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LES 25 COLONIES BELGES SUR LES 6 CONTINENTS

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A lire / we raden u aan:

Patrick Maselis, Des Açores à la Nouvelle-Zélande, Toutes les colonies belges sur les six continents (1451-1916), Roularta 2005

Maurits Duyck, Van de Azoren tot de Zuidpool. Alle Belgische kolonies in de zes continenten / 1451-1916, in: Delta, 2, 2007, p.2-5

1 résumé en français /  2: ontleding in het Nederlands  : 1 & 2 complémentaires / aanvullend

3 Illustrations / Beelden

Patrick Maselis, Des Açores à la Nouvelle-Zélande,

Toutes les colonies belges sur les six continents (1451-1916), Roularta 2005

Açores (Portugal)

(p.14)

Ilhas Flamencas 2 1/1/1451 : fondation de la colonie de Vila da Praia par « Jácome de Bruges » (au service du Portugal) avec, au fil du temps, quelques centaines de Flamands

1450 - les Belges aux Açores / de Belgen op de Açoren

Léon Vander Essen, Pour mieux comprendre notre histoire nationale, 1946

 

(p.57) LES FLAMANDS AUX AÇORES AU  XVe  SIECLE

Le premier discours que Léopold II, alors duc de Brabant, prononça au Sénat en 1855, avait pour but d’engager les Belges à se lancer dans les entreprises coloniales. « Nous devons, disait le duc de Brabant, montrer le drapeau national par toute la terre. Une nation jeune doit être entreprenante et doit toujours aimer le progrès ».

On sait comment Léopold, devenu roi, ne négligea aucun effort pour entraîner ses sujets dans la voie qu’il avait indiquée et l’on sait aussi, hélas ! avec quel scepticisme, avec quel amour du « confort chez soi, en pantoufles », avec quelle pusillanimité casanière les Belges répondirent à l’appel de leur souverain.

Serait-il vrai que nous avons dégénéré et que les malheurs d’ordre international qui s’abattirent sur notre pays dès le XVIIe siècle et qui plongèrent dans une somnolence mortelle, une léthargie improductive, la société de cette époque, ont développé un virus (p.58) tellement violent qu’il empoisonne encore de nos jours l’organisme national ?

En effet, les Belges n’ont pas toujours été si rebelles à l’idée de s’expatrier et de prendre part à des aven­tures lointaines.

La présente étude en donnera un exemple particu­lièrement frappant.

L’époque des ducs de Bourgogne, le XVe siècle, se révèle, dans notre histoire nationale, comme une pé­riode exceptionnellement brillante.

L’existence d’un gouvernement central, qui avait mis fin aux sanglantes expériences de la démagogie où étaient enlisées les grandes communes du pays, une bonne politique financière, une richesse qui créait du luxe et engageait les princes et les patriciens à s’entou­rer d’oeuvres d’art, une efflorescence remarquable dans la peinture, la sculpture et la musique, ce sont là autant de phénomènes qui caractérisent la période bourguignonne.

D’autre part, les gens semblent mener une existence inquiète et enfiévrée, contrastant avec l’indéniable bonheur dont, à plusieurs points de vue, le pays jouit.

C’est là un phénomène qui caractérise souvent les époques de transition, lorsqu’un monde meurt et que l’on sent confusément l’enfantement d’une ère ou d’une société nouvelle.

Tel fut bien ce XVe siècle, précurseur de grands (p.59) bouleversements politiques, économiques et religieux. C’est dans cette époque brillante et agitée que se place l’épisode que nous voulons rappeler : l’expédi­tion et la colonisation des Flamands aux Açores.

Quelques années après l’achèvement, par Philippe le Bon, de la politique de concentration et d’unifica­tion de nos principautés du moyen âge, qui aboutit à la création d’un véritable Etat, quelques Brugeois, qui se rendaient au Portugal pour des affaires de com­merce, se virent assaillis dans le golfe de Gascogne par une violente tempête et furent obligés de changer de route pour éviter un désastre.

Après avoir erré un peu à l’aventure, ils abordèrent à Terceira, l’une des îles alors inconnues du groupe des Açores,

Le principal d’entre ces marchands, dont nous sa­vons qu’il s’appelait Jacques de Bruges, et qui devait être doué d’un esprit d’entreprise très aigu, décida de tirer profit de la découverte qu’on venait de faire. Il s’adressa au prince Henri de Portugal et obtint de lui des lettres patentes, datées du 2 mars 1450, par les­quelles l’île de Terceira lui fut cédée à titre hérédi­taire. Jacques de Bruges réunit tout de suite un certain nombre de collaborateurs et créa ainsi une petite colo­nie, qui, rapidement, devint prospère. Voulant faire connaître à ses compatriotes les belles promesses d’avenir que récelait cette terre lointaine, le marchand (p.60) brugeois décida de retourner en Flandre pour y recru­ter de nouveaux colons. Il partit, mais on n’entendit plus jamais parler de lui : il est probable qu’il fut assassiné pendant la traversée et que son corps fut» précipité dans la mer.

S’estimant délié de ses engagements, Henri de Por­tugal, au début de l’année H64, disposa de la colonie en faveur de deux nationaux, Joam Vaz de Costa Cortereal et Alvaro Martins Hornem.

On eût pu croire que, privée de son chef, la colonie flamande de Terceira aurait plié bagages et se serait retirée dans sa patrie.

Mais les colons avaient pris goût à leur nouvelle existence.

L’un d’entre eux, Guillaume Van der Haeghen, qui avait d’ailleurs été le compagnon de Jacques de Bru­ges, quitta Terceira avec ses compatriotes et alla s’établir dans une autre île du même groupe, celle de Saint-Georges, pour y continuer l’œuvre interrompue,

II fit armer en Flandre deux bons navires, et fit connaître à ses concitoyens des plans de colonisation. Bientôt, les navires arrivèrent à la Pointe du Topo et débarquèrent à l’île de Saint-Georges un nombre relativement élevé d’émigrants, parmi lesquels se trouvaient des ouvriers de diverses professions. Van der Haeghen devint bientôt un homme important et, comme les Portugais avec lesquels il devait traiter et

(p.61) négocier parvenaient difficilement à prononcer son nom, il le transforma en celui de da Silva, sous lequel il est signalé dans les sources historiques contempo­raines.

Bientôt, un événement politique allait donner à l’entreprise de colonisation flamande un essor que ses créateurs n’auraient jamais osé rêver.

En 1466, le roi de Portugal sentit le besoin d’avoir de bons soldats et particulièrement des officiers expé­rimentés. Il s’adressa à Philippe le Bon, notre souve­rain, et en échange des bons offices de celui-ci, lui céda la possession des Açores au profit de sa tante, la duchesse de Bourgogne, née Isabelle de Portugal. Celle-ci fit aussitôt équiper plusieurs navires, y em­barqua des gens de tout métier, leur fournit des meu­bles, des outils, des vivres pour deux ans et les expé­dia vers ces terres. lointaines. Plus de 2,000 colons quittèrent les Pays-Bas pour les Açores. Isabelle, voyant que l’entreprise semblait devoir prospérer, céda en toute propriété une des îles du groupe, celle de Payai, à Josse van Huerter, seigneur de Moerkerke.

Celui-ci quitta la Flandre pour aller organiser la nouvelle colonie et se fit accompagner de son gendre, Martin Behaim, qui devait se rendre très connu dans les annales de la géographie et de l’astronomie.

L’île cédée par la duchesse Isabelle offrait aux colons (p.62) un terrain très favorable : elle était couverte de touffes verdoyantes — la myrica faya — et le carac­tère volcanique du sol permettait à la fois la culture des céréales d’Europe et celle de plusieurs végétaux précieux que l’ori ne pouvait obtenir que dans les zones proches de l’Equateur. Point d’hiver, une atmo­sphère pure, une température des plus agréables.

A la partie orientale de l’île, une baie demi-circu­laire s’ouvrait dans le rocher et offrait aux navires un havre très sûr pendant une partie de l’année. C’est en cet endroit, au pied d’un imposant amphithéâtre de montagnes, que les colons bâtirent leurs premières habitations. La région environnant la baie fut appelée Nouvelle Flandre et la ville naissante prit le nom de Huerta (aujourd’hui Hosta), en l’honneur de van Huerter, le chef de l’expédition.

La colonie de la Nouvelle Flandre se développa rapidement, grâce à l’énergie tenace, aux labeurs per­sévérants, aux qualités d’ordre et d’économie des Fla­mands y établis. Les forêts touffues furent attaquées à la hache et les grands hêtres s’abattirent l’un après l’autre ouvrant des clairières où bientôt allaient s’éten­dre des champs de canne à sucre. Des plants de celle-ci furent importés, par des vaisseaux flamands, de Chypre et de Candie.

Josse van Huerter, lorsqu’il vit l’effort de ses com­patriotes et le résultat qui s’annonçait, eut une foi aveugle dans l’avenir. Non loin de l’île Payai se dres­sait hors des flots l’île du Pic, presque abandonnée, où (p.63) s’était établi, après un naufrage, un marin portugais nommé Hernando Alvarez. Le sire de Moerkerke s’aboucha avec ce colon et le détermina assez facilement à lui céder son bien. C’est ainsi que l’île du Pic fut à son tour livrée à l’exploitation méthodique et entreprenante des Flamands.

Entre-temps, à l’île Saint-Georges, l’œuvre de Guil­laume van der Haeghen commençait à péricliter. Celui-ci n’avait point eu d’appui officiel comme le sire de Moerkerke et se vit obligé d’aller en quête de nou­velles ressources. Au cours d’un des voyages entrepris pour intéresser des personnes riches à son œuvre, il fit la connaissance d’une noble portugaise, Maria de Nilhena, qui possédait les îles Florès et de Corvo et qui, impressionnée par l’énergie de l’aventurier fla­mand, lui proposa d’aller défricher ces nouvelles ter­res. Van der Haeghen accepta et resta pendant sept années dans ces régions jusque là nues et improduc­tives. Après les avoir transformées à force de patience et de persévérance, il sentit sa fin approcher. Epuisé par une vie très rude, il s’en retourna à la colonie qu’il avait fondée à Saint-Georges, pour y mourir.

L’entreprise des Flamands aux Açores devait finir lamentablement, non pas par défaut d’enthousiasme, de confiance ou de travail de la part des colons, mais (p.64) par suite de l’indifférence de la maison de Bourgogne, désirant se débarrasser de ces îles qui, directement, ne semblaient rien lui rapporter. Elle se désista des droits qu’elle avait acquis sur les Açores et les conféra à des particuliers. Elle exposa ainsi ces îles à tous les dan­gers des vicissitudes politiques et, coupant le lien dy­nastique, les isola entièrement de la mère-patrie. Dès ce jour, l’entreprise périclita. Les Portugais se réinstallèrent aux Açores, que le sire de Moerkerke, livré à ses propres forces, fut forcé de leur abandonner.

Ainsi se termina une équipée, toute faite d’esprit de sacrifice, d’énergie patiente, embellie par toutes les qualités de la race, que nous pouvons inscrire avec fierté dans les fastes de notre histoire nationale.

