE ET LA BELGIQUE, LB 04/03/1976

 

A l’occasion de l’exposition commémorative que Charleroi a consacrée à Jules Destrée, plusieurs journaux (surtout ceux reflétant les vues du Rassemblement wallon) ont rappelé la fameuse “Lettre au Roi” de 1912, dans laquelle le leader socialiste wallon déclarait notamment : “Sire, il n’y a pas de Belges”.  Parce que Jules Destrée – qui devait ensuit devenir ministre du Roi – affirmait ainsi, en une formule-choc, la prise de conscience wallonne, certains en font hâtivement le pionnier du fédéralisme, voire du séparatisme. 

 

Il est utile à cet égard de relire ce que Destrée écrivait en 1914, dans un ouvrage paru à Paris sous le titre “Wallonie”.  Il précise sa pensée en ces termes : “Mon pays, c’est la Wallonie. Il est politiquement incorporé dans un pays plus grand : la Belgique. Et la Belgique elle-même est une petite nation qui vit  nécessairement de la vie de ses grands voisins et participe à la civilisation de l’Europe occidentale. J’aime mon pays. J’aime aussi la Belgique dont il fait partie. J’aime encore tout ce que je puis comprendre de la merveilleuse activité humaine de la France, de l’Allemagne, de l’Angleterre.  Mais c’est un sentiment qui n’est vraiment puissant et chaud qu’à son centre, et qui va se refroidissant à mesure qu’il s’élargit.”

 

Destrée se défend aussi d’être rattachiste, écrivant : “Les Flamands affirment leur affinité avec la culture germanique, les Wallons affirment leur affinité avec la culture française, mais ni les uns ni les autres ne souhaitent ni n’admettent sans révolte la suppression de leur indépendance.”  Et de conclure, afin d’éviter toute équivoque :

 

“Est-ce à dire qu’il n’y ait pas de Belges, en Belgique, ainsi que je l’ai un peu exagérément affirmé, par une outrance nécessaire, dans la « Lettre au roi » ?  Agacé par les déclarations faciles et les indignations de commande de ceux que j’ai appelés plus haut les patriotes conventionnels, j’ai voulu alors marquer fortement ce qu’avait de précaire et de superficiel la nationalité belge.  J’ai voulu montrer qu’une union de moins d’un siècle n’était que peu de chose en présence d’une distinction de plus de quinze siècles, qu’il n’y avait là qu’un vernis léger qui, au moindre choc, devait laisser apercevoir l’infrastructure profonde. Mais ce peu de chose, au point de vue de l’histoire, n’est pas peu de chose pour nous.  Nous sommes les petits-fils des révolutionnaires de 1830; trois générations d’une vie magnifiquement ardente ont établi entre Flamands et Wallons des liens assez solides, ont engendré des souvenirs exaltants, ont donné naissance à un patriotisme commun qui n’est pas toujours de convention.  je pense que la moindre alerte extérieure le rendrait évident et agissant. Si quelque voisin menaçait notre indépendance, Flamands et Wallons se trouveraient instantanément unis pour lui tenir tête. Mais aussitôt le danger passé, ils retourneraient à leurs querelles.”

 

Ces lignes prémonitoires furent écrites au début de 1914.  Plutôt que de parier – comme l’hebdomadaire “Forces Wallonnes” – de la “fidélité wallonne de Jules Destrée », pourquoi ne pas parler de sa triple fidélité: wallonne, belge et même européenne?

 

Marcel Grégoire, Jules Destrée et la Belgique, LS 20/02/1986

 

Le 11 février dernier, Le Soir rappelait la lettre que Jules Destrée écrivait au roi le 15 mai 1912.  Il lui disait effectivement : « Il y a, en Belgique, des Wallons et des Flamands ; il n’y a pas de Belges, mis à part le monde officiel et une espèce de Belges, peu intéressante, qui semble avoir additionné les défauts des deux races, en perdant leurs qualités », à savoir les Bruxellois. « Ce n’est pas un peuple, mais un agglomérat de métis ». Dans sa lettre, Destrée envisageait la séparation des deux peuples d’une manière ambiguë.  D’une part, c’était « un danger pour l’unité nationale, un danger pour notre royaume » ; d’autre part « si c’était la séparation complète, pourquoi ne pourrait-elle pas se réaliser dans la concorde et l’harmonie ? ». Et d’approuver le roi d’avoir préconisé « la force par l’union, par l’entente loyale et cordiale ».

 

Ce qu’on oublie généralement, c’est ce qui a suivi.

 

D’abord, à peine deux ans après l’envoi de cette lettre, de 1914 à 1918, l’attitude de la population belge, mises à part de rares exceptions, allait infliger à Destrée le plus cuisant et, aussi, le plus heureux des démentis.  Lui-même donnait d’ailleurs l’exemple en allant, pendant la guerre, plaider à l’étranger la cause de la Belgique.

Plus tard, en mars 1929, il élaborait, comme « député de Charleroi », avec « Camille Huysmans, député d’Anvers, tous deux anciens ministres des Sciences et des Arts », le Compromis des Belges (1), qu’avaient signé, du côté wallon les députés wallons parmi lesquels Brunet, Hubin, Mathieu, Pierard, Troclet et Van Malleghem, et les députés flamands Anseele, Bouchery, Doms, Eekelers, Soudan et Achille Van Acker.

 

On y lit notamment :

« La Belgique est une nécessité nationale et internationale. » Autrement dit, « l’Etat politique, assez artificiellement composé et qui n’est pas une nationalité » dont parlait la lettre de 1912, demeure une nécessité et nationale et internationale.

Il semble urgent, si l’on veut conserver l’Etat belge, d’établir la base d’une entente cordiale entre Flamands et Wallons. »

 

Cela dit

« 1 Les soussignés dénoncent comme funeste toute propagande tendant à la constitution de deux Etats séparés, ou au rattachement de la Wallonie à la France, de la Flandre aux Pays-Bas ;

» 2 Ils reconnaissent que tous les services officiels de l’Etat… doivent employer en Flandre le néerlandais, en Wallonie le français… »

» Ils recommandent à leurs concitoyens, pour les rapports particuliers, la plus grande bienveillance et les égards les plus courtois pour les Wallons en Flandre, pour les Flamands en Wallonie;

» 3 Ils voient, dans les autonomies provinciale et communale, tradition trop oubliée de nos pays, le moyen le plus efficace de faire respecter la libre volonté des citoyens ; »

» 4 …

» 5 Une situation spéciale sera réservée à l’agglomération bruxelloise, selon les désirs de celle-ci,

» 6 … D’une manière générale, les soussignés chercheront la concorde dans la liberté et s’efforceront de ne rien écrire ou de ne rien dire qui puisse blesser les susceptibilités de la région à laquelle ils n’appartiennent pas ;

»7 … »

 

J.G., L’Histoire travestie : Jules Destrée et la solidarité Bruxelles-Wallonie, LB 08/10/1981

 

En 1912, dans sa fameuse « Lettre au Roi » dont on ne cite actuellement que des extraits soigneuse­ment choisis en fonction des thèses du F.D.F., du Rassemblement Wallon et de certains P.S., Jules Destrée écrit à propos des Bruxellois: « (…) Cette population de la capitale n’est point un peuple : c’est un agglomérat de métis. »

 

J.G., L’ histoire travestie: Jules Destrée et la solidarité Bruxelles-Wallonie, LB 08/10/1981

 

“En 1923, Jules Destrée aura la probité de reconnaître qu’en niant l’existence des Belges dans sa lettre au Roi datant de 1912, il s’était trompé.”

 

in: P.V., Jules Destrée dans les batteries allemandes, LB 28/06/2004

 

Sinon l’annexion pure et simple, c’est en tout cas la vassalisation – un ‘Tributärstaat’ – que devaient faciliter la multiplication des liens économiques et commerciaux avec l’Empire ainsi que la transformation de l’Etat unitaire belge en Etat fédéral, accompagnée d’une action culturelle intense en Flandre.

 

Pourquoi a-t-on fédéralisé la Belgique ?

(Jean Cleeremans (Brussel / Bruxelles), LB, 28/11/1991)

 

1.3 Le séparatisme inventé par les Allemands, prôné par les partis fascistes REX et V.N.V.

Fait (volontairement ?) caché: les Allemands ont inventé le séparatisme belge avec le plan de Von Bissing (LB 19/09/1996)

(DH, 22/05/2014)

Léon Degrelle, collaborateur des Nazis, et aussi francophile (fait bien caché)

(in: Amand Géradin, Florilège wallon, éd. Rex, 1931)

“Le 10 avril 1937, le journal rexiste ‘Le Pays réel’ publia le texte de l’accord conclu entre Léon Degrelle et Staf Declercq, président du V.N.V., le parti nationaliste flamand de l’époque.  L’accord commence par ces termes: “Rex défend le programme suivant: la transformation du régime unitaire belge en un Etat fédéral.” Plutôt fâcheux et combien compromettants, les précurseurs du régime dont nous dotèrent les partis depuis 1980 …  Pourquoi se crurent-ils obligés de réaliser les souhaits de Rex et du V.N.V.?”

(Jo Gérard, Oui! La Belgique existe, je l’ai rencontrée, 1988)

in: Jos Vinks, De Vlaamse Beweging, Wat is dat?, 1985

 

Hier is de volledige tekst van het accoord V.N.V.-Rex

Tusschen Rex, vertegenwoordigd door Léon Degrelle en het V.M.V., vertegenwoordigd door Staf De Clercq, wordt volgende overeenkomst gesloten:

 

  1. – REX VERDEDIGT VOLGEND PROGRAMMA
  2. a) Ten opzichte van het nationale vraagstuk, de omvorming van den huidigen Belgischen eenheidsstaat in een federalen staat, zoals hij bepaald geworden is in de voordracht uitgesproken door Paul De Mont den 4en 0ktober te Luik, goedgekeurd door den Leider van Rex en door 25.000 Waalsche Rexisten.

Deze voordracht wordt gevoegd bijl deze overeenkomst als een keure, ten titel van inlichting.

Groot Brussel (nader te bepalen) zal geregeerd en bestuurd worden zoodat er een einde zal gesteld worden aan de huidige verfranschingspolitiek en dat aan de Vlamingen de volledige ontplooiing van hun nationaal bestaan zal worden gewaarborgd-.

 

  1. b) Ten opzichte van de politieke en sociaal-economische vraagstukken, een staatsordening waar bij waarborg van de volkskontrool en volksmedezeggenschap door het voortbestaan van het politiek parlement op grondslag van het algemeen stemrecht, de levende en natuurlijke stemrecht tot uiting komen in een korporatieve volksordening.

 

  1. – HET V.N.V. AANVAARDT :

a Ten opzichte van het nationaal probleem, de Belgische federale staat, hetgeen niet insluit het opgeven zijner dietsche opvatting.

 

Met  het oog op deze opstelling, wordt de strijd gevoerd binnen den Belgischen Staat, onder de kroon van Saksen-Koburg.

 

  1. b) Zoals hierboven. (1b).

 

III. – Met het oog op de uitwerking van dit programma en tot strijd en verweer in Vlaanderen tegen het communisme, duiden de leiding van Rex en V.N.V. ieder 3 afgevaardigden aan die den Staf vormen van de gelijkloopende actie van Rex en V.N.V.

 

  1. IV. – Het doel dezer overeenkomst is de mogelijkheid voor te bereiden van de versmelting van V.N.V. en Rex-Vlaanderen in eene Vlaamsch Nationale organisatie.

Rex zal met het oog hierop een aanhoudende kampagne voeren tot reintegratie van de taalvervreemden van Vlaanderen in de nationale gemeenschap.

Rex verbindt zich zijn organisatie van het Volksfront te behouden in zijn huidigen vorm en geest.

Rex zal onmiddellijk de middelen overwegen ten einde de syndikalisten en mutualisten in Vlaanderen aan te sluiten bij de bestaande organisatie “lk Dien”.

Al de uitingen van Rex in Vlaanderen, behoudens de redevoeringen van den Leider, van Rex. zullen in het Nederlandsch geschieden.

 

  1. – Deze overeenkomst is afgesloten door den Leider van Rex. Deze verbindt zich het onderhavig accoord uit te breiden tot en te doen naleven door de heele Rex-beveging.

 

  1. – Deze overeenkomst Rex Vlaanderen-V.N.V. zal slechts met toestemming van beide partijen tot andere groeperingen worden uitgebreid.

 

VII. – Rex Vlaanderen en V.N.V. zullen gemeenschappelijk overleggen mits welke hervormingen hun vertegenwoordigers in het parlement een regeering zouden kunnen steunen.

 

VIII. – Dit accoord zal geheim blijven tot de gemeenschappelijke Leiding oordeelt dat het noodig of gewenscht is dit openbaar te maken in gemeenschappelijk overleg.

                                                                                       get. G. DECLERCQ                                                                                       

6 Oktober 1936.                                                                     L. DEGRELLE.

 

1.4 La collaboration ouverte de la « Wallonie » avec les nazis et celle francophile avec le régime français de Vichy

1.4.1 Collaboration ouverte de la « Wallonie » avec les nazis

Martine Dubuisson, José Gotovitch, Historien, dir. du Centre d’Etudes et de documentation Guerre et sociétés contemporains, LS 12/06/1998

Il y a eu des collaborateurs wallons tout aussi forcenés que les Flamands, voire plus agressifs puisque dans un milieu hostile; ils étaient cependant isolés dans une population qui les vomissait.  En Flandre, on ne peut pas dire qu’ils aient été isolés.  Ils ont bénéficié, à tort ou à raison, d’une relative compréhension de la population – sans dire pour autant que toute la Flandre a été collaboratrice. 

Jo Gérard, Le dossier noir du séparatisme belge, in : Le dossier du mois, 4, 1963, p.12-19

 

 

I. Ce cher baron von der Lancken

 

Ce cher baron von der Lancken, voyez-le en août 1914 : il a quarante-sept ans, la taille bien prise, une élégance de guêpe prussienne et belliqueuse. Il appartient à une vieille famille de junkers. Il a fait d’excellentes études d’histoire, de droit et d’économie politique à Lausanne.

Il adore Chartres et Florence.

C’est un guerrier très cultivé et qui, lors du siège d’An­vers par les troupes de Guillaume II, insistera pour que l’ar­tillerie de sa Majesté Impériale ménage la cathédrale.

Le baron est adjoint au gouverneur général von Bissing qui représente l’empereur en Belgique occupée.

Le 13 février 1915, von der Lancken est nommé chef de la « Section Politique » créée par von Bissing.

Il a dans ses compétences, la politique religieuse, la politique flamande et la presse. Autour de lui, toute une équipe de fonctionnaires actifs, zélés, discrets.

Le baron va devenir un personnage très important encore que trop oublié, de notre histoire nationale. Pourquoi ?

 

 

Le père du séparatisme belge

 

Lorsqu’il s’installa dans ses bureaux de la Section Poli­tique, à Bruxelles, le baron von der Lancken se vit remet­tre par von Bissing un dossier portant la mention « Geheim » (Secret).

Il l’ouvrit et y trouva, d’abord, une lettre du chancelier von Bethmann – Hollweg adressée à M. von Sandt, un fonc­tionnaire tatillon qui était le chef de l’administration civile allemande, en Belgique.

Ce von Sandt, quel rond de cuir, lent, précautionneux, toujours entre le garde-à-vous et le parapluie !

Le baron von der Lancken lit la missive du chancelier : « Nous devons soutenir d’une façon aussi apparente que possible le mouvement culturel flamand, et nouer des con­tacts avec certaines personnalités flamandes ».

A ces directives datées du 2 septembre 1914, étaient joints de curieux rapports rédigés par un capitaine de la Landwehr, le docteur Dirr, membre de la Diète bavaroise.

Le docteur Dirr avait analysé la mentalité en Flandre occupée.

Le 23 décembre 1914, il est convoqué à Bruxelles, car le chancelier du Reich von Bethmann-Hollweg venait d’insister, une semaine plus tôt, sur : « L’intérêt qu’avait l’Allemagne à s’acquérir auprès d’une forte partie de la population belge, une position de protecteur naturel et d’ami véritable..

 

(p.13) « Il faut qu’un service spécial assume cette tâche et accor­de une attention approfondie et persévérante au problème flamand. »

Le docteur Dirr, à la veille de Noël 1914, parle donc devant von Bissing et von der Lancken. M déclare que les Allemands doivent accorder aux Flamands des lois scolaires, des lois linguistiques et une université unilingue à Gand.

Le gouverneur von Bissing approuve mais recommande la plus extrême prudence et il ajoute textuellement : « Pour gagner complètement ou partiellement les Flandres, il con­vient de suivre des voies plus paisibles, purement pratiques, celles de la politique réaliste. Ce résultat présuppose, un petit travail de tous les jours, un travail réfléchi, patient, persévérant, prudent. Ce dernier ne devait pas porter attein­te au principe directeur essentiel du mouvement flamand à l’égard de nous autres, Allemands. Ce principe est formulé dans de multiples déclarations de milieux flamands influents et peut être brièvement défini de la façon suivante : Seuls des individus isolés désirent le rattachement à l’Allemagne. La grande majorité des sujets flamands veulent être des Germains à culture hollande-flamande, mais ne veulent pas devenir des Allemands authentiques parlant le haut-allemand. Ils veulent que soit assurée l’autonomie nationale des Néer­landais ».

» Le mouvement flamand se donne pour objectif le relève­ment matériel et spirituel du rameau flamand par le, moyen de la langue maternelle. Il reconnait les Allemands du Reich comme un peuple ami, apparenté aux Flamands, mais il ne voit nullement en lui un compatriote. »

 

 

En pleine action

 

Les directives du gouverneur von Bissing ne demeureront pas lettre morte.

Elles aboutiront à la création du « Conseil de Flandre », le 4 février 1917. Il rassemblera les activistes Tack, Borms, Heynderickx, Kimpe, Picard, Doussy qui avaient formé un Comité d’Action.

Dès le 28 janvier 1917, von der Lancken adresse à Berlin un rapport sur cet organisme.

Voici ce document étonnant : « Le 7 janvier eut lieu à Bruxelles, sous la direction du directeur-général de l’Instruc­tion Publique, M. Tack, une réunion de quarante-six hommes de confiance de tout le pays flamand et où les différentes tendances activistes étaient représentées. Des membres du corps professoral de l’Université de Gand étaient également présents.

» A cette réunion, on s’est arrêté à la formule suivante :

» Les Flamands en Belgique exigent pour la Flandre une indépendance complète et absolue, un gouvernement auto­nome et le développement immédiat de toutes les mesures qui peuvent faire atteindre ce but.

» La réunion a élu un conseil exécutif qui prépare la con­vocation d’une assemblée plus importante de délégués du mouvement flamand activiste pour le 4 février 1917. C’est à l’approbation de ces délégués qu’on soumettra la formule d’union, et un exposé des motifs adressé aux puissances neutres ainsi qu’un manifeste à adresser au gouverneur général et au Chancelier.

» Le Comité des chefs s’est entendu à cet effet avec la section politique. Les débats ont montré que les chefs fla­mands ont parfaitement conscience de la portée de leurs actes. En particulier, ils savent très bien que leur conduite sera considérée par le Gouvernement belge du Havre com­me révolutionnaire. Malgré cela, ils sont décidés à pour­suivre leur but. En conformité avec les déclarations concer­nant la Belgique et la Flandre faites par M. le Chancelier au Reichstag, le 5 avril 1915, et avec la politique flamande du Gouverneur général approuvée par le Chancelier, ils se déclarent disposés à suivre, avec leurs adeptes, l’Allema­gne sur la voie qui peut conduire le peuple flamand à la plus grande indépendance possible. S’il était impossible de prendre une décision finale en ce qui concerne le sort futur de la Belgique et de la Flandre, ainsi que la réorganisation de l’Etat sur cette base, les chefs flamands sont pourtant d’avis qu’on pourrait hâter les mesures qui conduisent à la réalisation de ce but, notamment, la séparation administra­tive. Mais comme la séparation administrative n’offre pas assez de garantie pour l’avenir, il convient de préparer encore pendant la guerre et par les moyens appropriés la future autonomie de la Flandre, autant que cela se peut.

