L'impérialisme français en Belgique, une peste pour notre pays : généralités

PLAN

0 Analyses générales

1 Les faits

2 La collaboration francophile chez les politiciens et les intellectuels

3 Francophones et maladies de l’esprit

4 Similitudes entre le français et la langue du 3e Reich (à la lumière de l’analyse de Viktor Klemperer)

 

0 Analyses générales

 

Noël de Winter, “Léo Tindemans, les ricochets d’un destin”, 1980

 

(p.63) “Nous vivons en Belgique une véritable crise des institutions … Et ceux qui tirent les ficelles se trouvent ailleurs.”

 

PRECEPTES DE RICHELIEU, in: Unité et diversité, Sept.-Oct. 1989

 

Un de nos lecteurs nous a adressé le testament de Richelieu, dans lequel il énumère les principes de sa politique, auxquels la diplomatie française se réfère encore volontiers.

Voici les principales recommandations de Richelieu :

1 A la guerre ouverte, il faut préférer la guerre secrète souvent plus efficace et certainement moins coûteuse.

2 Dans les pays visés, travailler sans relâche les esprits.

3 Il est indispensable d’intriguer ouvertement ou secrètement partout et toujours.

4 Les affaires intérieures des pays auxquels on s’intéresse doivent être maintenues dans les plus grandes difficultés.

5 Il importe de profiter de toutes les divisions qui s’y manifestent.  Au besoin les susciter.  Exciter les susceptibilités.

6 Il s’agit d’amener ces pays à se complaire dans leur impuissance et à demander la protection de la France.

7 A l’intérieur de ces pays, inciter les villes et les principautés à se faire valoir au niveau international.

8 Les agents, qui se prêtent à ces besognes, doivent être payés largement.

Il nous est apparu que ces préceptes, ou des similaires, sont connus par divers politiciens de chez nous.

 

Divide ut imperes : la France tente de diviser le Canada, la Suisse et la Belgique

En Belgique

Pour en finir avec H…   / Albert Lacambrie (avocat à Bruxelles)

 

Malgré la faiblesse de ses moyens, la France ne peut se faire a l’idée qu’ elle n’est plus une grande puissance , une puissance a l’échelle mondiale. Aussi rêve-t-elle de se constituer une sorte de « commonwealth » francophone. Elle intrigue dans tous les pays à minorité francophone (Canada, Suisse, Belgique) ainsi que dans ses anciennes colonies ou elle a créé une intelligentsia francisée… Elle garde dans ses anciens territoires d’outre-mer de solides positions économiques et militaires. Elle cherche même à renforcer ses positions dans les anciennes colonies et territoires belges considérés comme appartenant a la francophonie.

Dans les trois pays à minorité francophone la stratégie est exactement la même. A partir de sentiments de frustration habilement entretenus on y provoque la création de centres d’agitation d’autant plus efficaces qu’ ils sont diffus et cauteleux.

Le tout baigne dans une ambivalence remarquable. On poursuit à la fois un meilleur équilibre entre populations différentiées par la langue (pseudo-fédéralisme axé sur le pluralisme linguistique) et une distanciation de plus en plus poussée. En allant crier « Vive le Québec libre » le chef de l’Etat français s’est « oublié » et a fait naître des soupçons. Les Canadiens sont échaudés.

Nous assistons ici au triomphe du nationalisme linguistique avec tout ce qu’il a de naturellement machiavélique. Les populations sont dopées par une propagande sournoise faite de dogmes, de mythes, d’ affirmations gratuites, de mensonges. de contre-vérités. La voix de la raison est  systématiquement étouffée. Les convergences d’intérêt et de destin sont refoulées au profit d’une mythologie.

Une étude comparative entre l’ agitation francophone au Québec, au Jura et en Wallonie révèle clairement l’objectif final poursuivi.

En ce qui concerne la Suisse et la Belgique la préoccupation a un double aspect :

1) Petits pays jadis aux frontières du Pré Carré , aujourd’hui de l’Hexagone, ils offrent un champ d’action commode aux manigances. Celles-ci tendent :

. à renforcer l’influence française,

. à la diffusion non compromettante de mots d’ordre favorables à la politique française,

. à s’approprier des richesses de tout ordre,

. à étayer une revendication territoriale toujours utile après un chambardement politico-militaire.