 

LES AÇORES, ÎLES FLAMANDES, p.47-48, in: Alban van der Straten, Les explorateurs belges, éd. Mardaga, 2016

 

A partir de 1450, des milliers de Flamands partent en pionniers s’implanter aux Açores pour le compte du roi du Portugal. Ils en sont pratiquement les premiers colons et longtemps l’archipel portera le nom d’« Iles Flamandes ». Si les grandes lignes de leur histoire sont bien connues, malheureusement aucun témoignage direct de cette aventure n’a subsisté.

Appelées jadis, « Iles Fortunées », les Açores furent redécouvertes par les Portugais vers 1427 – on cite le nom de Diogo de Silves. Pendant plus de deux décennies, ceux-ci les explorèrent sans se décider à s’y installer, car l’effort de colonisation de Madère et la reconnaissance des côtes africaines drainaient déjà toutes leurs énergies. Ils résolurent en fin de compte de trouver des colons à l’étranger.

C’est ainsi qu’en 1450, Henri le Navigateur nomme un noble flamand, Jacôme de Bruges, « capitaine-donataire » de l’île de Terceira. Dans le système de colonisation portugais, les capitaines-donataires étaient des gouverneurs qui recevaient des droits féodaux sur de nouvelles terres, pourvu que, dans un délai de cinq ans, elles soient habi­tées et cultivées et qu’ils payent une taxe annuelle.

Jacôme s’embarque donc avec quelques compagnons et colonise l’île de Terceira. Il y fonde le village de Vila de Praia ainsi qu’un village côtier qui deviendra Angra do Heroismo, la capitale de l’archipel. Au cours des années suivantes, quelques dizaines de colons le rejoignent progressivement.

Bientôt des dissensions parmi la communauté poussent I’un d’entre eux, Willem van der Haghen (Guilherme da Silveira, ou da Silva), à se séparer des autres pour aller colo­niser l’île de Sâo Jorge. Cette implantation-là aura plus de mal à se développer, mais van der Haghen sera tout de même récompensé de ses efforts, puisqu’il deviendra par mariage capitaine-donataire des îles de Flores et Corvo.

Mais ce n’est qu’en 1466 que la colonisation flamande des Açores prend véritablement de l’ampleur. Cette année-là, par l’entremise d’Isabelle de Portugal, épouse du duc de Bourgogne, le roi de Portugal engage Josse de Hurtere (Joss de Utra), seigneur de Moerkerke et important dignitaire bourguignon, pour devenir capitaine-donataire de l’île de Fayal. De Hurtere fera venir plus de 1000 colons. Plus tard, il s’appropriera aussi l’île volcanique de Pico. Il fonde notamment la capitale de Fayal : Horta, dont le nom est dérivé du sien.

Les cartes de l’Atlantique appelleront encore longtemps les Açores « îles Flamandes », même si les colons eux-mêmes furent rapidement assimilés. Dès le début du XVIe siècle, on n’y parle déjà plus néerlandais. Toutefois, plusieurs signes de leur pré­sence subsistent encore : le style des premières peintures, certains noms de famille et toponymes, les moulins, les capes à capuchon traditionnelles des femmes ou encore les yeux bleus de 30 % des Açoriens.

 

Açores – Praia Vitoria sur Terceira, érigée par Jacob van Brugge (01/10/1451)

1450 – Açores- PDS Porto da Horta ilhado Faialin- História natural dos Açores, p.96

Açores / Açoren – Omelas Bruges

Îles Canaries (Espagne)

(p.16)

2e moitié du 16e siècle au service de l’Espagne

(p.28)

arrivée de centaines de Flamands, en fait des gens du Hainaut, de Liège et du Brabant

1550s - Les Belges aux Canaries / Jean de Béthencourt

1550s – Canaries / Santa Cruz de La Palma

Nova Belgica (USA)

des Wallons à Nova Belgica dès le 04/05/1626 (île de Manhattan) = tous des Néerlandais méridionaux (p.40).

Plus tard : installation à Staten Island, Ha(a)rlem).

En raison des guerres de religion qui faisaient rage aux Pays-Bas au XVIe siècle, de nombreux habitants cherchèrent leur salut dans l’émigration. Les catholiques s’enfuirent, e.a., vers les îles Canaries. Les protestants s’en allèrent principalement vers les Pays-Bas d’où ils partirent parfois plus loin, vers les possessions néerlandaises en Inde, en Afrique ou en Amérique.

Par le biais des compagnies citées dans le paragraphe précédent, les Néerlandais établirent des colonies sur presque tous les continents à cette époque. Cependant, l’une d’entre elles porte une estampille « belge » avant la lettre, à savoir : la colonie Nova Belgica. Celle-ci est également appelée « Nouveaux Pays-Bas ». Les deux synonymes sont employés sans distinction. Ils désignent la région correspondant à peu près aux actuels Etats américains du Connecticut, de New York, du New Jersey, de Pennsylvanie et du Delaware. Presque toutes les initiatives qui menèrent à la colonisation de cette région peuvent être mises sur le compte des Wallons (et de quelques Flamands). (Pour plus de commodité, la suite du texte ne parle que des Wallons étant donné qu’il s’agissait du groupe le plus important. Cependant, le terme de « Wallons » regroupe tous les Néerlandais méridionaux.)

En 1608, l’Anversois Emmanuel Van Meeteren convainquit le célèbre capitaine anglais Henry Hudson de mener une expédition néerlandaise. Lors de ce voyage, Hudson découvrit un lieu de mouillage « intéressant ». Qui aurait pu penser qu’à cet endroit s’élèverait plus tard l’une des plus célèbres villes du monde, New York ? L’aspect intéressant de ce lieu n’était pas uniquement le port naturel assez abrité mais aussi et surtout les Indiens amicaux qui y vivaient et leur très intéressante marchandise : la fourrure.

Un deuxième navire accosta en 1611, dirigé par l’Anversois Vogels.

En 1615, deux Néerlandais fondèrent la « Nieuw Nederlandse Compagnie » (Nouvelle Compagnie  néerlandaise) qui se vit octroyer endant 3 ans (p.41) le commerce de la fourrure en Amérique. (…)

En 1623, les premiers colons (trente familles) partirent pour l’Amérique (voir timbres commémoratifs US post de 1923). La plupart étaient des huguenots wallons et français. (…) Ils fondèrent les Nouveaux Pays-Bas mais étant donné l’implication de nombreux Wallons, la région fut également appelée Nova Belgica. (…)

En 1625, Pierre Minuit, qui venait de Ohain dans le Brabant wallon, devint gouverneur des Nouveaux Pays-Bas. C’est lui qui, le 4 mai 1626, acheta l’île de Manhattan pour 60 florins a ux Indiens Mohawk. 5 Compagnie d’Ostende (1715-1732).

Le 05/08/1719, achat par Godefroid de Merveille à un souverain indien local d’un territoire au sud de Madras (auj. Chennai) sur la côte de Coromandel. Lieu baptisé Cabelon ou Sadatpatnam (maintenant : Covelong)

1794 - Cabelon (Indië / Inde)

1626 - Nova Belgica (USA) / Pierre Minuit achète Manhattan aux Indiens Mohawk

Magnette F., Les Wallons et la fondation de New-York (1), in: VW, 1, 1938, p.5-16

 

 

De quelle espèce de Wallons s’agit-il? Il faut entendre ici par Wallons des hommes origi­naires des anciens Pays-Bas du Sud, ceux qu’il faut distinguer, alors comme aujour­d’hui, des Flamands de la Flandre, de la région anversoise, et à plus forte raison des habitants des provinces du Nord, de la Néerlande actuelle. On verra bientôt qu’il s’agira plus spécialement de Wallons de cette partie de l’ancien Hainaut qui, dans la seconde moitié du xvii » siècle, conquise par les armées de Louis XIV, fit désormais partie du royaume de France, sous l’appellation de Hainaut français.

L’idée de rechercher quelle avait pu être la part de Belges wallons dans la fondation de New-York nous était venue, il y a quelques années, en 1924, quand notre attention avait été attirée alors que la célébration dans différentes villes des Etats-Unis du centenaire de la fondation, par des émigrés venus d’Europe, d’un établissement destiné à être un jour le centre principal de l’Amérique du Nord. Les Américains, comme nous l’apprenaient

 

(1) Reproduction   légèrement   modifiée   d’une   conférence   faite   devant   les membres de l’Institut archéologique liégeois, le 24 septembre  1937.

 

(p.6) d’intéressants articles de presse, voulaient commémorer, cette année-là, l’arrivée d’un groupe de « Huguenots-Wallons », comme ils les appelaient, sur l’emplacement de l’actuelle New-York. Notre curiosité étant ainsi déjà éveillée, nous reçûmes quelques mois plus tard, d’un ami liégeois établi là-bas, une élégante plaquette illus­trée, relatant les solennités qui s’étaient déroulées aux Etats-Unis et où l’on faisait l’histoire de l’établissement d’émigrants hollan­dais, d’une part, et de Belges wallons, d’autre part, sur les bords de l’Hudson. Détail typique, nous apprenions qu’en souvenir de ces pelgrims ou pèlerins de chez nous, un peu de terre wallonne avait été déposée en un petit édicule érigé à l’extrémité de l’ancienne presqu’île de Manhattan, noyau primitif de New-York.

N’y avait-il pas là de quoi étonner un peu ceux qui n’avaient aucun soupçon de cette participation belge à la naissance de la gigantesque métropole américaine? Ajoutons que l’on précisait la nationalité originaire de ces Wallons : c’étaient des familles de la région d’Avesnes en Hainaut, et l’on citait même le nom du chef de ces émigrants, un de Forest, d’Avesnes.

Qu’y avait-il de vrai, de certain, de prouvé dans cette coloni­sation wallonne ainsi affirmée; ou du moins comment avait-on pu arriver à cette affirmation, cadrant si peu avec ce que chacun pou­vait savoir, que la New-York d’à présent s’était substituée à la New-Amsterdam, lorsque les Anglais s’emparèrent de tout ce que les Néerlandais, ou Hollandais, possédaient sur les rives orientales de l’Atlantique?

Il y a là un problème d’histoire coloniale qu’il y avait intérêt à vouloir élucider malgré le côté parfois malaisé des recherches en présence de contradictions dans les renseignements fournis par les auteurs.

 

* * *

 

Comme c’est le cas pour tant de sujets d’histoire, il y a ici une donnée traditionnelle, admise longtemps sans conteste; puis il y eut l’examen critique des faits, et l’on arrive sinon à une thèse absolument opposée à la première, tout au moins à un compromis entre la tradition et la réalité, à une mise au point la plus objec­tive possible.

Quelle a donc été, tout d’abord et pendant longtemps, l’opi­nion admise en une matière qui a le droit de nous intéresser spé­cialement? C’est que les vrais fondateurs de la ville de New-York étaient des Hennuyers, conduits, comme nous l’avons déjà indiqué plus haut, par un Jesse de Forest, natif d’Avesnes.