» C’est relativement à cette revendication et pour l’exé­cution pratique des possibilités offertes que les activistes veulent entrer en pourparlers avec le Gouvernement général et la direction de l’Empire. Dans ce but, ils se proposent de former un comité nommé par une espèce d’assemblée nationale et de lui confier la direction des négociations.

» La question de savoir si l’autonomie doit se faire sous forme de fédération dans une Belgique future ou sous forme d’Etat indépendant, doit être écartée afin de maintenir l’union entre les activistes.

» Les représentants des groupes les plus avancés de la Jeune-Flandre ont admis cette restriction ; ce groupe, comme on le sait, veut la complète disparition de l’Etat Belge.

»  C’est ainsi qu’on est parvenu à arrêter une action com­mune de tous les groupes sur la base d’une idée politique commune et dans un but déterminé. Ce fait est d’une gran­de importance politique. Les dirigeants du mouvement acti­viste sortent ainsi du cadre de la constitution de l’Etat Belge et affirment la volonté de l’établissement d’un nouveau gouvernement et d’une nouvelle forme d’Etat pour la Flandre et éventuellement pour la Belgique si l’Allemagne y prête la main.

» On peut être certain que la prochaine assemblée à la­quelle assisteront de nombreux hommes de confiance de tout le pays flamand, approuvera les propositions et les proclamations préparées par le Comité des dirigeants.

* L’intention des chefs est de faire émettre par l’assem­blée, le vœu que le Comité à nommer par elle soit reçu par M. le Gouverneur général et par M. le Chancelier, pour leur soumettre ses décisions et de commencer les pourpar-ler à ce sujet. »

Le 3 mars 1917, von Bethmann-Hollweg reçoit à Berlin, une délégation du Conseil de Flandre et l’assure que : « L’Empire allemand s’occupera encore de la Flandre après la conclusion de la paix ».

 

 

De jolis messieurs

 

Les activistes étaient-ils tous des « idéalistes » fourvoyés dans une politique dangereuse par amour pour la Flandre ?

Pour dissiper ce mythe, il suffit de lire un document quasi-inconnu de nos jours, le discours que prononça en octobre 1920, l’avocat général Straetmans, à la réouver­ture des tribunaux belges.

Ce haut magistrat déclara : « Tack était, avant la guerre, professeur à l’athénée royal d’Ixelles. C’est cet individu qui, plus d’une fois, a déclaré, dans des réunions activistes, que les Flamands devaient une grande reconnaissance aux Allemands, que les Allemands versaient leur sang pour les Flamands, et qu’on devait admettre les réquisitions d’ou­vriers faites par les Allemands, si la situation militaire les exigeait absolument.

« Tack fut président de la délégation qui se rendit à Ber­lin, président du premier Conseil de Flandre, et président de la Commission des fondés de pouvoir.

» II fut nommé directeur général de l’enseignement supérieur au ministère flamand des sciences et des arts, au traitement initial de 10.000 francs (1) ; comme professeur à l’Université de Gand, il avait 6.000 francs et une indemnité de 4.000 francs pour un cours d’encyclopédie.

(p.14) » Voilà donc un traitement fixe de 20.000 francs. Il avait, en outre, les jetons de présence pour les séances du Con­seil de Flandre et des commissions, des frais de voyage et de propagande. Et, alors qu’il est professeur à l’Université de Gand, et qu’il doit donc se rendre régulièrement dans cette ville pour donner ses cours, il trouve moyen de se faire payer des états de frais pour des déplacements de Bruxelles à Gand, en qualité de directeur de l’enseignement supérieur !

» Les professeurs de l’Université de Gand recevaient une indemnité variant de 600 francs à deux mille francs, pour compenser la suppression du minerval.

» Ils avaient également une indemnité de vie chère.

» Ne perdons pas de vue que les activistes touchaient ces traitements et indemnités, pendant la guerre, à un mo­ment où le traitement de base d’un premier président de cour d’appel était encore de 11.250 francs.

» II n’est pas sans intérêt de constater que certains chefs activistes, tels que Tack, étaient ravitaillés par des camions allemands.

» Non seulement Tack était payé pour sa propagande mais son fils mineur, habitant avec lui, étudiant à l’univer­sité de Gand, figure également dans les documents saisis comme ayant touché la somme de 2.725 francs du chef de propagande en faveur de l’université de Gand.

» Le docteur Dumon, de Bruges, a pu, grâce à son acti­visme réaliser un véritable miracle financier. Bien que doc­teur, il devint le fournisseur attitré des Allemands pour les denrées alimentaires, tabacs, etc…

» Lorsqu’il débuta dans les affaires, il disposait d’un capi­tal de 6.140 francs dont 5.000 lui avaient été prêtés par un tiers. C’était en novembre 1914. Il pouvait se rendre en Hollande pour y acheter des quantités considérables de mar­chandises ; d’après le receveur des douanes de West-Cappelle, il introduisait, au moins trois trains de marchan­dises par semaine, rien que par cette station-frontière.

» Ces marchandises étaient exemptes des droits de douane. Mieux valait, d’après Dumon, frustrer le fisc belge que de devoir majorer le prix de vente aux Allemands, à raison des droits dûs.

« II s’ingéniait, écrit-il, dans une requête, à faire tout ce qu’il pouvait pour assurer de notables quantités de mar­chandises aux armées allemandes et pour empêcher qu’elles ne fussent fournies pour la consommation des Belges.

» Dans ces conditions, il n’y a rien d’étonnant à ce que, disposant d’un capital initial de 6.140 francs, il ait fait des bénéfices dépassant 1.500.000 francs.

« Dumon était, naturellement, un activiste exalté.

» Karel Heynderickx, dont le désintéressement était hautement vanté par tous et par lui-même, a eu avec les Allemands, une correspondance volumineuse au sujet de la fixation de ses traitements et émoluments.

» II n’a accepté les fonctions de professeur à l’Université d’abord, de secrétaire général au ministère de l’intérieur ensuite, que lorsque les conventions lui donnant les garan­ties désirées furent couchées sur le papier ; des assurances verbales ne lui suffisaient pas.

» Et Heynderickx, le secrétaire communal de la petite ville de Saint-Nicolas, avait obtenu, comme secrétaire géné­ral, un traitement initial de 12.000 francs, une indemnité annuelle de 5.000 francs et, comme professeur à l’Université, 7.000 francs soit donc un traitement total de 24.000 francs. Il avait en outre, une indemnité mensuelle de vie chère de 158 francs, jetons de présence, etc…

» En cas de perte d’emploi, on lui assurait une rente via­gère de 10.650 francs. Cette somme représentait ce qu’il était censé gagner à Saint-Nicolas comme secrétaire com­munal, comme assesseur au conseil d’arbitrage, comme secrétaire du Davidsfonds et comme agent principal de la Société d’Assurances « Les Propriétaires Réunis ». Mais il est avéré que certains des chiffres qu’il a indiqué pour servir de base au calcul de la garantie sont exagérés et qu’il gagnait moins de 10.650 francs.

 

(1)   II s’agit de francs à multiplier par 30 pour connaître leur valeur actuelle.

 

» Comme personnification du désintéressement, le per­sonnage est vraiment peu réussi…

» Voilà le soit-disant idéalisme de Messieurs les acti­vistes, pris sur le vif.

» Les chiffres cités résultent des pièces saisies. Or, nous n’avons certainement pas toutes les pièces puisqu’à l’ap­proche de la débâcle allemande, on a brûlé des quantités énormes de papiers, tant du côté allemand que chez les activistes, et que la plus grande partie des archives acti­vistes, fut transférée à Leipzig.

» Il est donc permis d’affirmer que les avantages signalés ne constituent qu’une partie de ceux dont ils jouissaient en réalité.

» Ces Messieurs persuadés que les Allemands seraient victorieux, et avec eux, l’activisme, étaient convaincus qu’ils occupaient définitivement les places qu’ils s’étaient distri­buées et que, plus tard, ils pourraient s’en attribuer et en distribuer d’autres encore.

» L’activisme n’était en réalité, qu’une escroquerie politi­que.

» Les activistes furent des instruments aux mains des ennemis ; ils devaient d’après le programme allemand, indi­qué par le testament politique de von Bissing, créer et attiser des dissensions entre Belges, pour que notre patrie, divisée, devînt plus sûrement la proie de l’ennemi.

» Nous osons formuler le vœu que ceux qui ont la charge de diriger les destinées de notre chère Belgique, se sou­viennent de ce que voulaient les Allemands ; il importe de ne pas exécuter leur programme. »

Mais au discours de l’avocat général Straetmans joignons une autre révélation, en l’occurence la lettre qu’un fonction­naire allemand, le Docteur Asmis écrivit, le 9 octobre 1918 à von der Lancken : « Je vous serais reconnaissant si vous vouliez m’informer si les livres et les actes de votre admi­nistration financière contiennent des paiements faits aux activistes et si ces sommes ont été portées dans les livres de façon à pouvoir être facilement reconnaissables. Dans ce cas, je vous prie d’ordonner la disparition de tels paiements. Une personnalité flamande me raconta, cet après-midi, que les livres de l’administration financière portaient entre autres, une remarque au sujet des 5.000 marks touchés par le doc­teur Borms pour son voyage à Berlin. De telles annotations dans les livres pourraient être fatales aux Flamands inté­ressés, dans le cas d’une vérification des livres par le Gou­vernement belge, à son retour. A mon avis, il est du devoir du Gouvernement allemand de protéger dans la mesure du possible les Flamands des désavantages résultant de leur collaboration avec nous ».

Quelques jours plus tard, le 30 octobre 1918, le docteur Asmis donnait dans une autre lettre, ces directives prou­vant l’intention délibérée de l’Allemagne d’entretenir, même après la guerre, des germes de discorde en Belgique : < II faut insister pour que ne quittent le pays que ceux qui, par suite de leur activité politique et de leurs relations « avec les autorités allemandes et des personnes allemandes, auraient à craindre pour leur vie.

> Chacun doit pouvoir juger s’il se trouve dans ce cas. Il est cependant de l’intérêt de la continuation du mouvement flamand qu’il reste au pays le plus grand nombre d’activis­tes possibles. Ceux-ci pourraient se soustraire aux attaques et persécutions de la foule en se tenant cachés pendant les premiers jours de tumulte qui suivront la rentrée victorieuse du Gouvernement Belge. »

Les  quelques  documents que  nous  venons   de   publier démontrent clairement que le séparatisme fut, en Belgique, une création allemande.

 

 

II. LES DESSOUS D’UNE CERTAINE PROPAGANDE

 

On s’imagine généralement, que les méthodes modernes de propagande par le cinéma et par la presse ne datent que de la guerre 1940-1944.

Les nazis inondèrent, à cette époque, la Belgique, de jour­naux, d’illustrés et de films dans le double but de nous diviser irrémédiablement en Flamands et en Wallons et de nous persuader de la toute-puissance éternelle du Illme Reich.

Nous allons prouver, aujourd’hui, que ces méthodes étaient déjà abondamment utilisées et dans les mêmes intentions, eh 1914-1918.

(p.15) Les Allemands avaient créé une « Pressezentrale » une section centrale de la presse dont le rapport von der Lancken du mois de février 1918 précise bien les objectifs et le fonctionnement :

« La nouvelle direction chercha aussi à rester en contact avec la «Conférence de la Presse» qui se tient régulièrement à Berlin, deux fois par semaine, en partie par l’intermé­diaire du ministère des Affaires Etrangères, en partie par l’intermédiaire du ministère de l’Intérieur, suivant que les choses à traiter étaient du domaine de l’un ou de l’autre de ces départements. Par cette innovation, les représentants des journaux allemands purent recevoir, par exemple, des directives concernant le mouvement activiste wallon qui commençait à se manifester, déjà avant la publication de l’appel dans la presse allemande ; il en fut de même pour la démission du premier ministre belge et le manifeste du « Raad van Vlanderen » au peuple allemand. Cette façon d’influencer fut continuée personnellement à l’occasion de la présence du chef de la Pressezentrale qui prit souvent contact avec le chef du service d’information du ministère des Affaires étrangères, les chefs de l’« Office de guerre pour la Presse » ainsi qu’avec les attachés militaires du ministère des Affaires étrangères. »

Toutefois, le baron von der Lancken n’est pas entièrement satisfait, il est même déçu par le patriotisme des journalistes flamands :

« La presse activiste flamande répond bien à son but qui est de faire de l’agitation en faveur de l’affranchisse­ment du peuple belge. Cependant, elle ne s’entend pas encore fort bien à étendre le cercle de ses lecteurs par une meilleure présentation des sujets et des informations dont elle dispose. Il est donc très compréhensible que cette presse n’a pas encore pris un style qui lui est propre et dépend fortement du concours des autorités allemandes qui s’occupent de la presse. Ceci résulte de ce que les journa­listes flamands qui travaillaient dans la presse belge avant la guerre ont refusé jusqu’à présent d’entrer dans la rédac­tion de feuilles activistes ».

 

Des buts précis

 

Si les Allemands soutiennent des journaux à leur dévo­tion, c’est avec l’espoir de préparer l’opinion belge au plan von Bissing tel que le gouverneur général le développe dans la lettre qu’il adresse, le 6 avril 1917, à Guillaume II, lui-même :

« Conformément aux indications de Votre Majesté, j’ap­plique toute mon énergie à développer le plus rapidement possible la politique flamande (Flamenpolitik) ordonnée par Votre Majesté. Après m’être entendu sur les mesures à prendre, le 17 du mois passé, avec le représentant du chancelier, le secrétaire d’Etat à l’Intérieur, j’ai institué une Commission qui doit préparer la division de l’ancien royau­me de Belgique en partie flamande et partie wallonne. Com­me premier pas, j’ai, d’après l’avis de cette Commission, divisé, par ordonnance du 21 écoulé, le territoire du gou­vernement général en deux régions administratives, une flamande et une wallonne. En prenant pour base la limite linguistique, ces deux territoires sont bornés par les fron­tières des provinces et il n’y a que le Brabant qui sera divisé en deux.

» A mesure que l’avancement des travaux le permettra, les ministères wallons seront transférés à Namur, tandis que les flamands resteront à Bruxelles. Suivant nos prévi­sions, on commencera par le déplacement du ministère wal­lon de l’Industrie et du Travail à Namur. Dès maintenant, on prend des mesures pour trouver des locaux à Namur. La séparation des ministères belges sera suivie d’autres mesu­res de séparation, il convient de signaler particulièrement l’organisation judiciaire. Aux mesures de séparation des autorités belges se joindra la nomination de deux chefs d’administration allemands pour la Flandre et la Wallonie et cette désignation va même se faire dès maintenant.

» Les espérances fondées sur la création d’une Flandre délivrée de l’influence des Wallons seront, espérons-le réa­lisées et serviront, alors, certainement les intérêts allemands.

«  Je me permets, cependant d’ajouter qu’il ne serait pas bon d’abandonner à son sort la Flandre délivrée de la domi­nation de la Wallonie, ou encore, de la considérer comme un objet de marchandage dans les pourparlers de paix qui sont imminents. Si l’empire allemand n’y prend garde, le sort de la Wallonie sera celui d’un ennemi de l’Allemagne, entièrement francisé. Une Wallonie rendue à l’influence fran­çaise deviendrait automatiquement un instrument de domina­tion anglaise et servirait de prétexte aux visées anglaises sur les côtes de la Flandre. L’extension de la puissance allemande et de l’influence allemande en Wallonie ne me paraissent pas moins importantes qu’en Flandre. Economi­quement, la Wallonie vaut même plus pour l’Allemagne que la Flandre à cause de son industrie, en particulier à cause de ses charbonnages que j’ai maintenus en pleine activité. Assurément, la valeur économique des Flandres grandira considérablement lorsque les trésors en charbon de la Cam-pine seront exploités. Il faut noter, en outre, qu’il y a entre Flamands et Wallons beaucoup de relations économiques qui doivent continuer après la séparation, si l’on ne veut pas que tous deux ou au moins l’un des deux, ne subissent des dommages. La population wallonne est plus facile à manier et à diriger que la flamande. Les Flamands sont naturellement plus lourds et plus enclins à la résistance. Les Wallons sont plus légers, et s’ils gagnent beaucoup, s’ils ont quelques avantages sociaux, s’ils peuvent jouir de la vie, ils sont faciles à gouverner. En conséquence, je considère comme un devoir envers Votre Majesté et envers la Patrie de faire remarquer qu’il faut avoir soin de conserver une Wallonie bien organisée à côté d’une Flandre bien orga­nisée. »

Les projets de von Bissing sont l’objet des préoccupations constantes des dirigeants allemands.

Le 7 mars 1917, le chancelier von Bethmann-Hollweg écrit au maréchal von Hindenburg :

« Les intérêts allemands que nous poursuivons avec cette politique apparaissent clairement. Le sort de la Belgique dépend du succès final de nos armes. Quoi qu’il arrive, une Belgique dont l’organisation intérieure est séparée et dont la majorité flamande est délivrée de la domination de la minorité wallonne, orientée vers la France, sera plus aisément rendue utile aux intérêts allemands que l’Etat Belge dans sa constitution actuelle.

» Ce but sera atteint d’autant plus vite que nous par­viendrons à mettre les Flamands de notre côté… »

Et dans ses « Souvenirs de guerre » Ludendorff dira : – Notre propagande flamande avait commencé à prendre dans l’armée Belge. Il nous arrivait assez souvent des déserteurs dont les témoignages montraient que le mouve­ment flamand diminuait l’hostilité de l’armée belge à notre égard. »

D’ailleurs, le 7 février 1918, Ludendorff signait la lettre que voici adressée au chancelier d’Empire : « Je me per­mets d’envoyer à votre Excellence la copie d’un mémoire de l’amiral commandant le Corps de Marine, traitant de la politique flamande. L’amiral von Schröder qui est, depuis plus de trois ans, en Flandre, doit indiscutablement être considéré comme une personnalité à même de juger de la question flamande. Je ne puis que prier à nouveau Votre Excellence de favoriser, par tous les moyens, l’opposition entre Flamands et Wallons afin d’ébranler le moral et, par (p.16) là, la force combattive de l’armée belge composée de plu­sieurs divisions.

» Le gouverneur général, Freiherr von Falkenhausen, me fit savoir qu’il considère comme un réel renforcement de la cause flamande, en ce moment la réception de ses chefs par Votre Excellence et l’assurance que Votre Excellence est disposée à maintenir les buts du précédent chancelier et de protéger le caractère propre du peuple flamand qui nous est apparenté, contre l’oppression des Wallons et des Français.

»  Dans l’intérêt de l’action militaire, je serais tout spé­cialement reconnaissant à votre Excellence, si elle pouvait se résoudre à agir dans ce sens. »

De son côté, le général von Lossberg, chef d’état-major du 4me corps d’armée, écrit au Kronprinz Rupprecht, le 6 janvier 1918 : « Sub. 1°. Une propagande à l’armée belge est possible et promet des résultats. Les divergences qui ont surgi, ces derniers temps, entre Flamands et Wallons peuvent être rendues plus profondes, les difficultés du gou­vernement belge qui se trouve sous l’influence française peuvent être augmentées. Ainsi, une propagande adroite pourrait agir de façon déprimante sur la mentalité de la partie flamande de l’armée belge.