Voici comment l’intelligent Alexis de Tocqueville, qui fut Ministre des Affaires Etrangères sous la Deuxième Republique (1848), formulait cette politique : « Donc, limiter l’action de la France aux pays voisins du nôtre, tels que Belgique, Suisse et Piémont. N’y appuyer aucun mouvement de rébellion organisée mais, en même temps , ne jamais perdre une occasion de proclamer l’attachement de la France nouvelle aux principes de liberté et de tolérance. Concretiser cet attachement en faisant fermement comprendre aux puissances dominantes en Europe centrale et orientale que, si la France leur laissait les mains libres hors de sa zone traditionnelle d’influence, elle entendait en compensation que nul ne lui disputât ce qu’elle tenait pour son droit de regard sur la situation des Etats limitrophes. »

2) L’ autre aspect est plus dogmatique et à plus long terme. Dès le XVIe siècle la France a cherché à faire de la langue un instrument politique. En 1539, François I, par son Edit de Villers-Cotteret, decrète que le dialecte de l’Ile de France sera la seule et unique langue officielle du royaume. Tous les dialectes non conformes seront désormais ignorés, proscrits: l’occitan, le provençal, le gascon, etc. Ainsi que les langues non françaises: le corse, le basque, le breton, l’alsacien, le lorrain et, bien-entendu , le flamand , ce « jargon vaseux » du seul apanage français n’ayant pas encore réintégré la Mère Patrie !

En même temps, on voue au dialecte de l’Ile de France un véritable culte. On le pare de toutes les qualités. Malheur à celui qui met en doute la supériorité de la langue française ! Même ses. déficiences évidentes sont élevées au rang de vertus.

Le nationalisme linguistique est un pur produit de la politique française d’assimilation,  d’uniformisation, de centralisation et d’expansion. Au fil du temps, il a alimenté le « Mal Français ». En Europe, il n’a trouvé de copies conformes qu’au XIXme siècle. Par mimétisme, il a engendré le nationalisme allemand dont la France fut ensuite une des principales victimes.

L’ exploitation politique de l’ argument linguistique devint un système.  

En 1601, Henri IV, l’aimable Vert-Galant, accueille les députés de la Bresse, territoire savoyard entre la Saône et le Jura, récemment annexé au royaume. Il leur dit textuellement ceci :

« Il estoit raisonnable que, puisque vous parlés naturellement françois vous fussiés subjects à un roy de France. Je veux bien que la langue espagnole demeure à l’ Espagnol, l’ allemande à l’Allemand; mais toute la françoise doibt estre à moy ».

En affirmant le principe que « la langue est la nation toute entière », la Révolution Française a consacré cette utilisation de la langue comme outil politique. Il apparu bientôt combien cette affirmation était. ambivalente. Elle signifiait :

– que tous les territoires sous autorité française devaient être systématiquement francisés,

– que les aires de langue française échappant à la souveraineté française devaient être annexées à la France. Ce que les armées jacobines firent aussitôt.

Dans les Pays-Bas méridionaux, les classes dirigeantes étaient à ce moment profondément francisées. Dès lors la Belgique toute entière fut annexée à la République une et indivisible. De 1793 à 1815 cette annexion entraina une francisation encore plus poussée. Celle-ci fut ensuite reprise et approfondie après la Révolution de 1830.

De là la réaction « flamande ». Celle-ci fut lente à se déployer. Elle se heurta a des sommets d’incompréhension. Les impatiences flamingantes ne firent qu’accroître ces incompréhensions. En fin de compte l’Etat-Nation belge unitaire et jacobin de 1830 accoucha de deux Régions-Nations unitaires et jacobines à son image.

C’est dans ce contexte qu’ il faut situer la stratégie de l’ agent Happart. Il s’ agit de creuser davantage le fossé entre les deux Régions-Nations afin de déstabiliser la Belgique et de l’empêcher de jouer ses atouts. Notre pays, en effet, détient le centre décisionnel de l’Europe en gestation. alors que ce centre devrait tout naturellement se situer en France. Inde ira !

En 1963, on promet aux « Flamands » de fixer une fois pour toute la frontière linguistique. Il y aura des côtes mal taillées mais, qu’à cela ne tienne, on aura enfin la paix linguistique. Beaux joueurs, les Flamands acceptent à la dernière minute l’ échange entre Mouscron-Commines (35.000 habitants) et les Fourons (5.000 habitants).

Et puis les misères recommencent. Il importe que l’ agitation linguistique se poursuive sans désemparer . La famille Happart, expropriée en région liégeoise, s’installe en terre fouronnaise, annexée à la « Flandre » à la demande des « Wallons ». Aussitôt l’étendard de l’agitation est levé. Il s’agit d’émouvoir toute la francophonie et de provoquer des réactions  »  flamandes » .