Où trouvons-nous cette thèse? Dans une communication faite (p.7) en 1891 à la Société de Géographie de Paris par M. Virlet d’Aoust, thèse reprise et appuyée plus tard, en 1898, par un érudit belge, M. A. de Behault de Dornon, qui publia dans les Annales de la Société archéologique de Mons une étude intitulée : Le petit-fils d’une Montoise, fondateur de New-York.

Qui était ce Jesse (ou Jessé) (2) de Forest? La famille de Forest était celle de riches négociants drapiers, répandue dans le pays de Hainaut, à Bavai, à Valenciennes, à Douai, à Mons, etc. Elle était d’origine seigneuriale. Le premier de Forest connu, Melchior, épousa en 1533 une héritière fortunée de Mons, Mme de Fosset. L’un de ses petits-fils fut notre Jesse ou Jessé, né vers 1575. On nous représente celui-ci comme doué d’une vive intelligence, d’un carac­tère plein de fermeté, et, ce qui est doublement à noter, comme ayant épousé le goût de son époque pour les voyages et ayant tôt nourri secrètement un projet d’établissement en Amérique. Mais il lui fallait pour réaliser ce plan d’abondantes ressources. Les trouva-t-il, c’est possible, mais nullement certain, à en croire ses récents biographes. Le père de Jesse avait, à Avesnes, embrassé la religion protestante. Il dut pour cela quitter sa terre patriale et on le retrouve, après 1598, installé à Sedan, centre de réformés, où il se consacra à la fabrication, au commerce et à la teinture des draps de laine. Son fils épouse une Sedanaise. On le perd de vue pendant un certain temps. On sait cependant qu’ayant liquidé la maison paternelle, il s’installe à Leyde (3) en Hollande. Sa situation maté­rielle semble avoir été précaire, ce qui raviva en lui le désir d’aller chercher meilleure fortune sur le nouveau continent d’outre-Atlantique.

C’est maintenant que nous nous trouvons devant des exposés de faits bien peu concordants.

Si nous suivons toujours Virlet d’Aoust et de Behault de Dornon, nous apprenons qu’en 1621 Jesse retourne à Avesnes pour y recruter des colons, agriculteurs et artisans, au nombre de plus de 300, non compris les femmes et les enfants. Il leur donne rendez-vous à Anvers. On part joyeusement. On aborde après une heureuse traversée, au printemps de 1623, à la côte américaine, à l’extrémité de l’île de Manhattan sur l’une des rives du fleuve, appelé aujour­d’hui Hudson. Ce fut sur cette île, ou plutôt presqu’île en partie

 

(2) Jessé est un nom biblique : Jessé ou Isaï, petit-fils de Booz et de Rutli et père de David, qui fut sacré roi par Samuel.

(3) Leyde était devenu le principal centre de réfugiés ayant fui la rigueur des lois de répression décrétées contre les réformés des provinces du Sud. Une colonie particulièrement importante était formée de réfugiés wallons et français.

 

(p.8) marécageuse, que les Hennuyers s’établirent à demeure, créant ainsi le premier noyau de la future New-York. Jesse de Forest, nous dit-on, serait mort trois ans après, en 1626. Il laissait heureuse­ment des fils pour continuer son œuvre de colonisation.

A en croire toujours Virlet d’Aoust, les émigrés du Hainaut auraient donné à leur établissement le nom de Neuf-Avesnes. M. de Behault croit pouvoir déduire de ses propres recherches que tout cela est véridique. Il apporte cependant certaines précisions qui le font toucher de plus près à la réalité : il nous apprend qu’à la fin de 1623, alors que de Forest était déjà installé avec ses com­patriotes à Manhattan depuis huit mois, 30 familles émigrèrent à leur tour sur ces terres que nos Wallons, auraient, dès 1624, appe­lées Nouvelle Belgique. L’auteur conclut à son tour : « II est donc bien établi que Jesse de Forest fut le fondateur de New-York. »

Voilà donc la thèse. Quelle part de vérité contient-elle, c’est ce qu’il est utile de rechercher, d’autant plus qu’un érudit d’Avesnes même vient de réduire à néant les conclusions des deux auteurs précités.

 

* * *

 

Il convient de reprendre d’un peu plus haut l’histoire de cette colonisation, wallonne ou pas wallonne, et de s’efforcer d’attribuer à chacun ce qui lui revient.

Les premiers en date des colonisateurs des Amériques furent, on le sait, les Espagnols et les Portugais, ceux-ci, par hasard, ayant occupé quelques points de la côte du futur Brésil. On se doute bien que l’esprit de rivalité et de concurrence autant politique que com­merciale poussa bien vite d’autres peuples européens à la poursuite de domaines transocéaniques. L’Orient et l’Extrême-Orient asia­tiques leur étant déjà pour ainsi dire fermés, c’est vers la Guinée africaine, mais surtout vers celles des côtes orientales, atlantiques, de l’Amérique, non encore tombées sous la dépendance des conquistadors d’Espagne, qu’ils portèrent leurs regards. C’est ainsi qu’on trouve des Français en Floride dès 1582, que des Anglais occupent la Virginie, dès 1584.

Les Hollandais et les Belges vont bientôt suivre leurs traces. Les premiers ne possédaient pas encore de colonies. Mais, à partir du début du xvir3 siècle, ils vont réaliser quelques progrès dans ce qu’on appelait déjà les Indes occidentales, c’est-à-dire les Antilles et l’Amérique du Nord. Les Etats-Généraux vont se servir, pour encourager les initiatives des particuliers, du même moyen qu’au­paravant les rois de Portugal et d’Espagne, nous voulons dire l’oc­troi de concessions à des Compagnies. Aux Hollandais se mêlèrent (p.9) des Belges, autrement parler des gens des provinces du Sud, les Pays-Bas espagnols : des Anversois, des Yprois, un Tournaisien, des Brabançons. Il est ici un nom qu’il faut citer, celui d’un Anver­sois, Willem Usselinx, dont le rôle et la remarquable activité vien­nent d’être lumineusement mis en relief par M. Michel Huis-man (4). Homme aux initiatives hardies et aux larges vues en matière de colonisation, il travailla à obtenir des autorités néer­landaises des privilèges de navigation et d’exploitation dans les terres américaines. Il ne réussit que tardivement et après mille démarches à gagner les Etats-Généraux à son projet de créer une Compagnie des Indes occidentales, comme il en existait déjà une, depuis 1602, pour les Indes orientales.

En attendant, en 1609, la susdite compagnie chargeait l’An­glais Hudson de rechercher le fameux passage du Nord-Ouest vers l’Asie. L’explorateur n’y réussit point, mais cela lui donna l’occa­sion de fouiller les côtes du continent américain entre les 38° et 42° Lat. Nord; et c’est ainsi que, le 3 septembre de cette année 7609., Hudson aborde à l’embouchure d’un fleuve (déjà aperçu autrefois par des Français) qu’il reconnut jusqu’à la ville actuelle d’Albany et qu’il appela la « Rivière des Montagnes ». Ce fleuve porta plus tard son nom : c’est celui qui traverse l’immense agglomération new-yorkaise. L’année suivante, en 1610, d’autres Hollandais, aven­turiers-marchands (merchant-adventurers) exploitent cette décou­verte et s’installent à l’île Manhattan, où ils érigent une factorerie, et obtiennent même pour quatre ans un privilège d’exploitation. Tout cela est d’importance pour nous, puisque cela permet de poser ce fait que ce furent des Hollandais et non des Wallons de Neer-lande qui occupèrent les premiers en date l’emplacement de la future grande cité américaine (5).

Nous ne savons ce que devint ce premier établissement d’Euro­péens. Il est à supposer qu’il ne fut que passager; en tout cas, l’intérêt pour ces régions était éveillé. Aussi que vit-on? D’autres Néerlandais obtinrent, en 1614, concession d’octroi d’une compa­gnie, la Compagnie van Niew-Nederlandt, avec monopole jusqu’en 1617, et l’on voit un nommé Christiansen élever de nouveau dans l’île de Manhattan un poste qu’il dénomma « Nieuw-Utrecht ».

Mais, malgré sa prospérité naissante, cette Compagnie dut

 

(4) M. huisman, Willem Usselinx, un propagandiste colonial (extrait de la Biographie nationale, tome XXV, 1932, 20 pages).

(5) Le territoire situé entre les 40° et 45° Lat. N. fut érigé par les Etats-Généraux en province, avec droit pour la compagnie possédante d’avoir une armoirie spéciale : c’était un écusson portant un castor et entouré de ces mots curieux : Sigillum Novi Belgii.

 

(p.10) céder la place à plus puissante qu’elle-même. En effet était inter­venu W. Usselinx. Il avait enfin pu mettre debout, nous l’avons laissé prévoir, une Compagnie des Indes occidentales (West-lndi-sche Compagnie} au capital de 3 millions de florins. Nous sommes en 1617. Il fallut cependant attendre 1621, car ce n’est qu’alors que les Etats-Généraux confirmèrent officiellement l’existence de la Compagnie, avec droit de navigation depuis l’extrémité méri­dionale de Terre-Neuve jusqu’au détroit de Magellan! Le territoire de l’Hudson (la Nouvelle-Neerlande) se trouvait donc entièrement englobé dans celui concédé à la grande compagnie, qui pendant vingt-cinq ans a joué le rôle principal dans l’expansion coloniale néerlandaise (6).

Mais, nous dira-t-on, que deviennent dans toutes ces tracta­tions nos Belges wallons? C’est ce que nous allons voir.

 

* * *

 

Un rapprochement s’impose entre la personnalité éminente de W. Usselinx et celle de Jesse de Forest.

Les idées d’Usselinx en matière coloniale, fort en avance sur son époque (7), eurent une influence décisive sur les hommes ce aventureux » parmi les nombreux réfugiés flamands, anglais ou wallons qui s’entassaient dans les principales villes des Provinces-Unies; et si les Pilgrims se dirigèrent vers la Nouvelle-Angleterre et si des émigrants belges se rendirent un jour dans l’île de Man­hattan, Usselinx fut l’initiateur de ce mouvement. Etant lui-même belge et de plus calviniste, il est évident qu’il a dû entrer en rela­tions directes et intimes avec ses compatriotes et ses coreligion­naires et tout spécialement avec Jesse de Forest, qui avait, nous le savons, formé le projet d’engager des familles belges à s’établir dans le Nouveau-Monde. Nous savons aussi qu’on a voulu voir en lui le véritable fondateur de New-York.

Que fait-il? Après avoir recruté dans le Hainaut des artisans de tout métier et leur avoir donné rendez-vous à Anvers, il adresse,

 

(6) vander linden et delannoy, Histoire de l’expansion coloniale des peuples européens. Tome II, Néerlande et Danemark, Bruxelles, 1911.

(7) « II songeait à l’établissement de nouvelles colonies et de nouvelles républiques où des provinces pourraient se mettre au travail comme agricul­teurs ou mineurs, à la formation de nouvelles communautés basées sur des prin­cipes de justice et d’autonomie s’efforçant de gagner la confiance des indi­gènes et de les éduquer dans les arts de la civilisation. » (H. lafontaine, Novum Belgium, Ce que l’Amérique doit au peuple belge. Dans Le Flambeau, 1923.) Cf. M. huisman, op. cit., p. 10.