»  Sub. 2°. La propagande doit accentuer fortement ce qui sépare les Flamands des Wallons, notamment appuyer sur toute injustice ou abandon que les Flamands ont dû souffrir de la part des Wallons, avant et pendant la guerre. Il faut que l’on démontre aux soldats flamands que la  politique francophile a précipité la Belgique dans le malheur, qu’elle est cause de toutes  les souffrances actuelles et  que  la France et l’Angleterre ont abusé et abuseront encore dans l’avenir de la Belgique comme bouc émissaire contre l’Alle­magne, si les Flamands ne parviennent pas à une complète indépendance.

» Comme moyens appropriés, il y a lieu de considérer la presse flamande du pays occupé et les publications spécia­les des organisations activistes. Parmi ces dernières, ce sont surtout les sociétés d’ouvriers et les associations pro­fessionnelles qui, par des revendications énergiques, pour­ront gagner une forte influence sur les soldats belges. Il faut accorder moins de valeur à la collaboration des classes supérieures de la société. La collaboration d’Allemands, offi­ciers du service de renseignements, officiers, reporters de guerre, peut être utile et doit être employée, mais ne doit pas être rendue publique.

» De plus, des éclaircissements souvents répétés aux soldats belges sur la vie, le travail et le salaire des pri­sonniers de guerre belges, en Allemagne, par la parole et l’image, influenceront avantageusement les soldats. A cet effet, s’il y a un moyen quelconque, il y aura lieu de tra­vailler, en dehors du lancement de tracts de l’autre côté des lignes, en empruntant le chemin de la Hollande. »

 

Par la presse et par le film

 

L’Oberleutnant von Heimburg chargé d’organiser la pro­pagande activiste dans l’armée belge démasque froidement ses batteries et il déclare : « Le but que nous poursuivons par notre propagande flamande au front belge est un but militaire. Nous inondons le front belge de quantité de jour­naux flamands, entre autres du périodique belge « Door Vlaanderen heen ». Cette feuille a pour but d’exacerber la nostalgie du soldat flamand et cela par la reproduction d’in­térieurs flamands ; avec une mention tendancieuse par exemple : « Joseph reviens ! Tes parents t’attendent ! » Ces photos ont réellement été prises dans des familles dont les fils sont au front belge. Cette photo tombera peut-être avec le journal, dans les mains du Joseph en question. Mais en voyant cela, n’importe quel soldat flamand, généralement très peu éduqué, se sentira pris de nostalgie. Dans cette même feuille, on énumère les griefs nombreux des Flamands. Joignez le sentiment du mécontentement provoqué par ceci au sentiment de nostalgie : le moral s’en trouvera fort abat­tu. Nous soutenons, aussi, indirectement, tous les journaux flamands en pays occupé, et nous favorisons la création de journaux nouveaux. Dans ces journaux se trouveront des articles de personnalités très influentes dans le mouvement flamand d’avant-guerre, articles traitant des griefs flamands en général, et plus particulièrement des plaintes envoyées à ces meneurs par des soldats prisonniers en Allemagne au sujet des traitements infligés aux Flamands dans l’armée belge. Lorsque ces journaux tombent dans les mains de membres actifs et intellectuels du mouvement flamand d’avant-guerre, ils diront : « II est impossible que ces acti­vistes soient des traîtres. Des hommes comme Borms, Depla, Heynderickx, Augustijns, De Clerck, Dosfel et autres, ne peuvent être des renégats : c’est impossible. Borms lui-même n’avait-il pas poussé ses adeptes à s’engager dans l’armée belge ? » D’autre part, la variété et la profusion des journaux flamands accréditeront l’idée que le mouvement activiste est beaucoup plus important que les journaux bel­ges ne veulent le leur laisser croire. Tous ces faits et réflexions feront que ces lecteurs intellectuels se groupe­ront, verront beaucoup plus vite le plus petit grief et le gros­siront malgré eux. Quant au soldat plus simple qui lira ces journaux, il croira encore beaucoup plus vite tout ce qu’il y trouvera, et la moindre punition ou réprimande qu’il encour­ra, il l’imputera au seul fait d’être Flamand. Grâce à tout ceci, il se créera de l’autre côté un autre mouvement fla­mand pareil à celui de ce côté-ci. Or, ce mouvement fla­mand ne pourra évidemment en aucune façon être toléré par l’autorité militaire belge. Le résultat en sera la création d’un mouvement clandestin, et par le fait même, il y aura du frottement, de l’effervescence et du mécontentement dans l’armée belge. Sa cohésion, son unité, son moral en souffriront grandement pendant qu’elle s’occupera d’elle-même, elle ne s’occupera pas de nous. De toute façon, nous pour­rons tenir un front de 50 km avec un nombre très restreint de régiments contre une armée ennemie de beaucoup supé­rieure en nombre, et en cas d’une offensive allemande, cette armée démoralisée et très réduite dans sa discipline et sa valeur combattive, n’opposerait que peu de résistance ou bien devrait être remplacée par des Anglais ou des Français ce qui signifierait pour ceux-ci une perte de 80.000 à 100.000 hommes ce qui n’est pas à dédaigner. J’espère que nous réussirons. »

Le 12 août 1918, l’Oberleutnant allemand Picht, dans un rapport sur les moyens à utiliser pour hâter la division de la Belgique, écrit : « Pour le cinéma, l’histoire et les paysa­ges des Flandres présentent une matière heureuse et à peine entamée. L’Universum-Film A.G. récemment fondée qui est en relation avec le « Bild und Filmamt » serait probablement disposée a entreprendre une action dans ce sens.

» Des représentations spéciales consacrées à la Flandre attireraient, vraisemblablement, un nombreux public. »

Le 29 août 1918, l’officier-de renseignements Hauptmann Staehle envoie cette lettre à l’état-major général de Berlin : « L’utilisation des films comme moyen tout particulièrement efficace pour la propagande du mouvement flamand en Alle­magne, dans les pays neutres et dans les pays occupés, est considérée ici comme souhaitable et très urgente. Le récent développement du mouvement flamand dans l’armée belge et dans le pays occupé offre de la matière pour une action cinématographique intense et dramatique. Le projet d’un pareil film se trouve ici. Il devrait être pris à Courtrai et environs, en partie pour des raisons topographi­ques, en partie parce que l’activité dans le camp des pri­sonniers de cet endroit donnera matière à être filmée, en partie encore parce que des prisonniers qui ont déjà colla­boré à des représentations de propagande peuvent servir de figurants.

» Un entretien préalable entre l’officier qui règle les tour­nées de propagande des prisonniers et le directeur et le régisseur de la société cinématographique en question au sujet de la possibilité et des conditions du film serait nécessaire.

» L’entreprise pourrait se faire sur des bases purement commerciales, puisque les frais (petit nombre d’acteurs, petits frais pour accessoires) ne seraient pas élevés. » L’activiste J. Wannyn, révèle M. Wullus Rudiger dans son livre « Flamenpolitik », avait constitué une société dans le ‘ but de tourner des films, de louer et de représenter ceux-ci, et d’établir des salles de cinémas. Le 7 septembre 1918, il s’adressait au capitaine allemand Staehle pour le mettre au courant du projet d’adaptation cinématographique du célè­bre roman d’Henri Conscience « Le lion des Flandres », et pour demander son concours.

Il expliquait qu’un consortium avait réuni l’argent néces­saire à la représentation. Il estimait les frais à 50.000 francs. On aurait besoin de milliers de figurants, notamment pour la (p.17) dernière partie, le « clou » : la bataille des Eperons d’Or ». Il avait consulté des chefs activistes d’Anvers et de Bruxel­les, entre autres, Borms, et tous étaient enchantés du pro­jet. L’adaptation cinématographique avait été faite par le sous-officier allemand Mùller, du théâtre allemand de Gand, et on avait prévu comme metteur en scène, M. Maximilien Moris, directeur du même théâtre, très avantageusement connu comme régisseur en Allemagne et même à l’étranger. Comme acteurs étaient prévus ceux du théâtre en question et des acteurs flamands en renom. Le matériel technique avait été promis par l’« Office de la Photographie et du Cinéma ». On le voit : ici encore, d’après les vœux des chefs activistes eux-mêmes, la plus grande fraternité, la plus grande aide mutuelle entre les activistes et les Allemands. La victoire de l’Allemagne n’était-elle, d’ailleurs, pas la leur?…

Mais du côté allemand on fit des difficultés parce qu’une firme de Berlin avait l’intention de s’occuper de la chose et pour des motifs d’ordre militaire, notamment à cause du danger d’espionnage, à l’occasion des déplacements de nombreux figurants et techniciens.

 

Mais les vrais Flamands ?

 

Malgré tous leurs efforts, les Allemands ne parvenaient pas à répandre le séparatisme et à y rallier les masses flamandes.

A Wevelgem, les Allemands avaient organisé une repré­sentation théâtrale et y conduisirent des soldats flamands prisonniers mais activistes.

Le résultat fut bien décevant à en juger par cette note de l’Oberleutnant Picht : « II n’y avait au théâtre que des femmes d’activistes courtraisiens, des Allemands, les famil­les de trois prisonniers citoyens de Wevelgem, et quatre ou cinq habitants. A la sortie du théâtre, on lança des pier­res aux soldats activistes ; on les hua, on leur cracha au visage, on les traita de traîtres. Un cabaretier de l’endroit refusa de servir à boire et ne le fit que sur l’injonction formelle des Allemands. Un des prisonniers dut à l’inter­vention des Allemands de n’avoir pas été lynché. On sut plus tard que le curé de Wevelgem voulant empêcher que ses fidèles ne donnent dans le piège des activistes, leur avait défendu, dans son sermon du matin, d’assister à la représentation, sous prétexte que la pièce était licencieuse. »

Hugo Verriest, le célèbre prêtre et poète flamand disait à des activistes qui le questionnaient dans sa retraite d’Ingooigem : « Je suis trop vieux. Je suis comme un patriar­che qui se repose d’un rude labeur. Je ne puis comprendre ni approuver la séparation administrative. Ensuite, comme Belge, comme Flamand, comme Catholique, je ne pourrais me pardonner de me séparer du Roi. »

Mais, après l’armistice, un journal séparatiste, le Vlamenland parut à Berlin et on pouvait lire dans un numéro de décembre 1918 : « L’activisme restera pour la Belgique, ce que la Pologne et la Finlande furent pour la Russie, ce que l’Irlande fut pour l’Angleterre : un danger pour la Belgique, aussi longtemps que la Flandre n’est pas déclarée autonome, avec langue unique. »

En juillet 1920, le même journal écrivait : « Le soutien moral dont bénéficie le caractère racique menacé de la race flamande, rencontre grâce à notre action une estime sans cesse croissante. Jamais, il ne fut plus pressant, qu’à cette époque de lutte acharnée. Si on réussit à délivrer les marches-frontières (Grenzmarken) germaniques en Flandre, de la pression romaine (Welschen) la cause de l’Allemagne s’en trouvera servie dans une grande mesure. »

 

 

III. LES HERITIERS DE REX ET DU V.N.V.

 

Deux hommes vont appliquer, en 1940-44, les directives séparatistes allemandes en Belgique. Ils utiliseront un voca­bulaire et lanceront des idées, hélas, très semblables à celles que propagent, aujourd’hui, certains extrémistes.

Ces deux agents du Reich furent Léon Degrelle et Staf De Clercq.

Le premier était un tribun exalté, un ambitieux sans scru­pules et un admirateur passionné de Hitler qui lui dira un jour : « J’aurais aimé avoir un fils tel que vous. »

L’autre, le leader du V.N.V., se présentait sous l’aspect d’un petit homme trapu, lyrique et imprégné de la mystique germanique du sol, de la langue et de la race.

Dès le 2 décembre 1940, Staf De Clercq démasque ses batteries au cours d’un meeting à Anvers où il proclame :

•  A l’époque où la Belgique était maîtresse du territoire, nous avions à lutter pour nos frontières, car l’Etat Belge était notre ennemi. Ceux qui auront désormais à déterminer nos frontières ne sont plus nos ennemis.   L’expression

« frontières » a une toute autre signification dans l’ordre national-socialiste. Nous avons pour devoir de placer notre confiance dans le Führer. Ce qu’il fera sera bon pour tout notre peuple.

» La Flandre est en marche vers son destin qui est néer­landais et allemand. Les soldats flamands du front, pendant la guerre mondiale, aussi bien que les activistes et les nationalistes flamands, se sont toujours élevés contre la violation des institutions néerlandaises et germaniques. D’où notre lutte pour notre séparation d’avec la Wallonie et la France. »

Le 10 mai 1941 fut signé l’accord Rex-V.N.V. qui partageait la Belgique en deux communautés, la flamande et la wallonne respectivement considérées, désormais, comme les chasses gardées de Staf De Clercq et de Léon Degrelle.

Staf De Clercq, chef du V.N.V. (au mur, un portrait du grand patron).

Le lendemain de cet accord, Léon Degrelle développait devant la presse collaborationniste des thèses fédéralistes qui ressemblent un peu trop aux idées lancées aujourd’hui par le Mouvement Populaire Wallon. Qu’on en juge : « C’est pour permettre aux Nationalistes de Flandre de prendre conscience, en toute indépendance, des intérêts de leur peuple que nous avons donné notre approbation la plus ami­cale à l’unification des mouvements flamands, scellée au­jourd’hui.

» Ce sera à ce parti unique flamand à rendre au peuple flamand la conscience de son génie et à préparer son avenir.

» De toute manière, il faudra abandonner la prétention de vouloir, du dehors de la Flandre, dicter aux Flamands une ligne de conduite. C’est à eux seuls à décider ce que la Flandre sera.

» La question de la cohabitation des Flamands et des Wallons ne se fut jamais posée avec une telle netteté si la Flandre n’avait pas été jusqu’à 1940 victime de tant d’incompréhension, de bêtise et de mépris.

» Les fautes du passé pèsent sur le présent. En ce qui concerne l’avenir, il ne sera pas le résultat de concessions faites avec regret ou avec commisération.

» II n’y aura de fédération flamande-wallonne que si on la veut de part et d’autre. Aux partisans de cette fédéra­tion de la rendre possible, utile et désirable. »

Quant à Staf De Clercq, son langage fut identique à celui de l’actuelle « Volksunie » – Aux Wallons, nous ne contestons nullement le droit de vivre et le droit au déve­loppement populaire, mais les temps doivent être définitive­ment révolus où ils disposaient de nos possibilités de vie et de développement et où ils avaient leur mot à dire. Ceci sera notre affaire. Et quant à ceux de nos nationaux qu’une (p.18) cohabitation forcée nous a fait perdre, pour eux, parle bien haut, en nous, la voix du sang. Ce qui nous appartient doit nous revenir. Ceci est une nécessité inéluctable sur laquelle nous devons axer notre action. »

De son côté, Henri de Man, le président du parti socialiste, passé à l’Ordre Nouveau, déclarait dans un discours à Charleroi : « Bien entendu, le fédéralisme présuppose plusieurs conditions. La première c’est que les décisions concernant les intérêts communs ne devraient plus reposer sur la base individualiste du suffrage universel, mais bien sur l’égalité des deux communautés linguistiques ou popu­laires. Cette revendication s’impose autant dans l’intérêt des Wallons que dans celui des Flamands. Sous le régime du suffrage universel, une majorité flamande pourrait imposer sa volonté à une minorité wallonne ; par contre, avec une unité administrative Flandre faisant pendant à une unité ad­ministrative Wallonie l’égalité serait garantie. A cette con­dition, ce n’est pas seulement l’autonomie culturelle qui devient possible, mais aussi l’autonomie administrative des deux communautés populaires dans la plupart des domaines de la vie politique, sans pour cela empêcher qu’existent pouvoir exécutif commun et la fonction de protecteur et d’arbitre du monarque, source de toute autorité. »

Enfin, un autre collaborateur des Allemands, le journaliste Robert Poulet, poussait, aussi, à la roue du fédéralisme, le 12 mai 1941, dans un éditorial du « Nouveau Journal » • « L’échange de blancs-seings auquel ont procédé les co-contractants rexistes et V.N.V. d’avant-hier ne vaut évidem­ment que pour eux-mêmes et leurs mouvements ; mais il ne reflète pas mal la démarche que tous les bons esprits de ce pays sont prêts à faire. « Flamands, décidez vous-mêmes de votre sort » ; « Wallons, choisissez librement votre des­tinée » ; quitte, le lendemain, à s’apercevoir que la logique, que la géographie, que l’économie, que les convenances européennes, que la sensibilité populaire même, sous cer­tains de ses aspects, postulent un « compromis des Bel­ges » sur un terrain, sur un plan, dans un esprit beaucoup plus pareils à ce qu’ils furent, avant 1790 qu’à ce que nous avons connus à partir de 1830. »

 

Le mardi 2 septembre 1941…

 

Pour appuyer la campagne de division des Belges, le V.N.V. organisa, le 2 septembre 1941, une manifestation à Bruxelles. Deux journalistes patriotes MM. Ooms et Delandsheere nous ont laissé une description de ces … festivités :

« Avec la complicité de l’occupant et sous son patronage, s’est déroulée aujourd’hui une manifestation tendant à faire croire que Bruxelles, capitale de l’ensemble du pays, doit être considérée comme un fief flamand.

» Pour le prouver, les chefs V.N.V. avaient fait venir à Bruxelles tous leurs adeptes. Brigades noires, gardes en uniforme, groupes d’hommes, de femmes, d’enfants chantant et dansant se sont dirigés vers la Grand’Place. La Maison Flamande était le centre de cette agitation tumultueuse.

» Une tribune avait été dressée devant l’Hôtel de ville pour recevoir les « autorités ».

» Y ont pris place, avec de nombreux officiers allemands représentant le pouvoir occupant et la Wehrmacht : les fla­mingants les plus notoires comme le secrétaire général Leemans, le commissaire aux prix Beeckman, l’abbé Cyriel Verschaeve flanqué de ses deux collègues au conseil cul­turel, les professeurs Van Roosbroeck et J. Van de Wiele, les gouverneurs Grauls et Lysens ; le Dr Borms ; Elias, Bourgmestre de Gand ; F. Daels ; Van Thillo ; Ernest Van den Berghe ; Edgard Delva ; R. Speleers ; le chef de la Corporation de l’Agriculture Meeuwissen ; Tack, comman­dant la Garde Flamande ; Hendrickx, directeur général de l’Office national du Travail et autres V.N.V. de seconde zone.

» La cérémonie comprenait une partie musicale et une partie oratoire. Le Président général de la Ligue nationale du chant flamand, M. Karel Peeters, s’est attaché à mon­trer comment la conscience nationale trouvait son expression dans le chant. Et il n’a pas manqué de saisir cette occa­sion pour affirmer sa certitude que la ville de Bruxelles finirait par appartenir aux Falmands.

» Le même thème a été développé avec plus de fougue par le sieur Wies Moens qui a dit sa confiance dans cette conquête d’une ville « où avait travaillé Ruysbroeck et où reposaient les cendres de Breughel ».

» Des sonneries de trompettes thébaines, des chants de Tinel et Peter Benoit, des hymnes repris en chœur par la foule figuraient au programme de cette manifestation spec­taculaire. Une compagnie de gardes flamands défila sur la Grand’Place au son d’une marche de Meulemans qui diri­geait l’exécution musicale. »

 

 

Les Flamands qui ne marchent pas…

 

A l’écrasante majorité de 90 % de ses membres, le corps professoral de l’université flamande de Gand adressa aux professeurs de l’Université de Bruxelles, fermée par les nazis, cette émouvante lettre : « Nous considérons les mesures prises contre l’Université libre de Bruxelles comme un aspect de l’intervention directe de l’autorité occupante dans la vie intellectuelle et culturelle de notre pays au mépris du droit des gens. Le sort fait aujourd’hui à Bruxelles sera demain, si nous ne soutenons votre résistance, celui de Louvain. Gand et Liège n’échapperont pas plus aux manœu­vres de l’envahisseur.