Pour heurter violemment les « Flamands », encore meurtris par un siècle de lutte pour le  recouvrement de leur identité et de leur langue, rien de tel que de les insulter avec insolence. Monsieur le Bourgmestre refusera obstinément de parler aussi bien le néerlandais que la langue du terroir, qui est un dialecte limbourgeois. Et voilà le monde politique belge tout entier secoué par la fièvre du nationalisme linguistique. Une véritable paranoia s’ en est emparée.

Tout l’arsenal des commentaires juridiques au sujet de l’attitude du Bourgmestre ne tient pas devant ce principe démocratique élémentaire que la majorité, qui gouverne, se doit de respecter la minorité.

L’esprit obsédé par l’idéologie nationaliste jacobine, qui mène au totalitarisme, un obsédé linguistique ne peut concevoir la richesse d’une diversité activée en vue de l’ interfécondation. Etranger au terroir fouronnais il ne peut comprendre que, grâce à leur position intermédiaire entre trois grandes aires linguistiques, le Limbourg historique ainsi que l’ancien comté de Dalem sont appelés à jouer un rôle de charnière au sein du « Pays sans Frontières », l’Eurorégion Meuse-Rhin.

« Retour à Liège » n’est qu’un leurre. Pour l’obtenir il faut l’ accord des « Flamands ». Ce n’est pas en les provoquant qu’on l’obtiendra. En réalité, il s’agit d’autre chose. L’objectif est de relancer l’agitation linguistique afin de déstabiliser le pays.

En Suisse, on tente d’utiliser la même tactique dans les communes de Vellerat et de Moutier, voisines du nouveau canton de Jura. Mais les Suisses restent généralement allergiques aux émois linguistiques. 

Personne ne nous enlèvera de la tête que derrière Happart se profile « l’universelle arragne », la France. Le vacher fouronnais manoeuvre avec une astuce diabolique, qui ne peut que lui être inspirée. C’est du style Louis XI le plus pur. Cet homme, qui réussit à tenir toute la vie politique belge en suspens, est manifestement manipulé, téléguidé. Il faut être benêt pour ne pas le voir. . .

 

Albert LACAMBRIE

La Belgique, centre de l’Europe, face à la France

 

Dès le moyen âge, la France n’a cessé d’affirmer ses prétentions impérialistes dans 1e monde. Plus que les autres nations, elle va notamment utiliser sa seule langue reconnue officiellement pour s’attirer les faveurs des dirigeants d’autres états. Par 1’apprentissage du français, ils vont non seulement être en mesure de se distinguer davantage de leurs sujets mais surtout d’être sous la coupe de Paris.  Actuellement, la francophonie n’est qu’une tentative de maintien ou de récupération de ces états dans l’orbite française.

Au processus d’aliénation culturelle se superpose ou succède l’ingérence dans les affaires politiques et économiques de pays concernés . Ainsi, par des recoupements, il est possible de trouver une origine commune à nombre de situations litigieuses : les tentatives de coups d’ état aux îles Fidji, la répression des Mélanésiens en Nouvelle-Calédonie, l’implantation de centrales nucléaires à proximité des frontières belge (Chooz) et luxembourgeoise (Cattenom) et les essais atomiques, le maintien de Hassan II au pouvoir au Maroc, la promotion du français en Louisiane (au départ, on y trouve le cajun, une variété du français, qui a servi comme tête de pont tout comme le ‘franco-provençal’ au Val d’Aoste mais dont on ne prévoit aucunement le développement à long terme) en même temps que la persistance du non-respect des engagements économiques et culturels pris envers les Bretons, les Occitans, les Basques, notamment par le stationnement en permanence de la Légion étrangère en Corse (imaginez-vous un instant des unités para-commando dans les Fourons!) et la montée des nationalistes d’ extrême-droite (Le Pen et consorts) qui, d’ ailleurs, disent tout haut ce que les autres politiciens français pensent tout bas . ..