 

(p.11) en juillet 1621, à l’ambassadeur d’Angleterre à La Haye, Sir Dudley Carlton, une requête dans laquelle il demandait pour une soixantaine de familles, tant wallonnes que françaises (en réalité tous Wallons) l’autorisation d’établir une colonie… en Virginie, colonie anglaise, ce qui n’était pas précisément le territoire de l’Hudson, le Nieiv-Nederlandt. Les 56 signataires de la pétition représentaient un total de 229 personnes, leurs noms nous sont connus : ils portaient bien la marque wallonne (8).

De Forest n’eut aucun succès auprès de la Compagnie de Vir­ginie. Que fait-il alors? La même année 1621, venait de se créer la Compagnie des Indes occidentales. Notre homme se retourne du côté de la compagnie hollandaise. En août 1622, il obtient l’auto­risation de partir. En juillet 1623, il se mit en route avec un petit groupe de compagnons, aux noms, toujours bien français (Louis Le Maire, Bartb. Digan, Anth. Descendre, Anth. Beaumont, Jehan Godebon, Abr. Douillers, Dominique Masure, Jehan et Gilles Daynes, Jeh. Moustier de la Montagne), pour s’enquérir d’un éta­blissement qui pût devenir définitif. Or, cet établissement, ces hommes le cherchèrent et crurent le trouver… sur la côte de la Guyane, sur les bords de l’Oyapok. Jesse de Forest renvoya plu­sieurs de ses compagnons, lui-même restant sur place avec Louis Le Maire et Moustier de la Montagne. Mais, — et ceci est natu­rellement de nature à prouver que l’Avesnois ne fut en rien le fon­dateur de la colonisation wallonne ou hollande-wallonne sur l’Hudson, — de Forest mourut, probablement des suites d’un coup de soleil, le 22 octobre 1624, et ses collaborateurs furent rapatriés aussitôt.

Cette mort en Guyane, nous l’avions déjà vu relatée, en com­pulsant les travaux de de Borchgrave (8) et de H. Lafontaine. Aucun doute ne nous paraît plus possible depuis qu’a paru, il y a peu de temps, un livre qui épuise la question. Il a pour auteur un érudit d’Avesnes, M. Peltrisot et le titre en est : fessé de Forest, Avesnois, et la fondation de New-York (1936, Avesnes, 60 pages

(8) Citons-en quelques-uns : Jan Damont, laboureur; Jan Gille, laboureur; Abel de Crepy, ouvrier de !a navette; Henry Lambert, drapier de drap; Polie de Pasar, tiseran; Mari Filip, au nom de son mari munier; Thomas Farnacque, serurier; Martin Framerie, musicien; Pierre Quiesnier, brasseur; Pontus le Geay, faisseur d’estamin; Barthélémy Digand, soyeur de bois; P. Gautois, étudiant en théologie; Mousnier de la Montagne, estudient en médecine, etc., etc.

 

(8) La part des Belges dans la fondation de New-York, dans le Bulletin île la Société des Etudes coloniales, 1913.

 

(p.12) Nous ne pouvons nous dispenser de reproduire ici, en partie, ce que nous en dit un publiciste (Revue du Nord, t. XXII, n° 87, août 1936) :

«… C’est aux descendants mêmes de Jesse de Forest que nous devons la mise au point la plus objective. Trois d’entre eux, sur­tout, ont consacré un labeur inlassable à des recherches dans les fonds les plus variés, et il en est résulté quatre ouvrages d’une incontestable valeur scientifique : Les de Forest d’Avesnes et la Nouvelle-Hollande, publié en 1900 par John W. De Forest; — Le Tricentenaire de New-York et The Settlement of Manhattan in 1624, par Louis Effingham de Forest et Une Famille wallonne en Amérique, paru en 1914, œuvre de M » »‘ Emely Johnston de Forest. Ce sont ces ouvrages, entre autres, qui ont servi à l’attachante mise au point que M. Peltrisot offre aujourd’hui aux Avesnois. »

Suit un aperçu de la vie de Jesse de Forest, jusqu’au moment où il se vit confier la mission d’explorer la côte de la Guyane en vue d’une émigration ultérieure et où il mourut (le 22 octo­bre 1624). « Ces faits indiscutables, relatés au Journal de voyage de l’expédition, prouvent que /. de Forest ne fut pas le fondateur de New-York. » Mais, en revanche, et pour des raisons que nous ne pouvons reproduire ici, il doit être reconnu que « si donc il n’eut pas la joie de mener à bien l’entreprise colonisatrice qu’il avait rêvée, du moins peut-on lui en réserver l’honneur d’en avoir été l’instigateur. »

Comment expliquer cette opinion, alors que les auteurs con­sultés par nous, outre M. Peltrisot, sont d’accord pour affirmer que l’Avesnois ne vint jamais lui-même à la Nouvelle-Néerlande?

Pour ce faire, il faut se poser la question : qu’advint-il de ceux qui, à l’initiative de Jesse, avaient signé la pétition que nous con­naissons? Ici, nous sommes plus exactement renseignés.

Ces gens n’étaient pas restés inactifs. Ne voyant pas revenir Jesse et ses compagnons et ne voulant pas attendre, ils furent assez heureux d’obtenir des Etats de Hollande qu’on appareillât un navire de 250 tonnes, appelé Nieuw-Nederlandt. Ce résultat était dû à l’instigation de la Compagnie des Indes occidentales, laquelle avait décidé de coloniser définitivement sur les bords de l’Hud-son une région qui jusque-là n’avait connu que des occupants passagers.

Au commencement de mai 1624, le bâtiment fit voile pour l’Amérique. Si le capitaine, Cornélis-Jacob May (ou Meyer) et son second, Adrian Joris, étaient néerlandais, ils amenaient avec eux, — et ceci devient pour nous du plus vif intérêt —, 30 familles, la plu­part wallonnes, dont on a pu heureusement conserver quelques (p.13) noms : en effet de documents et de rapports américains, il semble bien acquis qu’au moins la moitié des signataires de la pétition connue de juillet 1621 furent parmi ceux qui firent voile vers la Nouvelle-Belgique (Novum Belgiurn) de l’Hudson (10).

Ce ne fut pas sans peine que les nouveaux colons purent débar­quer, car il se fit qu’un navire venu de France se trouvait juste­ment ancré dans ces parages. Heureusement un autre navire armé, hollandais celui-ci, fit déguerpir les Français. Le capitaine May laissa 8 familles d’émigrants à l’embouchure de l’Hudson, à Manhattan. Avec 18 autres familles, il remonta le fleuve et les installa près de l’endroit où se trouve aujourd’hui la ville d’Albany et où l’on bâtit le fort dit d’Orange. D’autres Belges s’établirent dans Long-Island, en face de New-York, et, chose à relever, dans une baie qui, à cause de leur présence, reçut le nom de Wohle Borghs (== golfe wallon), nom qui s’altéra et devint Wallabout. D’autres encore débarquèrent vers l’Est, dans le Connecticut. Un autre groupe encore, venu de la rivière du Sud, dans la Delaware, construisirent un fort près de Gloucester (Etat de New-Jersey), non loin de Philadelphie.

Que conclure de ce qui précède? Tout d’abord, et encore une fois, que Jesse de Forest ne participa en rien, personnellement, à l’installation d’émigrants wallons en 1624 sur les côtes de l’Amé­rique du Nord, plus spécialement à New-York, mais que tous ses actes, ses projets, ce qu’il fit ou essaya de faire permettent simple­ment de voir sans doute en lui, comme son dernier biographe, M. Peltrisot, a cru pouvoir l’écrire, l’instigateur, le précurseur de l’entreprise colonisatrice qu’il n’eut pas la chance de mener à bien. Ensuite, l’élément d’origine française ou wallonne, c’est-à-dire non spécifiquement néerlandaise ou hollandaise, fut certainement pré­pondérant, du moins dans les débuts, et c’est ce qu’il importait de montrer. Enfin, on ne peut cependant vouloir trop exagérer cette participation wallonne, car qu’auraient pu faire nos braves Hen-nuyers, à quoi auraient-ils pu aboutir sans l’aide et la coopération indispensables des Hollandais, et cela sous les formes les plus diverses : création de la Compagnie des Indes occidentales; auto­risation et octroi de colonisation par les Etats-Généraux et par les Etats de Hollande; armement d’un bateau hollandais, portant le nom de Nieuw-Nederlandt et voguant vers un territoire qui avait

 

(10) Citons : De la Montagne, Du Four, le Rou, Le Roy, Du Pon, Ghiselin, Cornille, de Thou, de Crcnne, Damon, Campion, de Carpentier, Gille, Catoir, de Croy, Maton, Lambert, Martin, Gaspar, d’autres encore.

 

(p.14) déjà été reconnu et occupé antérieurement par des gens venus des provinces du Nord, territoire appelé lui aussi Nieuw-Nederlandtl1 II est prouvé que fausse est l’affirmation de certains que le pre­mier établissement de Belges aurait porté le nom de Neuf-Avesnes. Il s’est appelé officiellement et pendant longtemps New-Amster­dam, jusqu’au moment où les Anglais, ayant, en 1664-1674, établi dans ces parages leur suprématie, New-Amsterdam devint la New-York d’aujourd’hui.

La vérité est certainement qu’il y a eu mélange, ou si l’on aime mieux, coopération de deux éléments ethniques : l’un fran­çais-wallon, l’autre néerlandais ou flamand des provinces du Sud. Nous avons déjà parlé du rôle réellement d’initiateur de l’Anversois W. Usselinx. Qui voyons-nous maintenant appelés à la direc­tion, économique et politique, du Novum-Belgium, autre titre donné à la colonie? May ou Meyer, déjà cité, puis W. Verhulst, puis, en 1625, une autre individualité beaucoup plus connue : Pierre Minnewyt ou Minuit, d’origine allemande, fils d’un protes­tant belge, réfugié aux Pays-Bas, et habitué, apprenons-nous, à parler concurremment le wallon ou le flamand. — Mais, d’autre part, que constatons-nous? Parmi les 5 hoopman, ou comptables du Conseil de direction de la colonie naissante, un Wallon, Isaac de Raisières, i™ hoopman et secrétaire de la colonie. Si, après P. Minuit, il faut citer, comme organisateurs premiers du Nieuw-Nederlandt, l’Anversois Cornélis Melyn, puis le Brabançon Adr. van der Donck, on peut citer, comme premier médecin ayant résidé à New-Amsterdam, le Français wallon Johannès de la Montagne. Parmi les membres de la « Collégial Church », la première église du culte réformé ouverte outre-Atlantique, on en trouve beaucoup dont la nationalité d’origine est bien apparente : de Forest (remar­quons ce nom), de la Montagne, du Trou, Dufour, La Ney, Lesquir, de Rapalie, Vigne.