» II n’est pas douteux que la nomination des professeurs récusés par vous n’a été qu’un moyen pour tenter de bri­ser la résistance sans cesse grandissante dans notre pays.

» Vous n’ignorez pas que le corps professoral des Uni­versités d’Etat n’a aucune compétence en matière de nomi­nation. Ceci ne nous a pas permis d’adopter une attitude semblable à celle de votre conseil d’administration en ce qui concerne les professeurs récemment nommés par l’en­nemi et encore vis-à-vis de quelques autres, ceux qui depuis l’occupation se sont comportés comme des serviteurs com­plaisants de l’envahisseur.

» En tant que professeurs de l’Université de Gand, liés à notre peuple par notre milieu et par nos contacts avec les étudiants, nous pouvons vous donner l’assurance que la majorité écrasante des Flamands ainsi que la grande majo­rité des professeurs de Gand est, de te façon la plus for­melle, adversaire de l’attitude à la Ouislirig de la minorité dont une infime partie par conviction, mais la plus grande partie pour des raisons de bas intérêt, vont instaurer l’Ordre Nouveau.

» Aujourd’hui, comme par le passé, l’autorité occupante veut provoquer la division de notre pays afin de mettre notre peuple au service de sa propre conquête de la suprématie mondiale. Ces desseins doivent être déjoués.

» Votre résistance a créé, parmi nous, une meilleure com­préhension. Cette compréhension réciproque qui existe à Gand, nous souhaitons la renforcer par une meilleure com­préhension entre Gand et Bruxelles, non sans insister sur l’immense intérêt qu’il y aurait à englober nos collègues de Louvain et de Liège. L’union de nos quatre universités apparaîtrait indiscutablement aux yeux de toute la population de notre pays dressée contre l’occupant comme un symbo­le… Votre résistance cessera d’avoir un caractère local pour prendre un caractère national. Nous comprenons mieux, de jour en jour, que la libération de notre pays ne dépend pas uniquement de la force des armées extérieures à nos fron­tières, mais dépend également de notre propre action et du soutien que nous apportons dans ses formes les plus diver­ses, à la résistance de tout le pays. Vous avez donné l’exemple de la volonté de lutte, chers Collègues, et c’est dans cet esprit que nous voulons, dans l’avenir, nous trouver à vos côtés et vous assister de toutes les forces dont nous disposons. »

Quant au fameux professeur Daels, i! publiait, le 12 juil­let 1943, une « Lettre ouverte à l’autorité allemande » qui en disait long sur ses déceptions de nationaliste flamand mais qui jetait, aussi, un jour plutôt cru sur les véritables buts des nazis et de leur propagande dans l’armée belge, par le truchement du V.N.V., dès 1939 : « Ce qui a vexé toute­fois le plus les Flamands germaniques et de sentiment national, ce qui a ébranlé le plus fort leur confiance, est la politique à double sens, qui, sur le terrain proprement natio­nal, a été pratiquée par l’Allemagne en Flandre. Des milliers de jeunes gens de Flandre qui servaient en tant que soldats dans l’armée belge pendant les journées de guerre ont accordé pleine et entière confiance à la propagande alle­mande qui était faite par-dessus la ligne de feu, par radio et affiches et incitait les soldats flamands au sabotage et à la désertion avec l’assurance que les Allemands ne faisaient pas la guerre aux Flamands mais avec la Flandre pour lui apporter sa libération.

» Les Allemands devraient savoir qu’ils doivent en grande partie leur succès rapide à l’Ouest à l’action démoralisante que les soldats nationaux-flamands ont exercée dans l’armée belge d’une façon consciente et décidée, au risque de leur vie.

» Des promesses faites en pareilles circonstances ne peu­vent être rompues sans se déshonorer soi-même profon­dément. Bien vite il a été pratiqué en Flandre par certains milieux allemands influents une politique de division. On se présentait comme libérateurs du peuple flamand tandis qu’on maintenait en minorité les forces politiques saines de ce peuple. On défendait de parler de réformes de l’Etat et on créait la S.S. qui, de quelque manière et en quelque sorte, est une préfiguration de l’ordre des choses à venir et un reniement de notre indépendance en tant que peuple. En effet, la S.S. c’est le cheval de Troie. Que l’on ait dû faire appel pour ceci à des déséquilibrés, tel Lagrou ; un caporal, tel François ; un homme entièrement démuni de doctrine tel De Langhe ; un inconstant, tel Van Hulze, est également une indication de la signification d’une politique dite de « Fingerspitzengefühl » qui ne nous a pas échappé.

« La naïveté des Allemands est grande, mais qu’elle soit si grande de penser pouvoir gagner un peuple à l’aide d’un groupe de propagandistes tels que les S.S. actuels, dépasse toute imagination ! Pensent-ils vraiment que les Flamands n’ont pas de mémoire et ne savent, par conséquent, point se rappeler, après un an ou deux, de quels milieux la plu­part des S.S. sortent ? Quel sombre passé pèse sur eux ! « Notre honneur est fidélité » est la devise des S.S. Tous les S.S. flamands ont renié d’une façon éhontée les idéaux qu’ils servaient jusqu’au 10 mai 1940 ou qu’ils prétendaient, du moins, servir. Le peuple flamand est, quoi qu’on puisse dire, un peuple propre. Seuls les honnêtes gens ont des chances de gagner la confiance de ce peuple. »

 

 

Que conclure ?

 

De même qu’en 1914-1918, les menées séparatistes ou fédé­ralistes des Allemands échouèrent lamentablement en 1940-1944. Mais on ne peut que s’indigner de voir ces thèmes de propagande repris, aujourd’hui, par des gens qui oublient combien ces slogans furent profitables à nos enne­mis d’hier et d’avant-hier.

En tout cas, l’actuel vocabulaire fait de termes tels que « communauté flamande » ou « communauté wallonne », « droit du sol », « Autonomie administrative » bref, toute cette terminologie provient, directement, du programme allemand de séparatisme établi en 1914-1918 et poursuivi en 1940-1944.

Et même, ce fameux « compromis des Belges » dont d’aucuns se gargarisent sans cesse, fut lancé par le jour­naliste collaborationniste Robert Poulet, dans « Le Nouveau Journal » du 12 mai 1942 avec l’accord de la Propaganda Abteilung, bien entendu !

Aux vrais Belges, tant Flamands que Wallons, de tirer, eux-mêmes, les conclusions !

 

Jo Gérard.

 

(s.r., p.195) /tract : Vlaamsche soldaten/

 

Durant les combats de 14-18, les Allemands desti­naient ces tracts aux soldats flamands afin de les pousser au défaitisme. Pour asseoir sa domination, l’occupant s’efforça toujours de dresser les Flamands contre les Wallons.

 

Maurice De Wilde, L’ordre nouveau, éd. Duculot, 1984

 

(p.26) Il ne fait aucun doute que Degrelle, pour arriver à ses fins, n’a refusé l’aide financière ni de l’Italie, ni de l’Allemagne. Du 23 avril au 3 mai 1933 déjà, quelques mois après la prise de pouvoir d’Hitler, Degrelle et deux de ses colla­borateurs, Guido Eeckels et Jean Denis, se rendirent à Berlin et assistèrent aux tètes du premier mai. Les billets de train ainsi qu’un visa leur furent gratuite­ment fournis par l’ambassade allemande à Bruxelles. Jusqu’en 1936, Degrelle ne semble pas avoir entretenu d’autres relations avec l’Allemagne.

Durant l’été 1936, après le résultat spectaculaire de Rex aux élections légis­latives du mois de mai (d’un seul coup, 21 députés et 12 sénateurs, 72.000 voix rien qu’en Flandre, pour 166.000 au V.N.V.), Degrelle parvint à se faire inviter par Mussolini. Il rencontra le Duce et son ministre des Affaires étrangères et gendre Ciano à Rome le 27 juillet 1936, le jour même de la naissance de sa fille Anne. Résultat concret de l’entrevue, Ciano lui accorda une aide financière massive. (…)

 

Pascale Leyder, Le rexisme dans la province de Luxembourg 1935-1940, ULg, Fac. de philosophie et lettres, Mémoire 1983-1984

 

(p.33) Le 1er mai, L.D  aurait parlé à « 10 000 Ardennais  enthousiastes » ( 2000 à Saint-Hubert,1500 à Houffalize, 2500 à Hotton, 2000 à Durbuy ) (2) .

Le 8 mai, L.D. parle encore à Libramont, à Athus, à Martelange et à Bastogne .

Albert FASBENDER, quant à lui, se déplace dans son arrondis­sement électoral: Villers-devant-Orval, Fays-les-Veneurs, Offagne, Torgny, Lamorteau, Meix, Botassart, Ucimont, Sensenruth, Bouillon, Jamoigne et Arlon (3) . Le nord de la province devait être quadrillé de la. même façon par les propa­gandistes et les candidats locaux .

Le 21 mai, à Arlon, se déroule un meeting important, qui fera couler beaucoup d’encre dans la presse locale . Les candidats rexistes luxembourgeois à la Chambre, au Sénat et au Conseil Provincial s’expliquent déviant leur auditoire . Pierre NOTHOMB, convié au débat, y fait une déclaration retentissante qui marque bien son opinion sur REX ; « Je vois ici, à la tribune, des rexistes qui le sont depuis quinze jours . Pauvres petit bleus ! Alors que moi je suis rexiste depuis quinze ans . J’ai même été le premier rexiste du pays . C’est moi qui ai couvé la doctrine rexiste ; les principes rexistes sont les miens et furent ma propriété avant d’être ceux des disciples  de Degrelle . Et j’ai un tel amour pour mes principes, c’est-à-dire pour les principes rexistes, que je ne crains pas de déclarer que les rexistes ont fait le plus grand bien au pays . Je vais plus loin

 

(2)   P.P?., 5.V. 1936, p.l .

(3)  Voir Annexe I .

 

(p.34) encore : si je devais voter autre patt que dans le Luxembourg … Eh bien, je voterais probablement rexiste . Seulement, faites attention : un succès rexiste serait en définitive un succès socialiste  » (1) .

Bien sûr, les rexistes ne l’entendent pas de cette oreille, Pierre LIFRANGE n’hésitant pas à qualifier l’orateur de « rexiste honteux »  : le meeting se termine dans le chahut . Selon 12. Pay* R.é.2.1, Pierre NOTHOMB  » profite de son ancienne collaboration aux Editions Rex pour dire qu’il fait de la politique rexiste au sein du Parti catholique . Rien n’est plus faux !

Si Pierre Nothomb voulait faire de l’action rexiste, il n’avait qu’à se désolidariser des partis pour faire campagne avec nous  . Il ne l’a pas fait parce qu’il n’était pas sûr de réussir .Toutes les voix qu’il sollicite des rexistes seraient des voix arrachées au rexisme .

Le succès prochain de REX l’empêche de dormir . Défiez-vous ! On ne vote pour REX qu’à REX !  » (2) .

Plus tard, à l’issue du scrutin législatif, Pierre NOTHOMB n’ayant pas été élu,  Le Pays Réel  qualifie l’homme politique d' »opportuniste malchanceux », d' »éternel candidat », de « tourneveste » et de « braconnier », et publie l’extrait d’un tract électoral que le candidat catholique aurait fait distribuer dans le Luxembourg :

 » Dans l’impossibilité absolue où sont les rexistes d’avoir dans le Luxembourg un élu, les rexistes luxembourgeois, qui ne veulent pas que leur voix soit une voix perdue et renforce le parti socialiste, doivent voter pour les réfor­mateurs aux idées rexistes qui se trouvent sur la liste catholique.

Il y en a un, c’est Pierre NOTHOMB ! Votez à coté de son nom sur la liste n° 4 « (3) .

 

(1)  A.L., 23.V.1936, p..3 ; L.S., 23.V.1934, p. 4 ; J.L., 31.V.1936 , p. 4 .

(2)   P.R., 24.V.1934, p.8 .

(3)  PR., 5.VI.1936, p.2 .

 

(p.36) Le Comité s’appellera désormais l’Action Nationale  ( du nom du journal véhiculant les idées de ce mouvement ) et regroupe des éléments  « catholiques réactionnaires » (1) . Les Jeunesses Nationales (1925-1932),formées par Pierre NOTHOMB dans l’optique de son mouvement politique, sont  » une organisation de milices de jeunes d’extrême-droite  » (2) , affirme Monsieur BEAUFAYS .Elles regroupaient de jeunes élèves des collèges catholiques . Ceux-ci ne portaient pas d’uniforme mais un insigne ;  » Ces jeunes gens étaient de service aux meetings de l’Action Nationale/ vendaient le journal dans les rues, paradaient aux cérémonies patriotiques, se querellaient avec les jeunes gardes socialistes  et avec les nationalistes flamands  » (:3) , écrit Monsieur STENGERS.

Le mouvement nothombien s’inspire du fascisme italien tout comme le rexisme et la plupart des mouvements nationalistes francophones durant l’entre-deux-guerres .

Si, dans une première période, le Comité de Politique Nationale milite pour une nation forte, dirigée par « l’élite » intellectuelle et sociale, dotée d’une armée puissante, l’Action Nationale prétend réformer l’Etat en instituant un corporatisme qui renforcerait le pouvoir exécutif et réduirait le pouvoir des partis politiques .

«  Pierre Nothomb prétend que son nationalisme est anti-parlementariste et non anti-parlementaire . Il veut dire par là qu’il entend lutter contre la toute-puissance des Chambres et des partis » (4), écrit Monsieur BEAUFAYS .

 

(1) J. BEAUFAYS, op.cit., p. 1 31 .

(2) Idem, p. 147 .

(3) J. STENGERS, La droite en Belgique avant 1940, in C. du. n° 448-449, Bruxelles , 30.1.1970 ,p.!9 .

(4) J. BEAUFAYS, op. citat., p. 140 .

 

(p.37) Le mouvement nationaliste s’opposait fermement à la « Standsorganisatie » du Parti catholique et notamment aux démocrates chrétiens, « socialisme baptisé » , et était tout à fait

opposé au Parti Ouvrier Belge perçu comme un véritable danger . (1)

Le « parcours » politique de Pierre NOTHOMB est particulier . Ainsi, en 1921 le Comité  de Politique Nationale présenta des candidats aux élections provinciales sur une liste intitulée  » Parti National Populaire « y mais ne remporta aucun succès . En 1924, un  groupe nationaliste de Dinant proposa à Pierre NOTHOMB d’être son premier candidat aux élections législatives, mais celui-ci préféra rejoindre en 1925 l’Union Catholique de Bruxelles qui ne lui réserva cependant qu’une onzième place, et Pierre NOTHOMB ne fut pas élu .(2)

Selon Monsieur BALACE, la « phase fasciste » de Pierre NOTHOMB se situe après cet échec électoral .(3) Le Baron était en effet un grand admirateur de MUSSOLINI . Il organisait des cycles de conférences en Belgique avec pour thème le fascisme italien, et fut d’ailleurs  » Commandeur de la Couronne d’Italie  » . En vue des élections législatives de 1929, Pierre NOTHOMB démissionna du poste de directeur politique du journal L’Action Nationaie. , mais échoua une fois encore sur une liste catholique . En 1930 enfin, il engagea ses fidèles des Jeunesses Nationales à adhérer aux Jeunes Gardes Catholiques .(4) Pierre NOTHOMB  devra attendre 1934 pour être élu sénateur catholique de la province de Luxembourg où il est à cette époque président de l’Association Catholique de l’arrondissement d’Arlon .

 

(1) J.BEAUFAYS, op.cit., p. 144 à 147 .

(2) Idem, p. 142 .

(3) F. BALACE, Fascisme et cattholicisme politique dans la Belgique francophone

de l’entre-deux-guerres, in : Handelingen van het XXXIIe Vlaamsfilologencongres 1979, p.149 et 150 .

(4) Idem, p. 151 .

 

(p.60) CHAPITRE IV L’ACTION REXISTE

Pourquoi la province de Luxembourg avait-elle voté en masse pour REX ?

 » Ne serait-ce pas ridicule d’imaginer que les paisibles paysans des villages des environs de Laroche (sic) étaient devenus fascistes ? Ils n’étaient rien de plus que de naïfs enthousiastes « (1), affirme Jean STENGERS . Selon cet auteur, la « paysannerie » était peu attirée par les idées de droite qui séduisaient surtout la petite bourgeoisie, les commerçants, les petits industriels et des intellectuels (avocats, médecins etc…) (2) . Or nous avons relevé la présence de nombreux agriculteurs sur les listes provinciales  aux cotés, précisément, de cette petite bourgeoisie des affaires et de ces intellectuels . Comment, dès lors, expliquer ce succès rexiste ? On pourrait évoquer l’origine luxembourgeoise du Chef de REX, Léon DEGRELLE . Sa famille est très connue dans la province . Cette explication ne nous semble pas suffisante . La propagande électorale organisée par Louis COLLARD fut exceptionnelle, dit-on . Les meetings’  furent bien suivis, malgré le fait que ces réunions étaient payantes . L’équipe rexiste étaient jeune et dynamique .

N’oublions pas non plus l’attitude ambiguë de Pierre NOTHOMB, « admirateur » du mouvement rexiste, qui se prétendait même « premier rexiste » .

De plus le Luxembourg est une terre très catholique, et sans doute est-ce là la principale raison du succès rexiste . REX dénonçait le vieux Parti catholique et ses leaders, leur incapacité, voire même leur malhonnêteté . REX apparaissait aux yeux de certains comme « plus catholique que les catholiques eux-même » . De plus REX entretenait volontairement la confusion entre un catholicisme confessionnel et un rexisme politique, tout en prônant la défense des intérêts  chrétiens (3) .

 

(1)  J. STENGERS,  La droite en Belgique avant 1940,  in :  Courrier du Crisp, n° 463-469, Bruxelles , 30. I . 1 970 , p.26 .

(2)  Idem, p. 10 .

(3)  F. BALACE, Fascisme et catholicisme politique dans la Belgique francophone de l’entre-deux-guerres, in : handelingen van het XXXIIe Vlaamse Filologencongres, 1979, p.163   .

 

(p.157) CONCLUSION

L’aventure rexiste dans la province de Luxembourg avant, la seconde guerre mondiale peut1 se résumer ainsi : fulgurante ascension, et déclin non moins rapide . Après des début très favorables, REX fond_ comme neige au soleil ; mais il se reformera cependant en 1940 dans une collaboration avec l’occupant nazi .

Déjà en 193e, plusieurs esprits, notamment au sein de l’Union Communale Socialiste de Bouillon et de la Ligue des Travailleurs Chrétiens luxembourgeoise, voyaient en Léon DEGRELLE un émule d’Adolf HITLER . Le Chef de REX prouva en effet qu’il était bien ce  » petit dictateur  » comme le qualifie Monsieur Maurice DE WILDE dans sa série télévisée V<ï W-teuwe (kde . Avec un leader tel que Pierre NOTHOMB, les catholiques luxembourgeois ont assurément favorisé l’expansion du rexisme dans la province . En effet, les catholiques, prêtres en- tête, accueillaient amicalement REX en tant que mouvement apostolique, invitant son chef, Léon DEGRELLE, a prendre la parole dans les Cercles et les Associations Catholiques . L’Avej’VÔt du. Luxentàou/tg, ne manquait pas non plus de recommander les journaux rexistes à ses lecteurs par une publicité abondante . Lorsque le rexisme devint « politique » et nettement adversaire des cadres du Parti catholique, des hommes tels que l’abbé GRIBOMONT ou Monseigneur PICARD, qui avait amené Lëon DEGRELLE à l’A.C.J.B., tentèrent en vain d’enrayer le succès grandissant de ce mouvement . Mais hélas,, la partie était déjà trop bien engagée pour REX dans le Luxembourgx et Léon DEGRELLE n’eut qu’à proposer des listes rexistes aux élections législatives de mai 1935 pour remporter un succès foudroyant .