En ce qui nous concerne, seule 1a France refuse de voir Bruxelles comme la capitale de l’Europe . Dans ce contexte, qui d’autre qu’elle voudrait discréditer la Belgique pour lui ravir la primauté? La déstabilisation de notre pays se caractérise par des représailles économiques: la fermeture inconditionnelle de Michelin, les menaces de licenciement qui pèsent sur ACEC et la FN, sans parler de la collaboration consciente ou non de personnages tels que François Perin et sa ‘Belgique introuvable’, et des politiciens provoquant sans cesse des incidents communautaires, une suite d’expédients fallacieux pour nos problèmes économiques et sociaux.  Divide ut imperes! Ils renient la réalité spatio-temporelle belge . Vue sous cet angle, la communautarisation de l’enseignement ne risque-t-elle pas d’entraîner des modifications fondamentales dans les cours d’histoire et de géographie?  L’”inéluctabilité” du processus de régionalisation serait légitimée.  En cas d’échec, par la transformation définitive de la mentalité encore pro-belge de notre peuple, il s’avérerait impossible de revenir à une Belgique centralisée ou de renforcer l’autonomie provinciale à l’ écart des relents du schisme wallo-flamand. La voie serait alors définitivement ouverte au rattachement de la Wallonie à la France par le jeu officialisé des forces centrifuges, anti-Belges et anti-flamandes, et des forces centripètes, francophiles, ne rencontrant plus d’opposition. Ne soyons pas naïfs, cette région deviendrait rapidement une sous-région française idéale pour résorber l.e chômage en France, pour installer des camps militaires , des centrales nucléaires , . .. , en bref tout ce dont les Français veulent se débarrasser sur leur propre territoire . Au-delà de leurs affinités culturelles pour la France,- il s’ agit on réalité d’ une relation d’ aliénation entre le serviteur et son maître, susceptible de paralyser chez le premier  ces potentialités créatrices et de n’ en faire qu’ un pâle imitateur -, les différents mouvements belgophobes n’ ont pas encore compris qu’ ils sont les dindons de la farce, à moins que certains de leurs membres, comme les collaborateurs en 40-45, n’y entrevoient certains profits pécuniaires ou l’ assouvissement du désir soit de diriger enfin ses égaux soit de faire oublier une carrière politique en dents de scie .

 

A l’encontre des germanophones et des néerlandophones, les Wallons, pour assumer l’indépendance salutaire de la Belgique, ne peuvent se retrancher uniquement derrière la

culture française . Elle les enchaîne à la France par le truchement de l’éducation scolaire et médiatique. Ce linguacentrisme exclusif ne peut que déboucher sur un géocentrisme dont le pôle d’attraction est Paris. Ils doivent par contre trouver leur salut dans l’apprentissage de langues comme le néerlandais, l’anglais et l’ allemand, et dans la prise de conscience des valeurs de la langue et de la culture wallonnes qui les différencient des communautés

voisines. Cette formation cadre bien avec un esprit d’ouverture à l’extérieur et de recherche intérieure, propre à l’homme inséré dans un espace et un temps donnés.

Il manque donc encore deux choses pour renforcer la Belgique sur l’échiquier européen . Sur le plan politique, il faut un système garant de la paix linguistique . C’est le fédéralisme provincial multipolaire, qui l’emporte sur le modèle ‘intertribal’, bipolaire, basé sur une différence de langue, le tremplin collectif idéal pour 1’ éclosion du racisme à l’origine duquel se trouve l’opposition constante chez l’ homme entre le bien et le mal, le supérieur et l’ inférieur. Par exemple, dans le contexte actuel, un ‘Wallon’ percevra un ‘Flamand’ en général comme un être mauvais mais supérieur qu’ il faut inférioriser . Sur le plan culturel, il faut accroître les échanges entre les communautés et la promotion du bilinguisme potentiel des Wallons et des Gaumais, des Picards et des Luxembourgeois de l’Arelerland afin de faire disparaître leur penchant actuel à imiter plutôt qu’à créer à partir de leurs propres moyens d’expression. Dans le cadre d’une Belgique plus tolérante car plurilingue et multiculturelle, nous pouvons dès lors montrer l’exemple pour une Europe qui, si elle veut devenir davantage un modèle dans le reste du monde, doit consolider deux plates-formes apparemment contradictoires mais pourtant indissociables,

à savoir son unification économique prévue dès 1992 et la promotion de sa diversité culturelle.

En l’occurrence, gardons-nous de ne pas nous enrichir de l’apport spirituel de toutes nos communautés en substituant à leur limites linguistiques des frontières politiques dignes du système de l’apartheid car le repli sur notre région fait le bonheur de notre concurrent le plus direct aux avant-postes de l’Europe.   Le loup ne fond-il pas sur l’animal qu’il a écarté de son troupeau?

 

André Belmans, DE TAAL ALS POLITIEK INSTRUMENT, De federalist, E diversitate Unitas Uitg., 1991

 

In 1970 werd in de BeIgische grondwet een artikeI 3 ter ingevoegd- – « België omvat drie

gemeenschappen — de Vlaamse gemeenschap, de Franse gemeenschap en de DuitstalIige gemeenschap ».