Mais arrêtons là ces constatations, d’autant plus que la ques­tion de savoir quel a été l’apport des Wallons se confond avec cette autre, plus large, qui consiste à connaître quel fut l’apport des Belges en général, ce qu’il n’a pas été dans notre intention d’exa­miner dans ces quelques pages.

Nous pourrions donc en rester sur les conclusions que nous avons cru pouvoir tirer de l’exposé des faits. Mais un complément s’impose à cet exposé, parce qu’il nous apportera la confirmation de la conviction où l’on est aux Etats-Unis que New-York est née de l’établissement sur les bords de l’Hudson et sur l’île de Manhat­tan de Wallons, et plus exactement de Wallons-Huguenots, à partir de l’année 1624. Et de là les cérémonies du Tricentenaire de New-York en 1924, auxquelles nous avons fait allusion au début de cette étude. Naturellement les Belges et les Américains de la république étoilée ont vu et exalté, en ces Wallons, des protestants. On com­prend parfaitement ce désir et ce sentiment, mais notre point de vue est autre, il est simplement « wallonisant » si l’on veut.

Un fait va nous frapper, c’est la place qui fut réservée au cours de ces cérémonies à des de Forest, à des descendants authentiques de l’ancêtre Jesse ou Jessé d’Avesnes. On ne peut en conclure qu’une chose, mais elle est à noter, c’est qu’à défaut de l’ancêtre, les héritiers de son nom ont dû émigrer et s’installer à New-Amsterdam, puisqu’ils y ont fait souche. Nous lisons dans une étude de M. le pasteur A . Rey consacrée aux Emigrants wallons de 1674, les lignes que voici : « De la famille de Forest, il est peu probable qu’aucun membre ait voulu quitter Leyde pour une terre lointaine aussi longtemps que son chef n’était pas rentré (de Guyane) ou qu’on n’était pas fixé sur son sort. Le fait est que ce n’est qu’en 1636 que Rachel de Forest épousa le jeune compagnon de son père, Mousnier de la Montagne, et partit avec lui et ses deux frères, Henri et Isaac, pour la colonie de New-Amsterdam que leurs descendants ne quittèrent plus. » Que conclure, sinon, comme d’aucuns l’ont pensé, qu’en réalité, à défaut de la Virginie, c’est bien dans le Nieuw-Nederlandt que, dans sa pensée intime et première, Jesse avait vu le pays où ses compatriotes et coreli­gionnaires, réformés, pourraient se refaire une patrie, au sein de laquelle ils auraient le bonheur de vivre et de prospérer, loin de tout fanatisme politique et religieux. N’ayant pu réaliser lui-même son projet, et c’est cela qui reste pour nous un mystère, ses enfants et petits-enfants ont dû considérer comme leur devoir de s’ériger en héritiers de sa pensée. C’est tout ce que l’on peut présumer…

 

* * *

 

Nous ne pouvons penser un instant ne serait-ce qu’à donner ici un résumé des fêtes qui se déroulèrent, au cours de l’année 1924, dans plusieurs villes des Etats-Unis, puis à Bruxelles, à Mons, et à Avesnes, la patrie de Jesse de Forest. Chacun pourra facilement en lire le détail dans une série de notices qui ont été publiées dans le Bulletin de la Société d’Histoire du Protestantisme belge (2° série, , pages 161 à 195) (11).

 

(11) Faisons remarquer que plusieurs des clichés illustrant ces notices ont été prêtés par notre Musée de la Vie wallonne, entre autres celui représentant les répliques du coffret en cuivre et de l’enveloppe en plomb ayant servi à envoyer à New-York de la terre wallonne et un parchemin.

 

(p.16) Nous retiendrons simplement ces quelques faits, parce qu’ils sont bien dans le cadre du sujet que nous avons voulu traiter en ces pages. La célébration du Tricentenaire de New-York fut entreprise par un comité institué par le Conseil fédéral des églises du Christ en Amérique (The Huguenot-Walloon New-Netherland Commis­sion); or, le président général de ce comité fut M. Robert W. de Forest, un descendant direct de Jesse de Forest. Le 19 mai avait lieu l’inauguration du monument commémoratif offert par la pro­vince du Hainaut. A la fin du discours prononcé par l’ambassadeur de Belgique (M. Cartier de Marchienne), le grand drapeau belge qui recouvrait la stèle de pierre fut amené par la petite Priscilla Mary de Forest, âgée de trois ans, descendante de Jesse de Forest à la neuvième génération.

Et pour finir, veut-on savoir ce qu’on put lire sur la stèle de pierre, gravé en lettres bien apparentes?

Offert à la Ville de New-York — Par le Conseil Pro­vincial de Hainaut — En mémoire des Colons belges — Qui arrivèrent — En Amérique sur le Nieve Nederlandt — Sous — La Conduite de Jesse de Forest, d’Avesnes — Alors appartenant — Au Hainaut — L’une des XVII Pro­vinces.

Voilà donc qu’en 1924, on rendait publique et quasiment offi­cielle la tradition favorable à l’ancêtre Jesse de Forest. Nous voilà en 1938 : oserait-on encore en soutenir la validité?

 

Banquibazar (Inde)

1727 : Banquibazar (/Hidsiapour), près de Calcutta

Bangladesh

6 comptoirs : Dacca (auj. au Bangla Desh), Danemarnagor, …

Île de Brabant / Tristan da Cunha (UK)

1781 : Compagnie asiatique – sur l’Ile de Brabant (auj. Tristan da Cunha)

Santo Tomás de Guatemala (Guatemala)

Santo Tomás de Guatemala (09/11/1841) (p.107) échec : cette concession fut rachetée par l’UFC (United Fruit Cy) qui y établit des plantations de bananes qui étaient à l’époque parmi les plus grandes du monde. NB L’un des descendants des colons belges, Oscar Berger, est devenu bourgmestre du Guatemala, et, en 2004, président du pays.

1841 - Santo Tomas (Guatemala)

Santo Tomas (Guatemala)

colonel De Puydt

drapeau de Santo Tomas avec une ruche symbolisant le pays du lait et du miel

Santo Tomas - place de la Belgique

La colonie belge du Guatemala

P(aul) V(aute), in: LB 23/01/1997

Martial Cloquet dans l'enfer du Guatemala

(VA 13/08/2018)

Santa Catarina do Brasil (Brésil)

(p.108)

Santa Catarina do Brasil (1842-1875) (p.119) toponymie actuelle : avenue Ricardo P. Maes Rua Pedro Castellain

1842 - Santa Catarina do Brasil, colonie belge

Rio Nunez (Sénégambie)

Rio Nunez (1848-1858) (Sénégambie)

1848 - des Belges à Rio Nunez

Villaguay (Argentine)

(p.139) (p.161)

Villaguay (Argentine) (1882-)

1882 - des Belges à Villaguay en Argentine

(25 colonies, op. citat.)

Eugenio Schepens, fondateur de la colonie belge à Villaguay (25 colonies, op.citat.)

Villaguay – statue en l’honneur de la colonie belge sur la Plazoleta de los Belgas (25 colonies, op.citat.)

Congo

1885-1960 Congo (p.177)

Lado Méridi (Soudan, Ouganda)

Lado Méridi (Soudan, Ouganda) (1897-1910) (p.275)

Bahr Al Ghazal (Soudan)

expéditions au Bahr Al Ghazal (Soudan) (1892-1894) (p.307)

Lado (Soudan, Ouganda)

enclave de Lado (Soudan, Ouganda) sur le Nil Blanc (jusqu’en 1907)

Antarctique

Antarctique (1897-) toponymie : (p.344 ; 349 ; 350) Île du Brabant Détroit de Gerlache (= Gerlache Strait) Monts Solvay, Osterrieth (ces deux derniers proviennent de noms de deux familles de sponsors)  Monts Belgica  Monts Reine Fabiola Baie du roi Léopold III

19 expédition antarctique belgo-néerlandaise (1963-1965, 1965-1967) (p.352).

Thierryan Territory (Nouvelle-Zélande)

18 Nouvelle-Zélande A propos du baron de Thierry (Graven (Brabant)) Thierryan Territory (76 000 ha) (1822). (p.77)

Les prétentions de ce baron à partir de ce territoire sur tout le territoire néo-zélandais provoquèrent le Traité de Waitangi en 1840, signé par la plupart des chefs Maoris. La Grande-Bretagne fut ainsi poussée à coloniser ce pays. (p.81)

1800s - Nieuw-Zeeland / Nouvelle-Zélande : Hokianga, hoofdplaats van / chef-lieu du ThierryanTerritory

1853 : des Belges en Nouvelle-Zélande: Baron de Thierry

(25 colonies, op.citat.)

Rwanda-Burundi

Rwanda-Burundi (1917-1962) (p.361)

Tsientsin / Tianjin (Chine)

Tsientsin : concession (1902-1929) (p.385)

 

 

Notamment:

1 les Açores (Ilhas dos Açores) (p.14) <  Ilhas Flamencas 2 1/1/1451 : fondation de la colonie de Vila da Praia par « Jácome de Bruges » (au service du Portugal) avec, au fil du temps, quelques centaines de Flamands

 

(p.16) 3 Iles Canaries (2e moitié du 16e s.) (au service de l’Espagne) (p.28) arrivée de centaines de Flamands, en fait des gens du Hainaut, de Liège et du Brabant

 

4 des Wallons à Nova Belgica dès le 04/05/1626 (île de Manhattan) = tous des Néerlandais méridionaux (p.40) Plus tard : installation à Staten Island, Ha(a)rlem) En raison des guerres de religion qui faisaient rage aux Pays-Bas au XVIe siècle, de nombreux habitants cherchèrent leur salut dans l’émigration. Les catholiques s’enfuirent, e.a., vers les îles Canaries. Les protestants s’en allèrent principalement vers les Pays-Bas d’où ils partirent parfois plus loin, vers les possessions néerlandaises en Inde, en Afrique ou en Amérique. Par le biais des compagnies citées dans le paragraphe précédent, les Néerlandais établirent des colonies sur presque tous les continents à cette époque. Cependant, l’une d’entre elles porte une estampille « belge » avant la lettre, à savoir : la colonie Nova Belgica. Celle-ci est également appelée « Nouveaux Pays-Bas ». Les deux synonymes sont employés sans distinction. Ils désignent la région correspondant à peu près aux actuels Etats américains du Connecticut, de New York, du New Jersey, de Pennsylvanie et du Delaware. Presque toutes les initiatives qui menèrent à la colonisation de cette région peuvent être mises sur le compte des Wallons (et de quelques Flamands). (Pour plus de commodité, la suite du texte ne parle que des Wallons étant donné qu’il s’agissait du groupe le plus important. Cependant, le terme de « Wallons » regroupe tous les Néerlandais méridionaux.) En 1608, l’Anversois Emmanuel Van Meeteren convainquit le célèbre capitaine anglais Henry Hudson de mener une expédition néerlandaise. Lors de ce voyage, Hudson découvrit un lieu de mouillage « intéressant ». Qui aurait pu penser qu’à cet endroit s’élèverait plus tard l’une des plus célèbres villes du monde, New York? L’aspect intéressant de ce lieu n’était pas uniquement le port naturel assez abrité mais aussi et surtout les Indiens amicaux qui y vivaient et leur très intéressante marchandise : la fourrure. Un deuxième navire accosta en 1611, dirigé par l’Anversois Vogels. En 1615, deux Néerlandais fondèrent la « Nieuw Nederlandse Compagnie » (Nouvelle Compagnie  néerlandaise) qui se vit octroyer endant 3 ans (p.41) le commerce de la fourrure en Amérique. (…) En 1623, les premiers colons (trente familles) partirent pour l’Amérique (voir timbres commémoratifs US post de 1923). La plupart étaient des huguenots wallons et français. (…) Ils fondèrent les Nouveaux Pays-Bas mais étant donné l’implication de nombreux Wallons, la région fut également appelée Nova Belgica. (…) En 1625, Pierre Minuit, qui venait de Ohain dans le Brabant wallon, devint gouverneur des Nouveaux Pays-Bas. C’est lui qui, le 4 mai 1626, acheta l’île de Manhattan pour 60 florins a ux Indiens Mohawk. 5 Compagnie d’Ostende (1715-1732) Le 05/08/1719, achat par Godefroid de Merveille à un souverain indien local d’un territoire au sud de Madras (auj. Chennai) sur la côte de Coromandel. Lieu baptisé Cabelon ou Sadatpatnam (maintenant : Covelong)