Nous avons tenté d’expliquer les causes de ce succès dans la province de Luxembourg .

 

In : J.-M. F., Un Obersturmbannführer à la retraite, in : PP ?, 13/04/1983, p.71-86

 

(p.73) Un autre /meeting/ à Berlin donne à Degrelle l’occasion de voir le général allemand Berger de travailler à l’annexion pure et simple de la Belgique au Reich.

 

In: LEXICON Politieke & Jeugd Kollaboratie, io uitg. (instructieve omroep), 1985, p.24-25

 

Degrelle (1906-)

 

Tijdens de tweede wereldoorlog was hij officier van het Waals vrijwilligerslegioen. Als politicus trachtte hij zich in de gunst van Hitler te werken, onder meer door uit te roepen dat de Walen volbloed-Germanen waren en door de symbolische uitspraak ,,Heil Hitler ». Hij propageerde een Boergondische staat, zonder precies te stellen wat zo’n staat konkreet inhield. Degrelle was eentalig Frans, wat zijn verhouding tot de Vlamingen niet verbeterde, ondanks een in 1936 gesloten akkoord met het VNV, waarin hij Staf De Clercq verzekerde zijn ambities tôt Wallonie te beperken. Zijn politieke loopbaan eindigde bij de Duitse kapitulatie en Degrelle week naar Spanje uit, waar hij nu nog woont. Hij werd door het Belgisch gerecht bij verstek ter dood veroordeeld.

 

(p.41) Jeugdkollaboratie

2. Wallonië

Benevens de ,,Jeunesse Rexiste », die reeds voor de oorlog bestond, werden tijdens de bezetting enkele nieuwe Waalse jeugdbewegingen gesticht. Langdurige besprekingen leidden in 1943 tot de fusie van de belangrijkste van deze nieuwe groepen (de ,,Jeunesse Romane ») met de Rex-jeugd en de oprichting van de ,,Jeunesse Légionnaire ». Deze ,,eenheidsjeugdbeweging », die nauwelijks enkele duizenden leden telde, stond volledig onder SS-invloed, als gevolg van de in 1943 tussen Degrelle en Himmler overeengekomen inschakeling van de hele Rex-beweging in het SS-raderwerk.

 

(p.42) Jeunesse Légionnaire

Nadat Paul Mezetta, gewezen Oostfrontvrijwilliger, de leiding van de Rex-jeugd van Hagemans had overgenomen, kwam de 10de april 1943 na een fusie met de Jeunesse Romane de Jeunesse Légionnaire tôt stand, die de vijf jeugdorganisaties groepeerde die in 1942 aan de onderhandelingen hadden deelgenomen (Jeunesse Rexiste, Jeunesse Romane, Jeunesse Wallonne, Jeunesse Masculine de l’AGRA, Amitiés Germano-Wallonnes). De Jeunesse Légionnaire hing niet langer van Rex af. Bo-vendien spitste de werking zich o.m. toe op de Service de la Terre, de Germaanse Landdienst. De Jeunesse Légionnaire telde in oktober 1943 nauwelijks duizend leden. Ze rekruteerde vrijwilligers, voor de Waffen SS via deelname aan de Germaanse Landdienst en de Weersportkampen*. Met ledenaantal schijnt in 1944 enigszins te zijn toegenomen, maar het overschreed nooit de 2000. Steun ontving de Jeunesse Légionnaire van de Duitse Hitler Jugend, die in september ’43 3000 gratis uniformen leverde.

 

Op alle fronten in het nauw, Knack 20/02/08, p.30-38

 

Over de collaboratie in het Zuiden

(recrutering bij het Legioen)

nl. jonge idealisten die misleid waren door de politiek-heroïsche praatjes van de gecensureerde pers

 

(p.36) Victor Matthys, de voorlopige baas van Rex na het vertrek Van Léon Degrelle naar het oostfront, richt in maart 1943 het Département Sécurité et Information (DSI) op. Dit département moet politieke tegenstanders, vermeende verzetsstrij-ders en werkweigeraars in kaart brengen en in de gaten houden. Het DSI bezorgt zijn gegevens aan de Geheime Feldpolizei of aan de Sipo-SD. Zij zijn immers bevoegd om arrestaties te verrichten. Het duurt echter niet lang of leden van het DSI ontpoppen zich als afpersers, zwendelaars en dieven. Ze arresteren in het wilde weg mensen die ze als verdachten beschouwen.

 

Yves Raisière, (concernant l’étude de Flore Plisnier : Ils ont pris les armes pour Hitler ; la collaboration armée en Belgique francophone) Collabos: aussi en Wallonie, VA 23/02/2008

 

Le monde catholique. Selon Fabrice Maerten (CEGES), il ne pour­rait plus ignorer que le rejet du suffrage universel et l’attirance vers les régimes d’ordre a conduit une partie de ses plus fervents adeptes à suivre Degrelle dans l’aventure rexiste.

 

Le monde socialiste. Selon le CEGES, une des contribu­tions les plus originales de ce tra­vail est d’avoir démontré que le gros du contingent de la collabo­ration armée vers la fin de l’Occu­pation provenait de la popula­tion ouvrière du sud du pays, en particulier du Hainaut. Soit de l’électorat traditionnel du parti socialiste.

 

Jean-Michel Bodelet, Le rexisme dans la Province de Luxembourg, 1939-1944, Mémoire ULG, 1995-1996

 

(p.147) Les rexistes au sein de la Sipo-S.O.

Après la guerre, de nombreux rexistes seront accusés d’assassinat. Si ceux-ci en ont commis, et en nous rappelant la remarque faite dans l’introduction concernant l’amalgame, dans la mémoire collective, qui associe rexiste et collaborateur, ce ne fut pas une logique de « Contre-Terreur », c’est-à-dire, la politique proprement rexiste de vengeance. Il n’y aura, dans la province de Luxembourg, qu’un seul cas de ce type pendant l’occupation. Ces « rexistes tueurs »  accompliront leurs, basses, besognes au sein de la terrible Sipo-S.O.

Nous avons déjà mentionné, l’existence de réseaux d’indicateurs pour cette dernière, et le nombre de rexistes y ayant pris partis. Ce n’est, comme nous l’avons également souligné, que le 1 er août 1943 qu’une antenne du S. O. de Liège s’installera à Arlon, répondant ainsi à la dégradation de la situation (résistance, sabotage,…) dans la province de Luxembourg.

Nous ne ferons pas, ici, l’inventaire de tous les crimes de S.O. dans cette province. Nous allons simplement, citer deux rexistes présents au sein de cet organisme.

Le plus célèbre, si l’on peut parler de célébrité dans ce cas, est sans doute A. Lambert de Bourcy. A son retour du front de l’Est, il demandera à être attaché à la police allemande, non pas comme il voudra le faire croire après la guerre, pour échapper à la Légion, avec laquelle il avait eu quelques déboires mais sans doute dans le but de venger la mort de sa soeur, assassinée dans le tram vicinal à Bastogne.

(p.150) Par exemple, en décembre 1940, le curé de Bourcy fait un sermon patriotique. A. Lambert lui envoie une lettre où il se plaint de son « discours politique ». Il communique le double de cette lettre au Pays Réel, qui la publie le 205. Le prêtre ne sera cependant pas inquiété. Hélas, tous n’auront pas la même chance: (…).

 

(p.160) Le rôle de la presse clandestine

Si Le Soir est reparu assez rapidement après la guerre, son contenu a, quant à lui, sensiblement changé. Il passera aux yeux de la population comme Le Soir « volé ». Le Pays Réel, lui, dont le premier numéro d’après mai 1940 est daté du 25 août, va s’engager, de plus en plus dans une. propagande pro-nazie.

D’autres journaux voient le jour, comme La Légia à Liège (52) ou l’Areler Volkszeitung, organe presque officiel du D.S.V., qui sort de presse le 09 août 1941.

Tous ont cependant un point commun, ils sont soumis au contrôle de la Propaganda Abteilung  et donc les informations qu’ils diffusent sont plus qu’orientées.

 

(p.163) Si les premières exécutions de rexistes en Wallonie eurent lieu en

septembre 1941, ce genre de mesure « expéditive » ne fut pas de rigueur, dans un premier temps, dans le Luxembourg.

Au départ, la population se contentera d’arracher les affiches de propagande et de laisser ces « collabos » dans leur coin ou de les injurier,…

 

(p.167) 1. A défaut de justice belge…

Dès le début de l’occupation, les rexistes et leur famille sont victimes de quolibets, moqueries,… de la part de la majorité de leurs compatriotes.

 

Reflector, 10, 1971, p.204

“Men mag niet uit het oog verliezen dat na de oorlog meer Waalse dan Vlaamse incivieken ter dood werden gebracht (122 tegen 105).”

 

La répression de l’incivisme en Belgique : 346 283 dossiers, 1 247 condamnations à mort, in : Le journal du siècle, 18/08/98

 

En Belgique, l’aventure tragique de la collaboration se termina, en septembre 1944, en même temps que s’ouvrirent les prisons et les tribunaux chargés de juger les « traîtres », ceux qui avaient pactisé avec l’Allemagne nazie.

Pas mal de légendes ont couru sur l’épuration, explique M. Willequet, historien belge. La première, c’est qu’une répression féroce se serait abattue sur des centaines de milliers de Belges – et l’on cite le nombre des dossiers : il y en eut 346 283 !

C’est oublier que chaque plainte exigeait une enquête, et que 84 % de ces enquêtes furent négatives, ou révélèrent des doubles emplois. I1 n’y eut en réalité que 57052 poursuites, dont 53005 condamnations, 4736 acquittements et 399 applications de la loi de défense sociale.

 Voilà quelques repères qui permettent d’esquisser la pyramide des peines. II y eut 1 247 condamnations à mort (548 flamands, 699 francophones) ; 242 personnes furent effectivement exécutés :

105 dans les arrondissements flamands, 122 dans les arrondissements wallons, 15 à Bruxelles. Les détentions perpétuelles furent au nombre de 1 022 dans le nord du pays et de 817 au sud. Les emprisonnements de dix à vingt ans se décomposèrent en 3 342 arrêts pour la partie flamande et 2 491 arrêts pour la partie francophone. Enfin, seule la base (peines de moins de trois ans) révèle une nette prépondérance flamande : 14 115 contre 8013.

Une dernière opinion généralement répandue voudrait que la justice ait été particulièrement répressive au lendemain de la Libération pour devenir ensuite plus indulgente. C’est vrai, c’était inévitable, et il y eut en 1944 quelques peines capitales sinon imméritées, du moins mal équilibrées par rapport à des jugements postérieurs. Mais ces cas furent très rares, et, par la suite, le jeu des grâces et des commutations de peine devait largement rétablir l’équilibre. Cinq ans plus tard, il n’y avait plus que 3 075 détenus inciviques dans les prisons.

Quelles étaient les bases juridiques des poursuites qui furent intentées ? Essentiellement les suivantes : l’article 113 du Code pénal (avoir porté les armes contre la Belgique en guerre) ; l’article 1l8 bis (collaboration intellectuelle ou politique) : l’ article 121 bis (dénonciation) et l’article 115 (collaboration économique).

On estime que les 12 893 condamnés à des peines criminelles correspondent aux 10 366 Belges qui furent recensés par ailleurs comme ayant servi dans la Wehrmacht, tandis que les 15775 condamnés à des peines correctionnelles pourraient couvrir les 16029 membres des formations auxiliaires. On voit que ces calculs n’aboutissent qu’à des approximations, et

c’est normal, D’autre part, on sait que le général Reeder, chef de l’administration militaire occupante, déclara qu’il y avait eu environ 30 000 Belges dans l’ armée allemande. C’est beaucoup plus que les 10366 indiqués dans les statistiques judiciaires – mais il faut tenir compte des tués et des disparus, qui échappèrent aux tribunaux. Retenons néanmoins un fait des plus intéressants : un tiers au moins des porteurs d’ armes a agi par conviction politique. C’est énorme.

L’article 118 bis (collaboration politique) provoqua 23 584 condamnations. Il faut préciser que seuls furent frappés les  individis qui avaient exercé des dfonctions réelles dans des partis d’« ordre nouveau », ou qui s’étaient fait connaître par une propagande active. Ajoutons-y les 20652 déchus de leurs droits civils et politiques : simples adhérents passifs, qui doivent donc être additionnés aux collaborateurs politiques, Si l’on tient compte des tués, des disparus et des mineurs d’âge, le nombre des fascistes convaincus, amis politiques de l’occupant, devrait avoir plafonné autour des 50 000.

La collaboration économique (article 115) totalisa 1 504 condamnés pour ce seul article et 4003 condamnés pour d’autres articles en plus. Il faut dire que seuls furent frappés les cas les plus graves et les plus flagrants ; tous les autres bénéficièrent de la nécessité reconnue « pour un pays occupé par l’ennemi de maintenir une activité économique lorsqu’ elle présente un intérêt évident pour la population, alors même qu’elle profite inévitablement à l’envahisseur » (texte du rapport du régent, précédant l’arrêté-loi du 25 mai 1945). Enfin, la dénonciation à l’ ennemi n’entraîna que 4 101 condamnations pour ce seul article 121 bis et 4 138 pour d’autres articles en plus.

Ces chiffres peuvent paraître minces, au regard des quelque 40 000 prisonniers politiques dont la plupart tombèrent victimes, hélas, de leurs propres concitoyens ; mais il faut constater que dans ce domaine, la preuve était des plus difficiles à établir, et que le doute doit profiter à l’accusé. Chose plus curieuse, les Wallons se montrèrent beaucoup plus dénonciateurs que les Flamands : 0,82 pour mille, contre 0,32.

L’importance numérique de la collaboration a donc été au total très mince.

 

Belien, Een mythe doorprikt : « Vlaanderen als bakermat van racisme en antisemitisme », Secessie, 7, 2002, p.27-35

De ‘Encyclopédie du Mouvement Wallon’ – uitgegeven met overheidssteun door het ‘Institut Jules Destrée’ / !/ – in tegenstelling tot de ‘Encyclopedie van de Vlaamse Beweging’, geen artikel aan de collaboratie. De historicus Alain Collignon had zo’n artikel wel geschreven, maar het werd niet opgenomen.

(cf Knack, 30 mei 2001) Collaboratie moet in de Belgische gechiedschrijving uitsluitend een Vlaams fenomeen blijven. (…) »

 

A.M., Van stroom tot stroom tot aan de zee, in : Delta, 2, 2004, p.19

 

Wie de in 2001 door Hervé Hasquin gepubliceerde Encyclopédie du Mouvement wallon naleest, krijgt de indruk dat er in Wallonië enkel verzetshelden hebben geleefd. Léon Degrelle, die toch stelde dat de Walen Germanen waren, komt er niet voor. 

 

Le "Lebensborn" de Wégimont (1942-1944), où des enfants furent conçus par des SS "flamands", "wallons" et allemands

(AO, 15/11/2012)

1.4.2 Collaboration ouverte de la « Wallonie » avec le régime pro-nazi de Vichy

 

Hervé Hasquin, Les séparatistes wallons et le gouvernement de Vichy (1940-1943), Une histoire d‘Omerta, Classe des Lettres Académie Royale de Belgique, 2004

 

(p.11) Il se chuchote bien que certains wallons réfugiés en France auraient entretenu des contacts avec le régime de Vichy pendant la guerre; des bruits convergents rapportent même que quelques personnalités liégeoises auraient aidé à 1’« épuration  » de dossiers personnels dans les archives du Fonds d’Histoire du Mouvement wallon dans les années cinquante, mais on en reste au stade des rumeurs. En 1984, le livre de M.F Gihousse ouvre des pistes prudentes, ponctuées de nombreux points d’interrogation faute de documents décisifs : dix ans plus tard, F Balace et A. Colignon, se fondant sur des dénonciations publiées dans le journal collaborationniste Cassandre sont nettement plus incisifs .

Aujourd’hui, globalement, deux thèses sont pour l’essentiel en présence. Selon, Ph. Destatte :

« L’attitude de ces exilés est clairement anti-allemande et opposée à la politique collaborationniste française. Ils sont dénoncés depuis la Belgique par les journaux à la solde de l’ occupant. Ces contacts ne semblaient pas se poursuivre au-delà de la mort de Georges Truffaut en avril 1942, ni de l’occupation de la zone libre, fin novembre 1942 ».

(p.12) En revanche, Ch. Kesteloot, se fondant sur des rapports de certains protagonistes conclut plus radicalement :

« (…) 1940 et 1941 ont été des périodes de flottement, d’échafaudage de plans divers s’inspirant de thèses proches de l’Ordre nouveau. (…) le rattachement de la Wallonie à la France est une revendication qui leur tient tellement à coeur qu’ils sont prêts à négocier avec un gouvernement dont on peut à tout le moins contester la légitimité ».

Il nous est possible aujourd’hui de trancher le débat. Nous avons eu la bonne fortune d’entrer en possession d’archives encore non exploitées et composées de quelques centaines de lettres, de coupures de presse, de journaux clandestins, de projets d’articles destinés à la presse clandestine wallonne mais qui n’y paraîtront pas . La confrontation de ces éléments avec les archives de Vichy conservées au Quai d’Orsay permet d’apporter une réponse définitive. Il n’y a eu de la part des personnes incriminées et réfugiées en France aucune opposition à la politique de collaboration du gouvernement de Pétain ; les contacts, les relations suivies qu’elles ont entretenus avec Vichy se sont poursuivis jusqu’ à la fin de l’été 1943, avec un seul but : convaincre les autorités françaises du moment du bien-fondé du rattachement de la Wallonie à la France.

 

(p.21) La capitulation belge intervient le 28 mai. Ce jour-là, le président du Conseil, Paul Reynaud, se déchaîne contre le Roi des Belges. L’enchaînement des circonstances libère les énergies et les colères. Ce 28 mai 1940, un abbé, aux sentiments wallons bien connus, mais dont la trace s’est perdue en France dans les années trente, refait surface. L’abbé Englebert, « belge wallon, habitant la France, depuis longtemps désireux d’être naturalisé « , se présente comme un « informateur avisé qui dès 1939 faisait prévoir les événements actuels » ; il se propose de prendre la parole à la T.S.F « pour dire qu’il y a une Belgique française qui ne trahit pas comme la Belgique germanique ». Le lendemain, c’ est un chanoine belge du nom de Bonjean qui télégraphie de Tunisie : « Douloureusement atteint. Trahison. Me mets à votre disposition pour aller soutenir moral et organiser résistance émigrés belges ». C’ est anecdotique, voire folklorique, mais traduit assez bien l’ampleur du choc émotionnel subi par quelques wallons francophiles.

 

(Achille Englebert, dit Omer (Ollomont-Nadrin l 893 – Jérusalem 1991) avait été, dans les années vingt, un membre actif de l’ Assemblée wallonne; il fut l’un des fondateurs de La Terre wallonne, Écrivain prolifique, il séjourna en France jusqu’au début des années cinquante, avant d’aller aux États-Unis, au Mexique, au pérou, en Argentine; il se fixa à partir de 1960 au Carmel du Pater à Jérusalem (E.M.W, t. I).

 

(p.24) Les Allemands avancent; le 16 juin, Reynaud est remplacé par pétain. Bref, le projet grandiose n’est plus que chimères; Thone a lui-même quitté Paris et en passant par Vichy est arrivé à Albi , où il retrouve ses beaux-parents, mais où les Belges sont interdits de résidence. Confronté aux difficultés qui sont celles de tous ses compatriotes après la reddition de l’ armée et le discours de Reynaud, il doit bien en convenir . les attestations dont il est porteur pèsent peu car « on a tendance à mettre, depuis la trahison du Roi, tous les Belges dans le même panier, sans tenir compte des éléments francophiles qui ont tout

 

(Jacques Mahieu (dit Jules) (Wasmes 1897 – La Brigue (France) 1968). Curé à Roux ( 1926), actif dans les associations wallonnes du pays de Charleroi, il participe à plusieurs publications sous des pseudonymes. Bien que sanctionné par son évêque. il s’implique davantage. devient en 1936 le directeur de La Wallonie nouvelle et fonde en 1939 le Parti wallon indépendant qui essuie un échec retentissant aux élections. Sa volonté de créer un parti politique l’a brouillé avec les responsables de la Concentration wallonne ; il part en France ; dès avant cet épisode, l’évêque de Tournai l’avait réputé démissionnaire, privé de son traitement, puis l’ avait frappé d’interdiction d’ encore porter la soutane dans le diocèse (H. HASQUIN, L’abbé Mahieu, fondateur du Parti wallon indépendant ( 1939 ), dans Recueil d’Études d’histoire hainuyère offertes à M. A. Arnould, Analectes d’histoire du Hainaut, t. II, 1983, pp. 119-131 ; E.M.W, t. II).

 

(p.25) risqué pour la cause commune}}. Cette lettre adressée à un ministre – Intérieur ? Réfugiés ? -, il la signe, non plus en qualité de Président des Amitiés françaises, non pas en qualité de délégué aux questions des réfugiés belges, mais, et c’est un geste d’affirmation, une façon de s’identifier clairement car c’est un gage d’avenir vu les circonstances, en qualité de Président de la Ligue d’ Action wallonne. Hasard de l’Histoire, cette lettre est datée du 18 juin ! Le préfet du Tarn donnera les instructions en conséquence le 24.

Mais autre hasard de l’Histoire. Ce même 18 juin, l’ abbé Mahieu qui caresse aussi l’ ambition d’ être le porte-parole de la Wallonie, écrit à pétain, nouveau président du Conseil « au nom du peuple wallon », comme il se plaît à le rappeler le 20 juillet 1940 à ce même pétain, devenu depuis quelques jours « Chef de l’État français ».

À Montpellier, Mahieu ne perd pas de temps. Il a été rejoint par son ami de Charleroi, l’ avocat Carlier. Ils s’ activent et frappent à la porte du 2e Bureau de l’Etat-Major de la 16e Région. Dans une note datée de Montpellier, le 12 juillet 1940, le général de corps d’ Armée de la Laurencie fait rapport au ministre de la guerre. L’abbé Mahieu et Carlier sont présentés comme « Chefs du Mouvement autonomiste wallon ». Après s’ être livré à un historique du problème wallon, du « mouvement autonomiste » et de son organe La Wallonie nouvelle qui se tire à 7.000 exemplaires, ils évoquent les « services rendus à la France ». Ils font état de contacts établis entre eux et le Chef du 2e Bureau dès 1937 . mis en relation avec le colonel Mermet, ils le rencontreront même en moyenne deux fois par semaine de décembre 1939 à juin 1940; pendant cette dernière période, ils fournirent aussi à la demande du 2e Bureau, « des travaux » au Ministère de l’Information. Bref, Mahieu et Carlier souhaitent

travailler à nouveau pour la France. La note ajoute :

 

(Arille Carlier (Monceau-sur-Sambre 1887 – Charleroi 1963). D’abord compagnon de route de Destrée, il apporte son soutien aux entreprises de l’abbé Mahieu à partir de 1934-35 et dirige même La Wallonie nouvelle. Il ne restera pas en France. De retour en Belgique en 1940, il fit de la résistance active et fut emprisonné d’août 194l à août 1943. Après la guerre, il fut directeur du journal Wallonie libre (1947-59) (E.M.W, t. I; cf aussi A. BOLOONE-LEMAIRE, Arille Carlier ou la conscience wallonne, Charleroi, Institut J. Destrée, 1969, p. 44).

 

(p.26) « Ils estiment que la Belgique n’est plus un État possible. La Wallonie doit être rattachée à la France soit purement et simplement, soit avec un statut spécial. Par Wallonie, ils entendent tout ce qui est au sud de la ligne : Lille-Aix-la-Chapelle.Ils supplient que les  Wallons ne soient pas oubliés dans le traité de Paix ».

À l’occasion de cette rencontre, Mahieu dépose un premier mémoire intitulé Réunion de la Wallonie à la France, celui-là même qu’il fera parvenir également à pétain le 20 juillet 1940 .

En résumé, Mahieu propose le rattachement de la Wallonie à  la France et celui de la Flandre à la Hollande pour constituer des « Pays-Bas  » agrandis dont la Couronne serait confiée soit aux Orange-Nassau, soit aux Saxe-Cobourg. L’ Angleterre, qui a des relations avec les partisans de la « Grande Néerlande » n’y verrait pas d’inconvénient; l’ Allemagne et ses pangermanistes verraient sans doute d’un bon oeil l’incorporation de la Hollande et de la Flandre dans le Reich d’autant qu’un thème est redevenu familier aux Allemands, celui d’une Belgique « État artificiel ». Les avantages pour la France sont multiples : l’accroissement territorial est confortable, consolide la frontière Nord-Est et donne à Paris une position plus centrale, accroissement démographique et donc amélioration de la force militaire, d’ autant

plus intéressant que ces Wallons sont de culture française et pas une « masse hétéroclite d’immigrés venus de partout ». apport industriel alors que la France trouverait de nouveaux débouchés pour ses produits agricoles. L’élément le plus surprenant du Mémoire, qui aux yeux de Mahieu est sans doute un argument fort, mais q ui témoigne aussi de sa candeur et de son incapacité à appréhender correctement la politique française, consiste à faire apparaître l’annexion de la Wallonie comme une compen-

 

(Mahieu n’hésite pas à écrire « Les chefs du Mouvement wallon sont en France, groupés autour de moi » ., il espère que le maréchal et son gouvernement entendront « notre appel et nos offres de service « , il fait bien sûr part de ses nombreux états de service depuis 1935 avec le Ministère de la Guerre, l’État Major général de l’Armée (1936), le 2E Bureau, les Ministères des Affaires étrangères (depuis 1935), de l’Information (depuis 1939), avec le cabinet Reynaud dès que fut annoncée la capitulation belge, sans compter ses nombreux contacts personnels avec des personnalités politiques et du monde culturel dont des représentants éminents de la presse française de la droite extrême, Maurras (Action française), Émile Buré (L’Ordre) (Archives Quai d’Orsay série Z – Vichy – Europe n° 165).

 

(p.27) sation de la perte probable de l’ Alsace Lorraine et de quelques colonies. La Belgique disparue, pourquoi ne pas abandonner le Congo à l’ Allemagne ? De toute façon, les colonies ne sont jamais qu’un  » bien précaire}} et sont appelées à s’émanciper. En revanche, pourquoi ne pas s’inspirer de la théorie des nationalités chère à l’ Allemagne et ne pas revendiquer pour la France, outre la Wallonie, la Suisse romande et la vallée d’ Aoste ?  » Nous, Wallons, Français de l’ extérieur, nous pensons que la France ne doit pas hésiter entre son unité continentale et l’ abandon de l’une ou l’ autre colonie, plus ou moins indéfendable ». En conclusion, tout est possible pour les Wallons à la condition que la France se montre moins timorée que par le passé. Il faut se resituer à l’ époque; la victoire du Reich est à ce point écrasante que pour le francophile Mahieu, l’alternative est simple : ou la Wallonie est rattachée à la France, ou « la Belgique de 1939 est maintenue » et les Wallons « devront vivre dans un État vassal du Reich » (annexe 2).

 

(p.40) Pierre Clajot, né à Liège en 1896, admirateur de Truffaut, travailla « pour le copted ‘u service français’ à partir de 1939 « le long de la frontière belgo-allemande (de la Calamine à St. Vith) » (Archives Quai d’Orsay – série Z – Vichy – Europe – n° 179 – rapport du 18 novembre 1940 et annexes).

 

(p.53) Ceci nous ramène à une autre facette des activités de Thone pendant la « drôle de guerre » : sa complicité avec les Services de renseignement français de l’ Armée de Terre ; c’est d’ailleurs dans un appartement, propriété de Thone, que logea le capitaine Bernier,

attaché au SR de Lille, lorsqu’il prit la direction de l’ antenne de Liège camouflée au Consulat général en septembre 1939. En fait, Thone, à partir du printemps 1941, ambitionna de développer une filière de renseignements politiques, complémentaire à la filière militaire qui s’ était reconstituée progressivement à l’initiative du colonel Louis Rivet, chef du SR Terre. Il arriva à ses fins dès l’ été. Bref, transmission de rapports, de journaux et de coupures de presse en provenance de la Belgique occupée, fourniture de renseignements politiques « pointus « , c’est déjà tout cela l’ action de Thone en relation avec le régime de Vichy pendant le premier semestre de 1941.

 

(p.58) /Le colonel français Louis Rivet / exerce tout aussi clandestinement des activités de contre-espionnage à l’ encontre des pays de l’ Axe. Avant la guerre, Rivet disposait d’ agents recruteurs belges. Il en réembauche certains. Ainsi, dès que l’invasion de mai 1940 déferle sur la Belgique, l’un deux, Laurent Auguste Thibout, francophile notoire – il était président à Liège du Comité Belgique-France et fréquentait donc Sarrien et Thone – file s’installer à Vichy. il y présidait depuis 1923 l’ Amicale Franco-Belge ! Il y retrouvera l’un des adjoints de Rivet, le capitaine Leman, alias « Lemonnier » qui avait travaillé pour SR à Verviers en 1939.

Le « réseau Thibout-Leman » s’adjoindra au printemps 194l les services de Régibeau, alias « Arthur « , qui lui-même recrutera à Liège et dans les environs des agents dont plusieurs avaient été des sympathisants de la Ligue d’Action wallonne.

 

(p.92) À notre connaissance, aucun article envoyé par Thone ne paraîtra dans les feuilles clandestines. En soi, c’ est déjà une réponse, En fait, le message envoyé à Thone par une frange de la résistance wallonne fut plus subtil. L’organe de la section liégeoise du mouvement « Wallonie libre}}, Sambre et Meuse dirigé de juillet 1941 à juillet 1942 par Fernand Schreurs et Victor Van Michel publia deux articles au titre identique ou quasi identique à la littérature reçue, mais au contenu radicalement différent. L’un était intitulé La France et Nous, l’ autre France. éternelle.

La France et Nous exprime un avis nuancé. « La Cité ardente » qui s’est toujours sentie « trop française » a ressenti la violente secousse qui a « ébranlé » la France. Certains ont pris le parti de Pétain, d’ autres ont choisi « la France libre et son chef « .

(p.93) « Disons immédiatement que Sambre et Meuse entend n’être d’aucun parti et reste fidèle à la France et rien de plus.

Il ne nous appartient pas de juger le gouvernement Pétain. La guerre n’est pas finie et aussi longtemps que la situation actuelle se maintient, il est prématuré de cataloguer en bloc le gouvernement de Vichy parmi les collaborateurs ou les gaullistes. Chaque chose viendra à son heure ».

(…) Cet épisode de pénétration avortée de la presse clandestine par les courants idéologiques dont Thone est le fer de lance, est également révélateur des hésitations, des tensions, parfois avouées, qui parcourent les milieux dirigeants de Sambre et Meuse, comme ceux de Wallonie libre l’ année précédente. Réintégrer la France reste l’objectif sentimental. Ce rêve, que l’on ne croit pas inaccessible car les circonstances de la guerre peuvent (p.94) aider, reste bridé dans son expression car un fait ramène périodiquement les dirigeants aux dures réalités : l’opinion publique, les Wallons dans leur immense majorité, ne sont pas disposés à entendre ce discours sur la réunion à la France, a fortiori quand la « grande Nation  » est sous le joug d’un régime tel que celui de Vichy, Et très certainement, le mépris, voire la colère, finissent par gagner ceux qui dans le secret de leur coeur espèrent toujours un arrangement providentiel dont Thone pourrait être le maître d’oeuvre. Même le chef des « séparatistes » a perçu qu’il fallait composer. Les expressions « rattachement » ou « annexion » à la France ne figurent dans aucune des contributions quémandées; Thone a compris lui aussi qu’ il était devenu inopportun de hérisser le poil des Wallons. La propension à se répandre en éloges de la France, à rappeler que leur destinée invite les Wallons à s’en rapprocher, n’exclut pas de flatter la tradition de liberté des Liégeois : la démarche placée sous le signe de l’ autonomie, ne risquera pas de heurter des populations que l’ on sait par ailleurs francophiles.

 

(p.97) Que cette France se rassure, elle n’a rien à craindre des Wallons peu enclins à s’ aligner sur les thèses allemandes du docteur Rust :

« Le Reich s’intéresse assez vivement au mouvement wallon et un Centre d’Études wallonnes a été constitué par le Führer à Marburg (Prusse Orientale). Ce centre d’études, après avoir entrepris d’ importants travaux sur l’ ethnographie et la linguistique wallonnes serait arrivé à la conclusion que les Wallons ne sont, ni des Flamands, ni des Allemands, ni des Français, mais qu’ils forment une ethnie spéciale.

Selon le docteur RUST, les Wallons ne peuplent pas seulement la partie méridionale de la Belgique, mais ils constituent le fond de la population de sept départements français, Nord, Pas-de-Calais, Somme, Aisne, Ardennes, Marne, Meuse. Dans ces conditions, les intentions du Führer sont de former, avec ces divers éléments une état indépendant wallon qui réunirait les régions industrielles de la Wallonie belge aux régions agricoles de la Picardie et de la Champagne et qui aurait un débouché sur la mer. Cet état aurait Liège pour capitale ».

 

(p.99) Pierre Hubermont (1903-1989), de son vrai nom Joseph Jumeau, socialiste, actif dans les milieux culturels wallons, fut séduit après 1940 par l’Ordre nouveau. Fondateur d’un journal collaborationniste, La Wallonie, il présida aussi la Communauté culturelle wallonne subventionnée par les Allemands (E.M.W, t., II).

 

(p.100) Insensiblement, le zèle de Thone l’amène à dénoncer les comportements de certains de ses compatriotes, au risque même de mettre leur sécurité en danger. Rien ne l’obligeait à commettre certaines délations. Pourtant, il attire l’attention de Vichy sur les agissements, (…), de la « colonie belge » de Montpellier :

« Une des plus inoportunes consiste dans le repérage de tous les aérodromes de la région. A Toulouse, Leenaers /ingénieur belge/ a signalé une organisation non seulement de passage mais de désertion des compagnies de travailleurs. J’ai les documents. »

 

(p.105) Certes Thone met à contribution, mais avec une extrême prudence, son ami H. Albert, le « gaulliste » qui est à cent lieues d’imaginer la nature des activités du liégeois. Les questions et les réflexions de cet ami sont d’ailleurs parfaitement éclairantes sur la suspicion et la rancoeur des Belges à l’égard de la France :

« La mauvaise humeur des sphères belges à l’égard de la France actuelle provient, en grande partie, du fait que de nombreux Belges qui ont séjourné en France se sont plaints, à tort ou à raison, des mauvais traitements dont ils auraient été l’ objet, en tant que Belges, de la part des Français en général, et surtout de la part des autorités françaises.

Personnellement, ajoute l’ami, je n’attache aucune croyance à ces affirmations. Je sais combien est grande l’amitié du peuple de France envers les Belges en général et des Wallons en particulier.

Mais j’aimerais que vous me documentiez le plus possible à ce sujet » .

(Extrait d’un courrier d’Henri Albert. communiqué par Thone à Sarrien le 5 juin 1942.)

 

/Cependant,/ André-Jean Faure, préfet hors cadre depuis la mi-juin 1941, avait pris en main le problème des camps d’internement dont il confessait que « les conditions déplorables » qui y régnaient « ne sauraient être plus longtemps tolérées, sans compromettre la réputation d’humanité de la France ». 

(p.106) Au fil des semaines les contacts entre Thone et les amis de Wallonie se densifient. Par ailleurs, Mahieu s’ est à nouveau rendu à Lisbonne et à la demande de Thone établira « noir sur blanc le récit de son expédition  » .

(p.107) Mais il y a plus important. En septembre 1942, Thone a vu Thiry et Schreurs. Le compte rendu de l’entrevue, écrit-il, ne serait qu’une répétition d’informations déjà reçues :

« Sauf sur le point extrêmement important de la propagande réussie, par les frères Van Belle, le sénateur Charles et le député François, auprès des organismes syndicaux clandestins.

À ce jour, les importants syndicats des mineurs, des métallurgistes, des transports, des carriers sont acquis à la thèse du rattachement, Le travail continue à Liège et tend à obtenir le même résultat dans les autres provinces wallonnes. J’estime que si les circonstances (Gestapo) le permettent et si certains appuis pouvaient être assurés au moment opportun, poursuit-il, on pourra obtenir des résultats impressionnants ».

 

(p.108) En URSS, les troupes allemandes commencent à piétiner ; les combats de rue commencent à Stalingrad le 4 septembre.

Depuis l’été, les bombardements aériens frappent les villes allemandes et françaises. Et puis, il y a la répression qui touche la zone libre; la police allemande y pénètre de plus en plus sou(p.109) vent sans vergogne dans sa chasse aux résistants; les juifs sont traqués et déportés. Telles sont déjà les réalités de la zone non occupée à la fin de l’été et au début de l’automne 1942. Mais Thone imperturbablement poursuit l’ objet de ses obsessions. Quant à Louis Pierard, à peine rentré de Suisse, en octobre 1942, ne voilà-t-il pas qu’il sollicite l’autorisation de faire une tournée de conférences en Algérie sur le thème « Raisons d’aimer la France ». Le 28 octobre, Vichy donne le feu vert, mais le député socialiste n’ aura pas le temps de s’y rendre 214. le 8 novembre 1942, les Américains débarquent à Casablanca, Oran et Alger.

(p.116) Les démarches suivirent leurs cours. Le 17 avril 1943, moyennant la signature de certificats d’arryenneté – ce fut chose faite le 20 -, la banque Worms et Cie fit virer 150 000 francs au compte de Thone chez le Crédit lyonnais à Nice. Voilà Thone muni d’une belle somme dont il n’a de compte à rendre à personne . On comprend ses effusions dans les remerciements chaleureux qu’il adresse à Pilon; il y exprime sans fard ses sentiments pro-français et anti-belges :

« Le modèle de certificat d’arryenneté, que je puis signer preuve en main, stipule en outre que je garantis sur l’honneur, que je suis de nationalité française. Je le suis, en effet. J’espère que le futur traité de paix le reconnaîtra, mais, en attendant, la loi et les règlements me considèrent encore comme un simple métèque.

J’ai donc refait la déclaration dans ce sens, me reconnaissant tristement Belge. J’espère que cela ne constituera pas un cas de forclusion « .

 

(p.119) Thone aime par dessus tout la France, et si les Nazis lui font horreur, il n’ aime pas les Anglais. Il collabore dans tous les sens du terme avec le régime de Vichy. Opportunisme dira-t-on ? Pragmatisme invoquera-t-on ? Naïveté tentera-t-on de justifier ? Inculture politique avancera-t-on en dernier recours ? Rien de tout cela. Il est « collaborateur  » par conviction car il est aussi un « pétainiste » aveugle, un « maréchaliste » convaincu, un bourgeois conservateur qui adhère aux idéaux du régime, sans se poser de questions.

Thone, c’est aussi celui qui s’aventure dans un congrès de la Légion française des combattants et en sort encore plus admiratif de Pétain en février 1942 :

« Un congrès légionnaire vient d’ avoir lieu à Nice. J’ ai froidement emboîté le pas à un délégué et ai assisté à toutes les séances. Prodigieux d’ intérêt, car, en l’absence de la presse et de témoins gênants, on y a donné sur la politique intérieure une somme d’informations qu’il m’aurait été impossible de recueillir en un mois à Vichy. Mais quand on sait cela, on n’en admire que plus la profonde et magnifique sagesse du Maréchal » .