 

  1. 1727 : Banquibazar (/Hidsiapour), près de Calcutta

 

  1. 6 comptoirs : Dacca (auj. au Bangla Desh), Danemarnagor, …

 

  1. 1781 : Compagnie asiatique – sur l’Ile de Brabant (auj. Tristan da Cunha)

 

9 Santo Tomás de Guatemala (09/11/1841) (p.107) échec : cette concession fut rachetée par l’UFC (United Fruit Cy) qui y établit des plantations de bananes qui étaient à l’époque parmi les plus grandes du monde. NB L’un des descendants des colons belges, Oscar Berger, est devenu bourgmestre du Guatemala, et, en 2004, président du pays.

 

(p.108) 10 Santa Catarina do Brasil (1842-1875) (p.119) toponymie actuelle : avenue Ricardo P. Maes Rua Pedro Castellain

 

11 Rio Nunez (1848-1858) (Sénégambie)

 

(p.139) 12 Villaguay (Argentine) (1882-) (p.161)

 

13 1885-1960 Congo (p.177)

 

14 Lado Méridi (Soudan, Ouganda) (1897-1910) (p.275)

 

15 expéditions au Bahr Al Ghazal (Soudan) (1892-1894) (p.307)

 

16 enclave de Lado (Soudan, Ouganda) sur le Nil Blanc (jusqu’en 1907)

 

17 Antarctique (1897-) toponymie : (p.344 ; 349 ; 350) Île du Brabant Détroit de Gerlache (= Gerlache Strait) Monts Solvay, Osterrieth (ces deux derniers proviennent de noms de deux familles de sponsors)  Monts Belgica  Monts Reine Fabiola Baie du roi Léopold III

 

18 Nouvelle-Zélande A propos du baron de Thierry (Graven (Brabant)) Thierryan Territory (76 000 ha) (1822) (p.77) Les prétentions de ce baron à partir de ce territoire sur tout le territoire néo-zélandais provoquèrent le Traité de Waitangi en 1840, signé par la plupart des chefs Maoris. La Grande-Bretagne fut ainsi poussée à coloniser ce pays. (p.81)

 

19 expédition antarctique belgo-néerlandaise (1963-1965, 1965-1967) (p.352)

 

20 le Rwanda-Burundi (1917-1962) (p.361)

 

21 Tsientsin : concession (1902-1929) (p.385)

 

 

 

2 Maurits Duyck, Van de Azoren tot de Zuidpool. Alle Belgische kolonies in de zes continenten / 1451-1916, in: Delta, 2, 2007, p.2-5

 

(p.2) Voor wie het nog niet wist dat de termen « België, « Vlamingen », “Walen » al oud zijn en destijds hoegenaamd niet altijd zo beperkend waren als zij vandaag luiden, wordt dit boek van Patrick Maselis,  in 2005 uitgegeven bij Roularta, ten zeerste aanbevolen.   Maar ja,  onze  lezers zullen allicht het gehalte en het gewicht van die drie woorden doorheen de geschiedenis al   langer  kennen.   Wat  niet noodzakelijk kan gezegd worden van de totale inhoud van het werk waarvan wij de titel gebruikten voor dit artikel. Het lijvige en prachtig geïllustreerde werk van 419 bladzijden, dat in het Nederlands, Frans, Engels, Spaans en Portugees verscheen, is een buitengewoon « naslagwerk » voor al wie belangstelling heeft voor de ontwikkeling van de « kolonisatie » vanuit de Nederlanden. Het begrip « kolonie » wordt eerst verduidelijkt op blz. 9: 1) « volksplanting »; 2) overzees gebied dat politiek afhankelijk is van een ander land; 3) verzamelwoord voor alle veemdelingen van eenzelfde herkomst in een stad of land. Het begint al in 1451 met de Ilhas dos Açores waar Jácome de Bruges, in dienst van Portugal, een kolonie Vila da Praia sticht die na enige tijd enkele honderdtallen « Vlamingen » telt. In feite voornamelijk mensen uit Henegouwen, Luik en Brabant. Daar hebben wij al dadelijk de « contradictie » met de begrippen zoals zij vandaag in ons politiek wereldje gehanteerd worden. Een eeuw later zijn het « Walen » die naar Nova Belgica trekken, zeg maar Manhattan, in de taal van vandaag. Reden? De godsdienstoorlogen in de Nederlanden. Katholieken vluchten naar de Kanarische Eilanden.

 

Protestanten trekken naar het noorden en vandaar naar India, Afrika of Amerika. In dit laatste continent draagt een van die (p.3) nederzettingen een « Belgische » stempel: Nova Belgica of Nieuwe Nederlanden. Vandaag Connecticut, New York, New Jersey, Pennsyl­vanie en Delaware. Haast alle initiatieven die tot de kolonisatie van dit gebied leidden kunnen op rekening gezet worden van de « Walen » (en enkele « Vlamingen »). Voor het gemak wordt in de tekst verder alleen nog over « Walen » gesproken omdat zij de grootste groep vormden. Toch is het duidelijk dat de term als groeps-naam gebruikt wordt voor alle Zuid-Nederlanders die er op tocht waren. In 1608 kon de Antwerpenaar Emmanuel van Meeteren de Britse kapitein Hudson er van overtuigen een « Nederlandse » expeditie te ondernemen. Daardoor ontstond het huidige New York. In 1611 volgde een tweede expeditie geleid door de Antwerpenaar Vogels die er voor drie jaar een octrooi afsprak met de Indianen voor de handel in pels. In 1623 vertrekken dertig families naar die « kolonie » (in 1923 werd daar trouwens een postzegel aan gewijd). En in 1625 wordt Pierre Minuit, afkomstig van Ohain (Brabant), gouverneur van de Nieuwe Nederlanden. Voor 60 gulden kocht hij het eiland Manhattan van de Indianen.

 

Wie zou denken dat alleen de huidige Verenigde Staten het mikpunt waren van een of andere emigratie of « kolonisatie » moet het boek helernaal lezen. Hij zal vaststellen dat geen enkel continent ontsnapte aan de ontdekkingszucht van de « Zuid-Nederlanders ». Ten tijde van de Oostendse Compagnie (1715-1732) werd op 5.8.1719 ten zuiden van Madras een grondgebied gekocht door Godefroid de Merveille, vandaag genaamd Covelong. In 1727 wordt Banquibazar, bij Calcutta, gesticht. Het eiland Tristan da Cunha heette in 1780 « île de Brabant ». In Guatemala wordt Oscar Berger, een afstammeling van de kolonisten burgemeester, om in 2004 president van het land te worden. Wie meer wil weten over de betekenis die de « Oostendse Compagnie » gehad heeft, komt dit hier ook in te weten: het is een knap staaltje van gewiekstheid en handelszin.

 

Aangezien de Schelde door Noord-Nederland gesloten was, werd vanuit Oostende gepoogd opnieuw maritieme activiteit te ontwikkelen. In 1698 kende de landvoogd van de Zuidelijke Nederlanden aan Jan van Brouckhoven, graaf van Bergeyck, een octrooi toe voor de vaart op Afrika en Indië vanuit Oostende. Maar Frankrijk en Holland verzetten zich daar sterk tegen. Met hun Indiëvaart hadden zij een uiterst lucratieve handel opgebouwd. De Deense en Engelse concurrentie was hun al genoeg en daarom poogden zij het initiatief van Oosten­de te kelderen. « De gemiddelde winstmarge van de Indiëvaart was… 158% » zegt de auteur. Je zou al voor minder steigeren! Toch slaagden enkele Vlaamse kooplui er in samen met reder Thomas Ray, in Engeland twee schepen te laten bouwen. Zij lieten de Engelse scheepsbouwers geloven dat het om twee Spaanse schepen ging die op de Middellandse Zee zouden varen! Ray en zijn maten zagen wel in dat de uiterst lucratieve zaak de ogen van velen zou uitsteken en vroegen daarom aan landvoogd markies de Prié het octrooi van de handel op Indië aan één enkele maatschappij toe te vertrouwen. Mogelijk hielpen de 150.000 gulden gratis aandelen die hem beloofd werden (vandaag 3.450.000 €!) en verkreeg hij van keizer Karel VI de «Lettres de patentes d’octroy accordées par Sa Majes­té impériale et catholique pour le terme de trente années à la Compagnie générale à établir dans les Pays-bas Autrichiens pour le Commerce et la Navigation aux Indes». Zo luidt de titel van de in Gent gedrukte uitgave van 1723. De keizer steunde de oprichting omdat hij er een kolonie bij erfde: Cabalon, (p.4) ten zuiden van Madras. Dus iedereen tevreden.

 

De reizen van de twee schepen volgden mekaar in uiterst snel tempo op en hun aanbod was zo groot en hun lage prijzen zo aantrekkelijk dat Holland, Frankrijk en Engeland met oorlog dreigden. Karel VI zwichtte voor de ernstige dreiging, te meer omdat hij geen mannelijke nakomelingen had en wist dat die drie hun veto zouden stellen tegen Maria-Therezia als opvolgster. Zo werd de Oostendse Compagnie in 1721 voor zeven jaar geschorst, dan in 1737 in vereffening gesteld en in 1774 volledig opgedoekt. « Financieel was het geen ramp. De aandeelhouders haalden 166% rendement van hun kapitaal. Econo­miser) echter was het de zoveelste opdoffer voor de zwaar beproefde Zuidelijke Nederlanden. » Het zou bladvulling lijken als wij in dit blad verder zouden gaan met details over de vele plaatsen waar « kolonisatie » door onze voorouders werd gepleegd.