(Lettre de Thone à Sarrien, 24 février 1942)

 

(p.122) Ce Thone là n’est pas enthousiasmé par les coups de mains menés par des groupes armés de la Résistance. Ses lectures de la presse belge l’inquiètent; il fait volontiers sien le vocabulaire de la presse collaborationniste. Ce ne sont que d’ « extraordinaires exploits de gangsters « , « à se croire à Chicago » . « Tout cela promet pour l’ immédiate après-guerre » confie-t-il à Quentin . Quelques jours plus tard, il renchérit :

« (…) La série noire continue au pays. Il y a tous les jours une colonne pour les exploits des gangsters. J’ai l’impression que nous trouverons une drôle de mentalité lorsque nous rentre-

 rons « .

(…) Le « vieux bourgeois », conservateur, francolâtre et rattachiste, « maurrassien  » et « maréchaliste « , quittera non sans nostalgie les côtes ensoleillées du Sud de la France pour les brumes parisiennes, avant de retourner en triomphateur à Liège sur les traces des Américains en septembre 1944.

 

(p.123) Le doute n’est plus permis, Thone, Mahieu et quelques autres ont été des « collaborateurs » dans le sens le plus péjoratif du terme, Cependant, une pesante loi du silence, telle une chape de p1omb a colmaté les fuites, embrumé les souvenirs, généré des amnésies, provoqué le scepticisme, voire même l’indignation, lorsque, malgré tout, depuis une quinzaine d’ années, des informations moins reluisantes perçaient les ténèbres.

Pourquoi ce silence assourdissant, collectif et surtout coupable ? Deux explications au moins éclairent l’injustifiable. D’ abord Thone avait barre sur un nombre impressionnant de personnalités. Ensuite, le Mouvement wallon avait intérêt à occulter la duplicité de plusieurs de ses ténors dans le problème épineux des relations de la Wallonie avec la France.

 

(p.126) C’était tout de même plus commode de ‘casser sa plume’ dans le Sud de la France, en touchant les mensualités de Vichy qu’en affrontant les rigueurs de l’occupation en Belgique.

 

(p.129) Aucun des ténors du Mouvement wallon qui avait siégé au Directoire de Wallonie libre, dans les organes dirigeants de Sambre et Meuse et du Rassemblement Démocratique et Socialiste Wallon, c’est-à-dire ses acteurs les plus emblématiques d’avant guerre, si l’on excepte Rey prisonnier et Truffaut décédé, n’ aurait osé soulever à partir de 1944 le voile qui pudiquement recouvrait la question des négociations secrètes avec Vichy. Au moins jusque 1943, ces acteurs avaient eu deux fers au feu. Tous étaient antinazis, anti-léopoldistes, anti-gouvernement Pierlot. Ils affichaient dans leurs publications des sentiments très francophiles – la France par dessus tout , mais avec un engagement aux côtés de de Gaulle qui ne s’affirmera sans équivoque que dans le courant de l’année 1942. Ce groupe d’amis était « rattachiste  » avant la guerre, il l’est resté pendant le conflit, Rappelons nous que la majorité d’entre eux avait été avant 1940 des fidèles de Mahieu et de la Concentration wallonne et qu’ils ne rompirent point les liens après 1945, à commencer par Bologne. Mais ces Liégeois « rattachistes », sous peine d’être totalement en porte-à-faux par rapport à une opinion liégeoise et wallonne de plus en plus fascinée par la résistance anglaise et gaulliste, se trouvaient dans 1’incapacité politique d’exprimer leurs choix profonds au grand jour et devaient ruser, spéculer, sur une possible réussite de Thone. Qu’ils l’aient parfois mis en garde, c’est possible. Mais n’était-ce pas aussi l’encourager à persévérer que de lui transmettre jusqu’au début de 1943 des Rapports dont on savait qu’ils devaient éclairer les partenaires français, c’est-à-dire Vichy ! Aucun d’eux n’ignorait le nom du destinataire intermédiaire, Fernand Sarrien : tous l’avaient par ailleurs fréquenté à Liège.

Que certains aient fait le choix de la France comme avenir de la Wallonie à la fin des années trente, est leur droit. La démocratie implique la libre expression des idées ; encore faut-il politiquement rallier une majorité à sa cause, et donc convaincre.

Qu’ils se soient efforcés de profiter des circonstances pour arriver à leurs fins, en négociant au mépris de toute dignité, avec un régime autoritaire et fascisant qui bafouait les droits et libertés les p1us élémentaires et faisait siens nombre de principes raciaux du IIIe Reich (p.131) constitue une faute impardonnable, et laisse une tache indélébile. Le rapprochement avec ce qui s’est passé au sein du Mouvement flamand vient à l’esprit. Il subsiste toutefois une différence de taille (sic), la France de Vichy n’ était pas la puissance occupante et elle ne s’était pas alignée sur toutes les extravagances meurtrières des Nazis.

 

(p.134) Tous les « réfugiés  » wallons stipendiés par Vichy, sous le contrôle de Thone, ne succombèrent donc pas à la collaboration politique active. Robert Fenaux paraît également relever de cette catégorie. Mais tous furent complices par leur amnésie.

Les épisodes retracés n’ ont au total que de très lointains rapports avec l’ aura de la Résistance. On savait déjà que les Wallons et Bruxellois francophones s’y étaient beaucoup plus impliqués que les Flamands. Mais plus personne n’était dupe quant à la part marginale prise par le Mouvement wallon dans cette Résistance, même s’il réussit à s’accaparer quelques lauriers, tant fut considérable le discrédit dans lequel s’ était embourbée une frange importante du Mouvement flamand 261, Toutefois, combien n’ était-il pas vulnérable ce Mouvement wallon, paré de vertus refusées à son pendant flamand ! N’ était-ce pas une forme d’incivisme en tout cas çà l’ aurait été aux yeux de l’ opinion publique – d’ avoir choisi en pleine guerre la fin de la Belgique et le rattachement à la France ? Rien là de très glorieux ! Il valait mieux éradiquer jusqu’ au moindre soupçon et faire oublier aussi, que les principales cibles de Wallonie libre furent à côté des Nazis et des Rexistes, d’ abord la Belgique, les Flamands, le Roi et le Gouvernement de Londres, Ouf, on pouvait tout de même s’ attribuer une spécificité « antifasciste ».

 

 

Annexes

 

/Mépris d’un soi-disant Wallon, collabo, pour le wallon/

(p.139-145)

Juillet 1940 – Réunion de la Wallonie à la France (Mémoire remis par l’abbé Mahieu)

(p.139) … le petit peuple /wallon/ utilisant en outre des patois romans (le wallon, le picard et le lorain). … »

(p.147) « Victor Hugo a entendu les habitants de Dinant parler flamand. Or, ces gens de Dinant son de purs Wallons. Le grand poète a pris pour du flamand ce qui n’est que du patois roman. »

 

(p.146-150)

Début août 1940

La question wallonne (Extrait du second rapport de l’abbé Mahieu)

 

/Ainsi, l’abbé Mahieu voulait que la Belgique soit dépecée en faveur de l’Allemagne nazie et de la France pro-nazie de Vichy…/

(p.146) « La théorie des nationalités énonce le principe que la frontière linguistique doit coïncider avec la limite des langues. C’est ce principe que l’Allemagne n’a cessé de revendiquer pendant des années. Elle devra encore l’invoquer pou porter ses frontières plus loin vers l’ouest (Alsace-Lorraine – Grand Duché de Luxembourg – régions germaniques de Belgique – Flandre et Hollande). Il n’est juste que de lui opposer le même principe pour revendiquer la Wallonie comme territoire français. »

 

(p.149) Le transfert des populations

« Nous voulons parler du rapatriement des éléments wallons ouf rancisés des teritoires incoporés au Reich ou à l’Etat de Flandre à constituer.

Hormis le cas où il s’agit de Wallons émigrés en Flandre et qui désirent rentrer dans leur pays d’origine, il ne semble pas désirable de voir cette population s’établir soit en Wallonie, soit dans le nord français, où il y a déjà surpopulation. La remarque vaut sutout pour les Flamands francisés ou les Alemadns francisés (Luxemboug belge et aussi Grand Duché). IL n’est pas désirable de renforcer par des apports germaniques les régions du nord où le métissage s’accuse de longue date. (…) Il vaudrait mieux s’efforcer d’installer ces « récuéprés » au sud de la Loire dans la mesure du possible, et compte tenu des professions (les tisserands seront dirigés sur les pays de tissage, etc.).

En outre, lorsque ces immigrants seront nantis d’un nom germanique, il serait sage de les obliger à adopter un nom français au moment même de leur installation à la première résience en France. (…)

En Wallonie même, il existe beaucoup de descendants d’immigrés flamands. Le changement obligatoire du nom, imposé en même temps, pourrait soulever des dificultés d’adapatation. (…)

De cette manière, on effacera un peu à la fois les traces de germanisme dans les nouveaux territoires français. »

 

Christian Laporte, Séparatistes jusqu’à l’extrême, Une étude explosive sur les rattachistes wallons proches du régime de Vichy, LS 23/01/2004

 

Jusqu’ en janvier-février 1943, l’imprimeur liégeois Georges Thone, figure emblématique du Mouvement qui présida plus tard le Grand Liège et qui fut un des fondateurs du  Rassemblement wallon, tenta de négocier le rattachement de la Wallonie à la France, alors vichyste, avant de verser définitivement dans le camp nazi.

Un dérapage aussi incroyable qu’incompréhensible pour le Mouvement wallon et les séparatistes sudistes dont le combat avait toujours été démocratique… Un écart d’autant plus surprenant enfin, que Thone fut aussi très proche de Wallonie libre, mouvement wallon de résistance par excellence. (…)

Le  » hic  » est que l’historiographie officielle sur Thone ne dépassa jamais le constat que celui-ci avait, effectivement, eu des contacts avec le gouvernement du maréchal Pétain dans le but

de faire part aux autorités françaises de l’état d ‘espritd es Wallons. (…)

Mais hastuin va netement lus loin : « (…) Il est collaborateur par conviction car il est aussi un éptainiste aveugle, un maréchaliste conaincu, un bourgeois conservateur qui adhère aux valeurs du régime sans se poser de questions. »

Dans la même veine, Hasquin situe aussi l’abbé Jacques Mahieu qui allait as’adresser à Philippe Pétain. Et égratigne d’ autres compagnons de route qui ont, pour le moins, hésité avant de rejoindre le camp des démocrates. (…)

Qui plus est, dans les documents mis au jour, l’historien a aussi retrouvé un chèque de 150.000 francs français versés par le régime via la banque Worms en avril 1943. Le malaise n’en est que plus grand lorsqu’on découvre que Thone y fait une déclaration d’aryenneté sous serment.

 

(…) Wallonie libre, très francophile et rattachiste dans un premier temps, évolua cependant à partir du constat qu’une bonne partie de l’opinion wallonne se sentait proche des Britanniques mais aussi de de Gaulle. Pour se dédouaner le cas échéant de Thone et de ses amis ? Une certitude sous la forme d’une directive confidentielle mais qui n’a pas été détruite…, poursuit Hervé Hasquin : le directoire savait parfaitement ce que faisait l’imprimeur liégeois.

Mais l’historien a d’autres éléments accusateurs : Les amis de Thone ont continué à recueillir des renseignements pour Vichy. Et cela alors qu’ils étaient bien informés du retournement de situation. L’aveuglement antibritannique et antibelge de Thone a conduit à l’incroyable. Libre à chacun de se battre pour ses idées politiques sur le terrain démocratique. Autre chose est de s’allier à gens peu respectables pour parvenir à ses fins… (…)

 

Sur son serment d’aryenneté et sa nationalité… française qui lui ont permis d’être aidé par le pouvoir pétainiste : Le modèle de certificat d’aryenneté (…) stipule, en outre que je garantis sur l’honneur que je suis de nationalité française.: Je le suis en effet. J’espère que le futur traité de paix le reconnaîtra. (…) J’ai donc refait la déclaration dans ce sens, me reconnaissant tristement belge. (…)

 

A propos de la Résistance en Belgique que la collaboration assimile au banditisme : La série noire continue au pays. Il y a tous les jours une colonne pour les exploits des gangsters. J’ai l’impression que nous trouverons une drôle de mentalité lorsque nous rentrerons.

 

R.V. :

Mahieu et Thone, deux ordures d’inciviques, n’ont jamais été jugées. Elles n’en donnent pas moins envie de vomir sur eux.

Récemment, à la VRT, j’ai vu un ancien kollabo, qui avait participé au massacre des patriotes et de leurs familles pendant la guerre à Meensel-Kiezegem, et qui ne s’en repentait pas. Condamné à mort, il n’a jamais été exécuté ! (…)

 

in : Knack Extra, 02/02/2011, p.13-

 

Historiek van de onafhankelijkheidsgedachte

 

Interview met Waals geschiedenisprofessor Hervé Hasquin

‘Een onafhankelijk Wallonie is een zinloos project’

De mentale omslag in Wallonie is er gekomen met de grote staking tegen de eenheidswet van

Gaston Eyskens in 1960, zegt MR-politicus en historicus Hervé Hasquin. ‘Op dat moment ben ik ook, als zeventienjarige, een aanhanger van het fédéralisme geworden.’

(…) Als minister-president van de Franse Gemeenschap publiceerde hij een ophefmakende studie (op basis van een koffertje met documenten dat op geheimzinnige wijze in zijn bezit kwam) over de collaboratie tijdens de Tweede Wereldoorlog van een groepje Waalse separatisten met het Vichyregime van maarschalk Philippe Pétain. Hasquins genadeloze blootlegging van een tot dan toe doodgezwegen, ‘weinig glorieuze’ episode uit de geschiedenis van de Waalse beweging, werd hem in Waalse militante kringen niet in dank afgenomen. De beruchte koffer zit inmiddels, tot groot jolijt van de hartelijk lachende Hasquin, veilig achter slot en grendel ergens in de gebouwen van de prestigieuze Académie royale de Belgique, waarvan Hasquin secretaris voor het leven is. Daarnaast is hij ook de vader van verschillende standaardwerken over de geschiedenis van Wallonië en de Waalse beweging.

 

A.M., Walenland, in: Delta, 3, 2004, p.22-23

 

Het is één van de mythes die in de Zuidelijke Nederlanden nog altijd de ronde doen: tijdens de Tweede Wereldoorlog heeft de ‘Vlaamse’ bevolking duchtig gecollaboreerd met de Duitse bezetter terwijl de ‘Walen’ hun strepen verdienden in het verzet. Die mythe lijkt nu stilaan te

worden doorprikt. ULB-historicus en voorzitter van de Franse Gemeenschapsregering Hervé Hasquin (MR, en dus een ‘onverdachte’ figuur) publiceerde onlangs een studie (1) waaruit blijkt dat een aantal wallinganten in de periode 1940-1943 toenadering zochten tot het Franse collaborerende Vichy-regime. Zij gingen pleiten voor een aanhechting van Wallonië bij het

Frankrijk van maarschalk Pétain. Wij vernemen o.a. dat er in Vichy een sectie bestond voor de « questions belges et luxembourgeoises au sein du Ministère des Affaires étrangères du Gouvernement de Vichy »

 

(p.23) Vooral Georges Thone, uitgever en drukker, liet zich daarbij niet onverlet. Thone is een van de centrale figuren in de Waalse Beweging. Deze demystificatie komt niets te laat. Wie er de in 2001 gepubliceerde Encyclopédie du Mouvement Wallon op naleest krijgt de indruk dat er in Wallonië enkel verzetshelden hebben geleefd. Léon Degrelle, die toch stelde dat de Walen Germanen waren, komt er niet in voor. (…)

 

(1)   « Les séparatistes wallons et le Gouvernement de Vichy (1940-1943), une histoire d’Omerta », uitgegeven door de Académie de Belgique, 196 pag.

 

Réactions de collabos francophiles, négationnistes :

 

Une lettre de François Perin , LS 28/01/2004

 

Je lis, avec étonnement, dans « Le Soir » du 23 janvier que Georges Thone fut un des fondateurs du Rassemblement Wal­lon. Les fondateurs des premiers partis wallons présentés en or­dre dispersé aux élections de 1965 furent : Robert Moreau dans le Hainaut (ancien cadre FGTB ; Front wallon), Fernand Massart à Namur (député socia­liste dissident), Pierre Rouelle, bourgmestre de La Hulpe, moi-même à Liège (sous le sigle PWT). Ces formations fusionnè­rent en une seule le lendemain des élections au mois de mai 1965, ce qui provoqua le départ

de l’extrême gauche conduite par Ernest Mandel (trotskiste). Après cette préhistoire, le Rassemblement wallon fut fondé sous le coup de l’affaire de Louvain en 1968 avec l’appui désin­téressé (sic) de Jean Duvieusart (an­cien Premier ministre PSC en 1950).

Georges Thone ne fit jamais partie d’aucune de ces forma­tions politiques, ni comme fonda­teur ni comme membre du bu­reau ni comme membre d’une assemblée de militants.

Je n’ai pas rencontré Georges Thone pendant la guerre. Mem­bre du mouvement clandestin Jeune Wallonie (section jeunes de Wallonie libre), membre de la presse clandestine notamment socialiste, je peux confir­mer que Georges Thone y était totalement étranger.

Quand j’ai rencontré Georges Thone après la guerre, dans les années 60, il était… gaulliste ! Il recevait à sa table diverses per­sonnalités, non seulement Fer­nand Dehousse mais aussi André Genot, successeur d’André Re­nard à la tête du mouvement po­pulaire wallon : curieuses fré­quentations pour un homme d’extrême droite.

Sans doute avait-il changé d’avis en raison de son idée fixe : le rattachement à la France, quel­le que soit la nature du pouvoir politique de la République. Il se­rait resté du même avis, même si la France avait été communiste ! J’ai été témoin de ces propos.

Votre dernière phrase est inu­tilement malveillante : Com­ment le mouvement wallon de guerre pouvait-il voir son « bre­vet de résistentialisme écorné » par un homme qui n’en fit ja­mais partie ?

Par contre un des leaders les plus acharnés du mouvement wallon pendant la guerre, tel que François Simon, ne se tour­na pas vers Pétain à Vichy mais au contraire prit contact avec de Gaulle à Alger !

 

FRANÇOIS PERIN (ancien ministre) LIÈGE

 

Yves de Wasseige (Marcinelle), Les « collabos wallons », Le Vif 06/02/2004

 

Je suis scandalisé par l’article « Les collabos wallons» (…). Dans tout l’entretien, il s’agit du comportement d’une seule personne, mais votre titre est au pluriel. Cela n’est pas correct. Collaborer avec le régime de Vichy, sur­tout avant 1942, n’est évidemment pas de même nature que collaborer avec les autorités d’occupation allemandes, voire avec la Gestapo. Votre titre fait, hélas! cet amalgame inacceptable. (…) Vous titrez « Révélation ». Mais vous au­riez dû vérifier certaines affirmations. Les agissements de Georges Thone sont connus et d’ailleurs décrits sur deux pages complètes dans l’Encyclo­pédie du Mouvement wallon, tome III, pages 1528, 1529 et 1530. Editions de l’Institut Jules Destrée, mars 2001.

La collaboration avec le régime de Vichy, surtout jusqu’en 1942, n’est pas constitutive en elle-même d’une colla­boration avec les autorités allemandes d’occupation. Il n’y avait, donc, pas matière à accusation, sauf le cas où une

telle collaboration aurait délibérément conduit à des dénonciations auxdites autorités allemandes. Je laisse, bien entendu, la critique de la réponse et des amalgames intolérables qu’elle comporte à la responsabilité de M. Hervé Hasquin.

J’ai été sénateur du Rassemblement wallon, j’ai toujours été et suis toujours un Wallon. Un article comme celui-ci est in­jurieux à l’égard des très nombreux mili­tants wallons, des résistants wallons et, finalement, des Wallons d’aujourd’hui, par les assimilations, les amalgames et les insinuations qu’il comporte.

 

Claude Thayse (Nivelles), Les « collabos » wallons, Le Vif 06/02/2004

 

J’ai été très étonné, dans l’article traitant du livre du ministre-prési­dent MR et historien Hervé Hasquin (Le Vif/L’Express du 23 janvier), de la gé­néralisation faite à tout le Mouvement wallon du comportement de Georges Thone pendant la guerre. D’autant plus que, si l’auteur apporte bien des documents nouveaux, les faits étaient connus depuis très longtemps (voir à ce propos l’encyclopédie du Mouve­ment wallon). Par ailleurs, si M. Thone était effectivement encore vivant lors de la création du Rassemblement wal­lon, son rôle s’est borné à contribuer financièrement au lancement de la section liégeoise. Dire que son rôle a été particulièrement décisif est exagé­ré. Il ne faudrait pas laisser entendre qu’il fut quasiment l’égal d’un Jean Duvieusart ou d’un François Perin! De la lecture de l’article, il me reste l’impression que votre journal cherche à établir un parallèle entre la collabora­tion massive bien connue en Flandre et les errements de quelques Wallons, sa­lissant ainsi la mémoire des nombreux héros qui, au nom du Mouvement wal­lon, certes rattachiste et gaulliste dans sa très grande majorité, ont combattu la barbarie nazie.

 

1.4.3 Témoignages d’anciens collabos « wallons » des nazis

Les anciens SS wallons ne renient rien

(VA, 21/01/2011)

 

2 Collaboration francophile et anti-néerlandophone dès 1945 

Belgique : les mensonges de l’Histoire 

 

Une propagande bien orchestrée notamment par des historiens collabos francophiles tente depuis 3 décennies de brouiller les pistes sur notre Histoire commune pour diviser le peuple belge.

 

En voici quelques exemples :

 

1 FAUX : prisonniers « flamands » libérés contre prisonniers « wallons » déportés en 40-45

 

Malheureusement, concernant la libération des prisonniers flamands et pas des wallons en 1940, on nous serine toujours ce que les Anciens ont répété béatement pendant des décennies.  La propagande hitlérienne les a bien roulés et la propagande francophile prit le relais. Rien que dans le village d’Ardenne, où j’habite, quasiment tous les hommes, des Wallons, sont revenus. 

 

Citons ceci:

J. de Launay, J. Offergeld, La vie quotidienne des Belges sous l’occupation, 1982

(p.53) « 100.000 prisonniers belges internés dans des camps provisoires avaient réussi à fuir et à rentrer chez eux motu proprio.  400.000 furent libérés en juin en qualité de spécialistes,

Wallons et Flamands, – soit au début plus de Wallons que de Flamands, contrairement à une

légende antiflamande qui perdure jusqu’à ce jour. (voir J. de Launay, La Belgique à l’heure

allemande, éd. Legrain, Bxl, 1977, p.77-78)

(…) Au début d’octobre 1940, 225.000 hommes, dont 145.000 Flamands et 80.000 Wallons, se trouvaient donc internés en Allemagne.”

 

2 FAUX : l’incivisme fut bien plus important du côté « flamand » que du côté « wallon »

 

Reflector, 10, 1971, p.204

“Men mag niet uit het oog verliezen dat na de oorlog meer Waalse dan Vlaamse incivieken ter dood werden gebracht (122 tegen 105).”

 

3 FAUX: Les francophones se sont installés dans la périphérie bruxelloise et ont respecté les néerlandophones qui y habitaient déjà.

 

L’ETAT de DROIT

Ce mot est aussi à la mode chez les dirigeants français.  Ceux-ci n’ont rien trouvé de mieux pour appliquer ce principe que d’envoyer en Corse la Légion étrangère et assassiner en Nouvelle-Calédonie quelques (sales) Kanakes qui voulaient simplement leur indépendance …  Comme quoi cette expression juridique peut être utilisée de façon trompeuse.

Au nom de l’état de droit, certains se permettent malgré leur bilinguisme de traiter la langue de l’autre communauté qu’ils ont rendue minoritaire de langue ‘flamande’ en sachant la connotation péjorative qu’elle contient.  Un bilingue qui met les deux langues qu’il connaît sur un pied d’égalité dirait plutôt ‘langue néerlandaise’.  Mais à Bruxelles, ce préjugé est tenace. 

Alors, affirmer que “les francophones se sont installés dans la périphérie dans le respect total des communautés locales” reste à prouver.

J’en veux notamment pour preuve deux témoignages récents:

·      celui d’un employé habitant Ganshoren depuis 35 ans, originaire de Bambois / Fosse-la-Ville, mon village natal, qui ne s’est jamais gêné pour se moquer des “Flamands’ de son quartier;

·      ceux d’un couple d’employés de banque retraités, originaires de Limal, habitant

     Mabompré-Houffalize.  Ils m’ont affirmé regretter que, encore dans les années ‘60, 

     les employés néerlandophones dans les banques bruxelloises étaient OBLIGES de

     parler exclusivement en français quand ils travaillaient ‘en backoffice’.

Etc.

 

 

 

5 FAUX : les 11 juillet et 27 septembre, fêtes respectivement des communautés « flamande » et « française » ( !?)

 

Le vrai 27 septembre, in: PP?, 21/09/19, pp.8-10

 

(p.8) “Le jour où un historien s’ attachera à analyser les origines de nos grandes fêtes communautaires, donc le 11 juillet pour les Flamands et le 27 septembre, oui, oui, ce jour-là, cet historien s’amusera bien.  mais il ne fera pas rigoler tout le monde de la politicaille.”

 

Philippe Destatte, Fêtes de Wallonie … Fête de Wallonie … allez savoir!, in: DW, spécial sept. 1996,p.11-12

(p.12) “L’historien américain Rooney /J.W. Rooney, Profil du Combattant de 1830, in: Revue Belge d’Histoire Contemporaine, t.12, p.479-504, 1981/ a battu en brèche l’exaltation du rôle des Wallons dans les Journées de Septembre, en mettant en évidence le fait que, parmi les noms des morts et des blessés qu’ il a identifiés comme étant les insurgés tombés au combat, la majorité était des travailleurs manuels de Bruxelles ou des faubourgs, c’est-à-dire essentiellement flamands.”

 

6 FAUX: Roland de Lassus, “francophone”

 

V.He., Fausses notes autour de Lassus, LB 11/04/1994

Le musicien était-il flamand ou francophone?

 

Roland de Lassus “franco-flamand”, LB 15/4/94

Communautairement inclassifiable, il est avant tout une des gloires artistiques des Pays-Bas Catholiques, qui donnèrent naissance , quelques siècles plus tard, à l’ Etat belge …

 

7 FAUX : Bruxelles, ville « francophone »

 

P.V., Au temps des cathédrales, Plus de deux cents pièces de littérature moyen-néerlandaise, à l’Albertine, LB 12/04/1999

 

“Une sorte de bibliothèque, en fait, de textes qui circulaient au coeur du Brabant à l’aube du 15e siècle.”

“… un si éloquent témoignage du lointain enracinement de la culture flamande dans la capitale.”

 

1980

Jo Gérard, Belgique : 150 ans (conférence à Saint-Aubin (Florennes)) (09/1980)

 

En 1830, les « Flamands » étaient les plus mécontents.

Révolution belge : 8000 volontaires à Bruxelles, du 23 au 27/09/1830.

Dont 5000 « Flamands » (Bruxelles et environs) et 3000 « francophones ».

 

1984

Maurits Cailliau, Het Walenland en de Nederlanden, 1984, Uitg. De Nederlanden

 

(p.20) Wanneer wij onze cijfers (inklusief Waals-brabant) afgerond samenvatten, dan ontstaat volgend beeld:

1 Minder dan 1.500.000 niet-ingeweken, zogenaamde oorspronkelijke Walen (waarin evenwel begrepen het Moezelfrankisch taalgebied in Henegouwen en het Duits taalgebied).

2 Ongeveer 400.000 niet-assimileerbare « verse » vreemdelingen.

3 Ongeveer 50.000 Vlamingen 1ste en 2de generatie, die nog niet volledig verfranst zijn.

4 Ongeveer 1.500.000 afstammelingen van verfranste Vlamingen, ingeweken tijdens de laatste anderhalve eeuw.

 

1996

Jacques Wanty, Un divorce belge? Et après?, L’ Accent, 121, 1996, pp.3-12

 

(p.3) La particratie ne semble passionnée que par les tensions communautaires; c’ est son fonds de commerce électoral.  Elle en perd de vue les autres problèmes économiques et sociaux, pourtant autrement graves dans cette période de mutations fondamentales et lourde d’ échéances redoutables.

 

(p.7) Ni la région flamande ni la région wallonne, ni bien sûr la région bruxelloise, n’ ont jamais eu en tant que telles d’ existence historique,ni même de traditions homogènes.  Après le morcellement féodal et communal du Moyen-Age, eles ont toutes fait partie intégrante de l’ ensemble territorial dit « les XVII Provinces » dans le cadre du Grand Duché de Bourgogne puis de l’ Empire des Habsbourg.

 

Les trois grandes composantes de la région flamande sont la West- et l’ Oost-Vlaanderen, la zone du Vlaams-Brabant-Antwerpen, et le Limbourg.  Elles ont des traditions distinctes et se sont pendant plusieurs siècles combattues.

Des hommes politiques flamands de haut niveau affirment en privé qu’ un Etat flamand se verrait rapidement scinder en trois tronçons, vu leurs traditions divergentes et leurs rivalités potentielles.

La Wallonie ne possède aucune des caractéristiques d’ un Etat.  Comme la Flandre, ses composantes ne possèdent ni traditions communes ni complémentarités économiques internes.  Le seul facteur commun, là aussi, est la langue française, que beaucoup de Wallons parlent d’ ailleurs fort mal.

Aucune province wallonne n’ a jamais fait partie de la France, sauf entre 1794 et 1814, par conquête, comme la Flandre d’ ailleurs.

 

1996

Jacques Wanty, Un divorce belge? Et après?, L’ Accent, 121, 1996, pp.3-12

 

(p.8) Le rattachement à la France est une utopie que ne caressent pas moins de 5 % de Wallons, quoiqu’une poignée d’ agitateurs, officieusement soutenus par certains milieux français, s’ en fassent les propagandistes.

En Flandre et en Wallonie, la réalité historique est défigurée en mythes trompeurs.

(p.9) Dans l’ autre communauté, on a fait croire à beaucoup de Wallons que les victoires de la République française à Jemappes (1792) et à Fleurus (1794) ont été libératrices.

En réalité, elles ont marqué une période d’ oppression, d’ exaction et de pillages.

L’ entretien du mythe de Napoléon, chaque 18 juin, anniversaire de la défaite finale de l’ Empereur, relève de la plus stupéfiante des absurdités.

Par ailleurs, les Liégeois se plaisent à croire quels Français ont toujours éprouvé pour leur ville un amour immodéré.

En fait, les Rois de France ne se sont servis de la Principauté de Liège que comme d’ un pion dans leur politique rhénane. Ils n’ ont pas hésité à lui causer à l’ occasion d’ un maximum de tort. L’ épisode, réel ou mythique, des 600 Franchimontois s’ inscrit dans un de ces moments.

(p.10) Le « divorce de velours » tchécoslovaque sert de plus en ,plus de référence, voire e modèle.  La séparation pacifique a pourtantdes conséquences économiques et sociales néfastes, particulièrement pour les Slovaques dont les dirigeants ont voulu la scission, mais aussi pour les Tchèques.

Suivant une étude publiée par le groupe Coudenberg en 1996, Cost of non-Belgium – Valeur ajoutée de la Belgique fédérale, l’ éclatement de la Belgique entraînerait une chute sensible du niveau de vie dans chacune des régions du pays.  Contrairement à des déclarations démagogiques et sottes, la rupture avec la Wallonie ne susciterait pas d’ accroissement de prospérité dans la population flamande, bien au contraire.

La première conséquence d’ un suicide de l’ Etat belge serait l’effondrement de notre monnaie.  Il s’ ensuivrait (p.11) de graves perturbations dans notre système bancaire et la ruine de très nombreux possesseurs d’emprunts de l’Etat belge et de titulaires de dépôts.

La dislocation de la Belgique entraînerait automatiquement le démantèlement de multiples et sensibles réseaux financiers, juridiques, administratifs, culturels, d’ infrastructures.

Le rapport du groupe Coudenberg démontre clairement qu’à lui seul, le partage de la dette publique présenterait un coût financier très élevé non seulement pour les pouvoirs publics successeurs de l’ Etat belge mais aussi pour les entreprises et pour les particuliers.

(p.12) Des dérives micro-nationalistes actuelles constates en Belgique, les politiciens francophones portent autant de responsabilités que les politiciens flamands.  Dans les milieux des eux communautés qui accaparent la parole sont équitablement partagés l’ absence de culture historique, le manque de réalisme, le manque de vision. »

Les Belges accepteront-ils d’ adhérer à la vision raciste que partagent chez nous non seulement nos partis à vocation linguistique mais aussi quelques ténors de tous les partis dits « traditionnels »?

S’ il en était ainsi, Hitler aurait gagné chez nous, à titre posthume.

 

2003

Veertig jaar faciliteiten, in : De Zes, 1, 2003-2004, p.1

 

11 juli 1963: de Kamer keurt na jaren aanslepende gesprekken. congressen, onderhandelingen, massabetogingen, een schijnontslag van de regering en een ultiem conclaaf op Hertoginnedal een nieuwe taalwet goed. In zes Vlaamse gemeenten rond Brussel en vijfentwintig taalgrensgemeenten krijgen Frans- of Nederlandstaligen al naargelang het taalgebied taalfaciliteiten voor bestuur en onderwijs. De communautaire spanningen zouden, zo doolde men, voorgoed zIjn opgelost.

Veertig jaar lang zijn deze faciliteiten in Wallonië met mondjesmaat of helemaal niet toegepast. Een kleine Vlaamse school in Komen wordt eerst behekst, later gedoogd maar nooit betaald. De Waalse voet staat op het rempedaal. Geen Vlaamsgezinde gemeenteraadsleden of burgemeesters om de sociaal zwakkere Vlaming te verdedigen. Wallonie terre d’accueil, weet je.

In Vlaamse gemeenten staal de voetop het gaspedaal, enkele plaatselijke momenten met Algoet in Rode  uitgezonderd. Meteen zijn er scholen voor Franstaligen. Die mogen we miljaar de miljaar betalen, maar we hebben er niets te zeggen. Tweetaligheid en zelfs aansluiting bij Brussel was en is de vrome wens en de dagelijkse praktijk van tientallen franskiljonse bestuurders om de vaak bevoorrechte klasse ter wille te zijn.

 

Elke studie, elk rapport bevestigt het al die jaren: de verfransing gaat systematisch verder mede door die faciliteiten, die als breekijzer dienen om Vlaanderen nog eens een morzel gronds te ontwringen.

 

Vlaamse regeringen met hun ministers hebben geen haar op hun tanden op hier en daar een dan nog uitgerangeerde Peeters en Sauwens na. Unitaire en federale regeringen en hun partijen hebben nooit wat

 gedaan om misbruik van de faciliteiten de kop in te drukken. Integendeel, ze hebben ze gebetonneerd, Geen enkele Waalse partij wil de faciliteiten afschaffen. Integendeel. Ze willen ze met een Minderhedenverdrag heel Vlaanderen opdringen.

 

Voor ons is er na die veertigjarige uitputtingsslag maar één oplossing meer. In de zes en in Voeren hebben wij onafgebroken moeten betalen voor een stukje verworven Vlaamse autonomie. Die autonomie moeten het Vlaams Parlement en de Vlaamse partijen, die van die faciliteiten zeggen af te willen, nu maar eens gebruiken om een

 Spirit-senator en ex-ijzerbedevaartkomiteevoorzitter achterna te proclameren: « Waalse vrienden, laten we scheiden. » Dan pas zal Vlaanderen de vrome wens van haar ex-minister president Dewael kunnen realiseren: « Faciliteiten moeten uitdoven. »

 

Mise au point par René Louwers (Bruxelles) concernant la fusillade de Grâce-Berleur en 1950, contre la manipulation des faits par un pseudo-journaliste (LSI, 06/1990s)

Affaire royale / Référendum du 12 mars 1950 - mise au point concernant la division entre "Wallons" et "Flamands" à propos du retour du roi Léopold III

(in: René Hasquin, éd., Histoire de Wallonie (sic), s.d., p.312)

Ce qui s’est passé en Alsace-Lorraine s’est également passé dans le sud de la Belgique: 

la France finance des organisations séparatistes

 

Pierri ZIND, Elsass-Lothringen, une nation interdite, 1870-1940, Copernic, Paris, 1979

 

 (p.18) (p.29) /les activités pro-françaises de la mystérieuse ligue d’Alsace créée en 1871 par Gambetta (généreusement financée par la France)

 

racisme français : ségrégation raciale

Pierri ZIND, Elsass-Lothringen, une nation interdite, 1870-1940, Copernic, Paris, 1979

 

(p.110-111) Le racisme français : l’idée raciste de répartir les Alsaciens-Lorrains en 4 races suivant 4 modèles de cartes d’ identité, la carte Modèle A, barrée aux couleurs tricolores, remise aux habitants dont les parents et les grands-parents étaient nés en France ou en Alsace-Lorraine, la carte Modèle B, barrée de 2 traits rouges, imposée aux habitants dont un des membres de la famille était d’ une origine dite étrangère, c-à-d. non française et non alsacienne-lorraine, la carte Modèle C, barrée de 2 traits bleux, attribuée aux Alsaciens-Lorrains dont les 2 branches maternelles et paternelles étaient originaires de pays alliés à la France ou resté neutres durant la guerre de 14-18 ; la carte Modèle D, sans aucune barre de couleur, réservée aux “étrangers des pays ennemis”, aux descendants d’Allemands, d’Autrichiens, de Hongrois ou d’autres peuples des Empires centraux, “Cette carte D revenait aussi à leurs enfants, même s’ils étaient nés depuis 1870 en Alsace-Lorraine.”

 

 

 

Ce qu’on ne dira jamais dans la presse francophone, contrôlée par la France, sauf de façon sporadique: 

La France a divisé la Belgique dès 1968 … (LB 28/09/2004)
in : Delta, 4, 2005, p.23

« Il reste que les événements de Louvain inquiètent non seulement en
Belgique, mais aussi à  l’étranger, notamment quant au rôle que le général de Gaulle, Président français, aurait pu jouer dans cette affaire. Dès le 13 février 1968, l’ambassade de Grande-Bretagne à Bruxelles écrit à Londres que « les Wallons constituent la prochaine sérieuse cible de la subversion française. »
(. ..)
L’auteur d’un rapport daté de mars 1968 réalisé par l’ambassade de Grande-Bretagne, et pris très au sérieux à Londres, précise que la Sûreté belge, s’inquiète de l’encouragement français à l’activisme wallon (…). »
(in : LB 28/09/2004)

La Région wallonne boycotte la fête du 11 novembre en n'arborant pas le drapeau belge (Jacques Bauchau (Jambes))

(Le Soir, 22/11/1997)

Le reportage de Jean-Claude Defossé (Questions à la Une) sur le sentiment d'unite des Belges interrogés, censuré par la direction (francophile) de la RTBF (J. Robberecht (Bruxelles) (in: LSM, 12/2007)

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