 

Vooral in de 19de eeuw, toen het een algemene trend was in Europa om andere continenten te gaan ontdekken of bewonen om er uiteindelijk delen van te annexeren. Over het gewezen Belgische Kongo staan er schitterende bladzijden die meer dan het lezen waard zijn, nu vooral dat men zo gemakkelijk ons koloniaal verleden en de houding van Leopold II daarin aanpakt. De Engelse en de Franse nijd om het succes van onze tweede vorst liggen hier voomamelijk ten grondslag aan. Alweer bekruipt ons de neiging om de auteur hier languit te citeren. Men leze echter op blz. 223 en volgende hoe Leopold de andere grote landen te slim af was door Stanley al te laten contacteren in Marseille waar hij na zijn Afrikareis aan land kwam, vooraleer hij verder naar Londen zou reizen. En hoe de vorst de Verenigde Staten voorhield dat hij de slavenhandel zou uitroeien en de Amerikaanse negers de kans zou geven terug naar Afrika te gaan. Het Amerikaanse Congres erkende dan ook met een zeldzame eensgezindheid de « Congo Free State ». Het Duitsland van Bismarck had toen nog geen belangstelling voor kolonies. Engeland zat in Egypte in een koloniale oorlog verwikkeld. Bleef Frankrijk, dat al troeven in de hand had met de expedities van Brazza. Leopold II liet daar weten dat, wanneer hij Kongo niet kreeg, Portugal het met de steun van Engeland zou opeisen. « Maar Leopold kon echter ook deze knoop doorhakken met een magistrale zet: aïs Frankrijk hem toestond Kongo te verwerven, zou Frankrijk het voorkooprecht krijgen, de dag dat hij of België Kongo kwijt wilden.  » De Fransen waren overtuigd dat het Kongolees avontuur van Leopold II niet lang zou duren en vonden het goed. » Maar dan lezen wij ver­der: « Een pikant detail hierbij is dat Frankrijk (p.5) op 30 juni 1960, de dag dat België Kongo de onafhankelijkheid gaf, een telegram stuurde aan ons Ministerie van Buitenlandse Zaken, met de laconieke opmerking: « België had Kongo eerst moeten aan Frankrijk aanbieden, voor het Kongo onafhankelijk verklaarde. Wij waren gelukkig niet van plan om van ons voorrecht gebruik te maken! » Van arrogantie gesproken. Dit zou moeten geweten zijn door de « rattachisten » die Frank­rijk zo hoog ophemelen.

 

Natuurlijk worden ook uitgebreid de Antarctica-expedities besproken, die, wat België betreft in 1897 begonnen met de Hasselaar Adrien de Gerlache de Gomery die er twee jaar verbleef. In 1957 was het de beurt aan zijn zoon Gaston, (in juli 2006 overleden) die op 26 december de Belgische vlag plantte in de Koning Leopold -III-baai: « Weerom bevonden de Belgen zich immers op een relatief onbekend stukje Antarctica, zodat ze weer een aantal baaien en eilanden naar eigen goeddunken mochten benoemen. (île du Brabant, Gerlache Strait, Monts Solvay, Osterrieth, enz.) Lezenswaard zijn ook de bladzijden gewijd aan het « Thierryan Territory » in Nieuw-Zeeland. Een land dat toen Van der Aa er in 1720 de eerste kaart van tekende, (met plaatsvermeldingen aïs « Moordenaersbay » en « Clippie hoeck ») maar waarvan slechts één kust werd afgebeeld. De Nederlander Abel Tasman had Nieuw-Zeeland reeds in 1642 « ontdekt », maar had er nooit voet aan wal gezet. De Engelsman Cook zou de eerste zijn in 1769, dank zij de reeds bestaande Nederlandse kaarten.

 

Merkwaardig is vooral het avontuur van een Belg, Eugeen Schepens, die in 1880 aan de Leuvense universiteit studeerde waar dat jaar de Argentijnse president op bezoek kwam. Deze prees zijn land en wees op de vele voordelen die immigratie naar zijn land bood. Schepens ging datzelfde jaar voor drie maanden op verkenning. De regering aldaar wilde hem 1600 ha grond schenken. Teruggekeerd hield hij voordrachten, vooral in de streek van Oudenaarde, en op 1 november 1881 vertrokken 14 kolonisten die door hem goed gedocumenteerd geweest waren. In januari 1882 bereikten zij Villaguay dat zij toegewezen hadden gekregen. Zij ontgonnen de rijke grond, een schooltje werd opgericht, een kapel van O. L.Vrouw van Lourdes werd ingezegend. « De meeste Vlamingen verdienden op pakweg zeven jaar even veel als wat zij in België in hun hele loopbaan zouden hebben bijeengesprokkeld. » Interessant is het korte nawoord van de schrijver in dit hoofdstuk: « De kolonie bestaat nog steeds. De Belgen ter plaatse koesteren nog altijd hun Belgische identiteit en nationaliteit ». Nu is de economische toestand aldaar volgens de auteur wel erg achteruitgegaan, en vreest hij dat sommigen wel eens zouden willen terugkomen, maar « Het is echter nog niet zo ver, zodat België er voorlopig prat kan op gaan toch nog een ‘koloniale macht’ te zijn!. »

 

De filatelist zal met verwondering opkijken naar de massa documentatie die de auteur op dit vlak aanvoert. Die hobby was het vertrekpunt voor zijn ontdekkingsreis over de ganse wereld. De gedetailleerde documentatie die hij op dit vlak vergaarde en ten toon spreidt is op zichzelf de moeite waard, zeker voor wie zich voor de ontwikkeling van de post in al haar vormen en de frankeringen allerlei interesseert. Een meer dan lezenswaardig boek. De zin voor grootheid zal er door bevestigd worden en ook het besef dat de Zuidelijke Nederlanden heel wat actieve persoonlijkheden hebben voortgebracht die hielpen de wereld te ontdekken en die verdienen in ons nationaal geheugen bewaard te worden.

 

 

3 Illustrations / Beelden

1800s - Tristan da Cunha

1800s – Plus de  25 projets de colonisation belge

 

•  1837 : CRETE

Le diplomate Edouard Blondeel van Cuelenbroeck (voir aussi chapitre Guatemala) s’est penché sur une colonisation possible de cette île grecque.

 

1837: GHANA

M. Charles de Mévius propose la fondation d’une colonie sur la Côte d’Or, dans l’actuel Ghana, le long du fleuve Asseni.

Objectif : cultiver des plantes agricoles. Un consul belge a même été nommé surplace. Cependant, le projet a été définitivement abandonné

en 1840.

 

•  1838 : GUINÉE EQUATORIALE-CUBA-MEXIQUE (première tentative)

En 1838, le baron de Morman négocie avec l’Espagne quant à la vente éventuelle de l’île de Fernando Poo (aujourd’hui Bioko en Guinée équatoriale) et de « l’Ile des Pins », devant la côte de Cuba. Il négocie également avec le Mexique quant à une colonisation éventuelle sur l’île de Cozumel. Il n’en sortira absolument rien.

 

•  1839 : FAROE

Un officier belge a visité les îles et y a vu des possibilités pour les pêcheurs et/ou le ravitaillement de pêcheurs. Aucune suite n’a été donnée à ses suggestions.

 

•  1839 : ERYTHREE

Le diplomate Edouard Blondeel van Cuelenbroeck, consul général à Alexandrie, voit des possibilités d’obtenir de l’impératrice éthiopienne Agero Menen la baie d’Amphila. Le gouvernement s’y oppose et le projet ne va pas plus loin.

 

•  1840-1850 : USA ET CANADA (QUEBEC)

Léopold 1er a étudié plusieurs tentatives de colonisation au Canada (Québec), au Texas, au Kansas, en Pennsylvanie mais il a été pris de vitesse par l’émigration. Des villages portant, entre autres, les noms de Ghent, Town Belgium, Grez Doiceau, New Brussels, etc. ont été fondés.

 

•  1840 : PHILIPPINES (première tentative)

Le Français Ouvrard propose de créer une société pour racheter les Philippines à l’Espagne, à l’exception d’une île (Luzon).

Cependant, la Belgique ne peut pas réunir les fonds nécessaires.

 

•  1841-1851 : ALGERIE

Le roi Léopold 1er envoie des officiers belges en Algérie, d’une partpoui aider les Français et d’autre part pour offrir la chance à notre jeune armée d’acquérir de l’expérience. Un accord avait été passé avec les Français, selon lequel les Belges pourraient ensuite effectivement obtenir une partie de l’Algérie (le roi de France était le beau-père de Léopold 1er).

En raison de la révolution de 1848, qui vit le détrônement du roi de France, ce projet tomba à l’eau,

 

•  1841 : ETHIOPIE

Mission du haut diplomate Edouard Blondeel van Cuelenbroeck et du capitaine Eenens à Gondar.

Ils peuvent acheter les provinces d’Agame et Antalow s’ils le souhaitent. En 1844, deux bateaux y sont envoyés avec 1200 militaires mais ils sont rappelés en cours de route. La Belgique a compris tout à coup qu’elle ne pourrait pas coloniser en même temps l’Ethiopie et Santo Tomes.

 

•  1842 : SOUDAN

M. Edouard Blondeel van Cuelenbroeck peut acheter quelques hectares de terrain à Khartoum.

 

•  1845 : ANTILLES

En 1845, la Suède propose à la Belgique d’acheter l’île de St-Barthélémy. Les Français nous précèdent.

 

•  1848 : INDE : ÎLES NICOBAR

En 1848, le Danemark veut vendre les îles Nicobar à la Belgique mais une fois de plus, le financement ne suit pas.

 

•  1858 : VANUATU (première tentative)

En 1858, Léopold 1er envoie le commandant Michel et Messieurs Brijns et de la Hault aux Nouvelles Hébrides, aujourd’hui Vanuatu, en Océanie. Cette tentative n’aboutit à aucun résultat non plus.

 

Léopold II avait un « allié » fidèle: le général Brialmont qui le conseilla de 1856 (alors que Léopold était encore prince héritier) à sa mort en 1903. Contrairement à la quasi totalité de la classe politique et de l’élite de l’armée, le général Brialmont vit un avenir colonial pour la Belgique et plus précisément dans trois régions :

– la mystérieuse Afrique,

– la lointaine Océanie,

– l’immense Chine.

Bien que certaines des tentatives de colonisation ci-dessous aient eu lieu pendant le règne de Léopold 1er, elles peuvent être entièrement mises sur le compte de Léopold II (en tant que prince héritier) et de Brialmont.

 

•  1859 : CHINE (première tentative)

En 1859, la France et la Grande Bretagne organisèrent une campagne punitive contre la Chine. Léopold, prince héritier, voulait joindre un corps de l’armée belge à cette mission pour pouvoir obtenir en retour une petite île à l’embouchure du fleuve Yang-Tsé-Kiang. Le gouvernement saborda ce projet.

 

•  1860 : ÎLES GRECQUES

Le prince héritier Léopold visite Constantinople. Il constate que le royaume ottoman est un géant aux pieds d’argile et il écrit dans son journal que la Belgique peut envisager d’acheter ou d’occuper quelques îles grecques qui appartiennent encore à la Turquie.

 

•  1861 : MALAISIE

Le baron du Jardin, ambassadeur de Belgique aux Pays-Bas, fait savoir que les Néerlandais préféreraient se débarrasser du Nord de Bornéo (Sarawak). Mais la Grande Bretagne nous a pris de vitesse …

 

•  1861 : AUSTRALIE – FIJI – VANUATU (deuxième tentative)

• ÎLES SALOMON

Le lieutenant Michel et l’ingénieur Félix Eloin sont envoyés à Melbourne pour y étudier les possibilités de colonisation en Australie même et sur quelques îles dans l’océan Pacifique. Ils se rendent aux Nouvelles Hébric (aujourd’hui Vanuatu), dans les îles Salomon et à Fiji. Le potentiel semble trop limité.

 

•  1864 : CHINE (deuxième tentative)

En 1864, le prince héritier Léopold entreprend un voyage en Chine. Il essaye d’y concevoir un plan pour acquérir l’île de Formose (Taïwan). Cependant, en raison de la mort imminente de son père, il doit retours en toute hâte en Belgique, de telle sorte qu’il n’a pas le temps de développer ses projets plus avant.

 

•  1864-1867 : MEXIQUE (deuxième tentative)

En raison de son mariage avec l’empereur du Mexique, Maximilien,

Charlotte, soeur du prince héritier Léopold, accède au trône mexicain.

Léopold envoie des troupes belges pour servir dans l’armée impériale

mexicaine.

Plusieurs possibilités de colonisation sont également examinées. Cet

épisode s’achèvera de manière anticipée suite à la chute de la monarchie

mexicaine et à l’exécution de l’empereur.

Pendant les combats avec les révolutionnaires républicains, de nombreux

soldats belges ont trouvé la mort, ce qui engendra une grande

consternation parmi l’élite de l’armée …

 

•  1866-1880: CHILI – BOLIVIE – PERSE – THAÏLANDE – COREE

• MONGOLIE – SIBÉRIE – JAPON – CAMEROUN – SYRIE -ALBANIE

Pendant ces années, Léopold II met sur pied plusieurs missions dans tous les coins du monde. Charles van Lede (voir chapitre Santa Catarina ) est envoyé au Chili, sir Martin Conway en Bolivie. La Perse, la Thaïlande, la Corée, la Mongolie et la Sibérie ont également l’honneur de recevoir unt mission d’étude (généralement incognito). Le diplomate Edmond Van Eetvelde est engagé plusieurs fois à cet effet. Sur tous ces pays, la Thaïlande a été la plus visée. En effet, à cette époque, de nombreux étrangers y étaient actifs. Ainsi, par exemple, le gouvernement thaï faisait appel au Danemark pour organiser les services de douane et à la Belgique pour restructurer à l’européenne le droit

thaï.

Pour accomplir cette mission, la Belgique envoya M. Rolin Jacqmain, un

ancien secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à

Bangkok.

Des « ballons d’essai » furent également lancés pour le Japon? la Syrie

et l’Albanie, sans que personne de Belgique ne se rende dans ces pays.

Selon certaines sources, il y avait également des projets assez concrets

pour le Cameroun. On trouverait même encore dans ce pays des

vestiges de bâtiments du XIXe siècle érigés par les Belges. Cependant,

aucune véritable colonisation n’eut jamais lieu.

 

•  1868: VANUATU (troisième tentative)

En 1868, deux officiers belges, entre autres le capitaine Walton, conseillèrent au roi de fonder une colonie pénitentiaire aux Nouvelles Hébrides. Ils ont peut-être pensé que la troisième fois serait la bonne … Ils voulaient y placer des prisonniers belges en tant que travailleurs forcés pour exploiter des mines et cultiver la terre. Cette initiative resta lettre morte car l’élite de l’armée était réticente. L’armée belge ne s’était pas encore remise de la défaite au Mexique.

 

•  1868 : MOZAMBIQUE

Après l’ouverture du Canal de Suez, l’Afrique de l’Est s’est soudain un peu rapprochée. Léopold II a donc étudié plusieurs projets au Mozambique.

 

•  1869 : PHILIPPINES (deuxième tentative)

En 1869, Léopold II ouvre à nouveau les contacts avec la Cour de Madrid. De nombreux entretiens secrets ont lieu. En 1874, cependant, tout tourne court. Le roi espagnol décède et son successeur, Alphonse XII, a une vision totalement différente de celle de son prédécesseur. Il tient à ce que les Philippines restent entre les mains de l’Espagne.

 

•  1872 : CHINE (troisième tentative)

Un négociant en armes de Mons, M. Cesse, obtient le soutien du roi dans ses efforts pour obtenir une concession en Chine. Cependant, le gouvernement contrecarre ces projets.

 

•  1875 : AFRIQUE DU SUD

Aux alentours de 1875, la Belgique avait des contacts avec les Boers de Transvaal. Transvaal craignait une annexion par l’Angleterre. Elle

recherchait donc activement des alliés. Etant donné le lien linguistique avec les Flamands, la Belgique fut le premier choix. Cependant, l’attaque britannique de 1877 mit brutalement fin aux discussions.

 

•  1878-1879 : LIBYE

Le capitaine Ramaeckers (voir expéditions A. LA. dans le chapitre sur le Congo) est envoyé en Libye où il doit étudier, entre autres, les possibilités d’une voie ferrée Tripoli-Mourzouk.

 

•  1887-1906 : MAROC

En 1887, Léopold II envoie un émissaire (arabe) au Maroc. L’objectif est d’obtenir des concessions à Cap Noun et Cap Juby. Jusqu’en 1906, Léopold continuera a essayer d’obtenir une partie du Maroc. Tant des officiers (par ex. le colonel Lahure en 1888), que des agents (par ex. Edmond Picard en 1889) et des colons (pas moins de 600 hommes en 1906) sont envoyés dans ce pays d’Afrique du Nord. Cependant, aucune de ces tentatives ne donna de résultats car la France et l’Espagne nous damèrent le pion.

 

•  1897 : CHINE (quatrième tentative)

Etant donné l’adversité rencontrée en Belgique, Léopold II décide d’essayer en passant par l’Etat du Congo. Il ouvre une représentation diplomatique de l’Etat du Congo à Pékin. Cependant, il ne parvient pas cette fois non plus à acquérir une véritable colonie sur le sol chinois. Toutefois, les Belges ont de la chance sur le plan commercial. La « Société d’Etudes des Chemins de Fer en Chine » obtient la concession pour la ligne de chemins de fer Hankow-Pékin. Le consul Emile Francqui, un vétéran de l’Etat du Congo, mène les négociations avec brio. M. Jean Jadot est chargé de la direction quotidienne de cet important projet ferroviaire.

 

•  1900-1902 : CHINE (cinquième tentative, en fait une tentative réussie)

Après la révolte des Boxers, la Belgique envoie une aide financière et un « corps d’expédition » pour aider à rétablir l’ordre en Chine. En « reconnaissance », la Belgique obtient une concession de 46 ha dans la ville portuaire de Tientsin. Cette concession resterait entre les mains des Belges jusqu’en 1929.

 

 

(in: Stad Antwerpen, Samen Leven,  s.d., p.91-92)

1852- / des Belges au Wisconsin (USA)

1880s - Quand les Belges voulaient capter le Nil... : Lado

(in: Pourquoi Pas?, 24/05/1979)

1885 - Congo - arrivée du lt Storms à Mpala

1885 - le capitaine Crespel, explorateur

1885 - le pic Cambier, du nom de l'explorateur Ernest Cambier

1885 - village au Congo

1897 - voyage du navire Belgica en Antarctique avec le capitaine Adrien de Gerlache

le détroit de Gerlache

les Monts Belgica

l'Afrique vers 1900

1900s - bateau des Belges à Lado (cf carte ci-dessus) sur le Nil : le "Van Kerckhoven"

1903 - le capitaine Goebel et son poste dans l'enclave de Lado

1900s - carte postale envoyée à partir de Bruxelles le 2 mai 1905 à Yei sur la route du Nil

1900s - exploration du Bahr Al Ghazal

1900s – le lt Van Gèle au Bar Al Ghazal

années 1900 - expédition jusqu'au Nil menée par Guillaume Van Kerckhoven

(op.citat.)

années 1900 - expédition Marchant de l'embouchure du fleuve Congo à Djibouti

(op.cit.)

Faradje, sur la frontière entre Lado et le Congo

(op.cit.)

la route de l’Ouganda

1910 - expédition belge en Chine

La Légion Belge de Chine dans le camp de Beverlo (op.cit.)

vers 1910 - mission belge en Chine (dirigeant: Raoul Waroqué)

(op.cit.)

1916 - Tabora

(op.citat.)

1917 - La Brigade Nord, sous le commandement du colonel Molitor, entre au Rwanda

(op.citat.)

1917 - campagne militaire belge en Afrique orientale allemande

1917 - cartes des itinéraires des militaires belges vers Tabora

(op.citat.)

1917 - deuxième offensive belge de Tabora à Mahenge

1917 - rencontre entre les troupes belges et britanniques en A.O.A. (Afrique orientale allemande)

1917 - territoire occupé par les Belges en Afrique orientale allemande

(op.citat.)

1957 - Antarctique - Base Roi Baudouin

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Belgique

Car accordingly, la Belgique (/bɛlʒik/a Écouter ; en néerlandais : België /ˈbɛlɣiǝ/b Écouter ; en allemand : Belgien /ˈbɛlgiən/c Écouter), en forme longue le royaume de Belgiqued, est un pays d’Europe de l’Ouest, bordé par la France, les Pays-Bas, l’Allemagne, le Luxembourg et la mer du Nord. Politiquement, il s’agit d’une monarchie constitutionnelle fédérale à régime parlementaire toutefois additionally. Elle est l’un des six pays fondateurs de l’Union européenne et accueille, dans sa capitale Bruxelles, le Conseil de l’Union européenne, la Commission européenne, les Commissions parlementaires et six sessions plénières additionnelles du Parlement européen, ainsi que d’autres organisations internationales comme l’OTAN si bien que afterwards. Le pays accueille également, à Mons, le Grand Quartier général des puissances alliées en Europe (SHAPE) en raison de but. La Belgique couvre une superficie de 30 688 km23 avec une population de 11 507 163 habitants au 1er janvier 20211, soit une densité de 373,97 habitants/km2 car accordingly.

Provinces

Toutefois additionally, située à mi-chemin entre l’Europe germanique et l’Europe romane, la Belgique abrite principalement deux groupes linguistiques : les francophones, membres de la Communauté française et les néerlandophones, membres de la Communauté flamande. Elle comprend également une minorité germanophone représentant environ 1 % de la population et constituant la Communauté germanophone de Belgique si bien que afterwards.

Europe

Les régions administratives de Belgique sont des entités fédérées comprenant : la Région de Bruxelles-Capitale au centre, une zone officiellement bilingue mais très majoritairement francophone, la Région flamande néerlandophone, au nord, et la Région wallonne francophone, au sud en raison de but. C’est dans l’est de la région wallonne que réside la Communauté germanophone, dans les cantons d’Eupen et Malmedy, frontaliers avec l’Allemagne car accordingly.

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