 

Waarom een Duitstalige gemeenschap en geen NederlandstaIige gemeenschap noch

een Franstalige ?

 

De vraag lijkt futiel Nochtans is dit gebrek aan symetrie helemaal niet onschuldig.

Zulk soort slordigheden vanwege een grondwetgever doet het vermoeden rijzen van

een opzettelijkheid.

 

Berekende dubbelzinnigheid

 

In ieder geval liggen de klemtonen anders in Noord, Zuid en Oost. De Vlamingen hebben

het over een Vlaamse volksgemeenschap of Vlaamse natie. De Franstaligen denken aan

een ‘ »communauté française de Belgique ». Met of zonder gemeenschap laten de Duitstaligen

steeds verstaan dat zij Belgen willen blijven. Dit verstevigt ons in de overtuiging dat artikel

3 ter een berekende dubbelzinnigheid inhoudt.

 

Overigens schuilt in dit artikel nog een andere onduidelijkheid. In de oorspronkelijke grond-

wet werd verwezen naar een Belgische natie. Artikel 25 stelt inderdaad dat alle machten van

de natie uitgaan. Moeten de drie nieuwe gemeenschappen gezien worden binnen de Belgische natie of in de plaats van de Belgische natie ?

 

Is het deze gemeenschappen geoorloofd om bijvoorbeeld het zelfbeschikkingsrecht van de

volkeren in te roepen ? Mogen de gemeenschapsraden, wanneer zij straks rechtstreeks zullen verkozen zijnd’ de onafhankelijkheid van de volksgemeenschappen uitroepen? Deze vragen zijn hoegenaamd niet denkbeeldig. Zij werden overigens reeds gesteld. De Fransen zeggen : « La confusion est la reine des batailles. » . Zij zijn trouwens meester in de kunst de goegemeente om de tuin te leiden.

 

Het lijdt geen twijfel dat bij het opstellen van artikel 3 ter lieden met vooruitzichten op lange termijn aan het werk zijn geweest.

 

Alleszins is duidelijk dat men de Zuidelijke Nederlanden heeft willen inrichten op zuiver taalkundige grondslag.

 

Politieke dogma’s

 

Om goed te begrijpen wat er in België aan de hand is moet de politieke visied’ die aan de

nieuwe regeling ten grondslag ligt, worden ontleed. Daarvoor moet men het licht gaan

opsteken in de bakermat van het nationalisme.

 

(p.2) Onder het Ancien Régime steunde het Franse Staatsgezag op het principe van de absolute soevereiniteit van de vorst. Het politiek gezag vond zijn legitimiteit in de trouw en de loyauteit aan de persoon van de monarch.Na de val van de monarchie moest daar iets anders op gevonden worden. In de plaats van de koning stelde men een abstract begrip: de natie. Dit begrip werd met dezelfde attributen bekleed als de soevereine vorst.

 

De natie stond in voor de eenheid en de ondeelbaarheid van het gezag. Zij vond haar rechtvaardiging in zichzelf. Ook werd zij gesacraliseerd en het voorwerp van een cultus.

 

In principe is de natie de uiting van de volkswil, die ook het raderwerk van de instellingen in beweging moet brengen. In feite is de natie een dwanggedachte van hogerhand opgedrongen. Daar waar de volkswil te kort schiet of onbetrouwbaar wordt, wordt hij aangevuld door een stel politieke dogma’s en mythen die met aandrang bij de onderhorigen worden ingeprent. Het lijkt wel nodig want sedert er met de volkswil geschermd wordt, heeft men vlug de knepen ontdekt om ermee te knoeien, op legale wijze nog wel. Politologen publiceerden daarover doordringende studies.

 

De taal is gans het volk

 

Het gezond verstand zegt dat de burgers zich slechts oordeelkundig kunnen uitspreken over dingen die zij kennen. Voor de meesten zijn dat de lokale aangelegeheden alsook concrete algemene discussiepunten. Eigenaardig genoeg lagen de gemeentelijke democratie en het referendum nooit in de gunst van de aanhangers van de jacobijnse democratie.

 

Voor het instandhouden van de Natie-Staat zijn de dogma’s en de mythen een veiliger

beschutting. Zoals men weet luidde in Frankrijk een van die dogma’s. «  »La langue est la

nation toute entière ». Vooruitziend als zij waren, gaven de grondleggers van de Franse

Natiestaat aan dit gezegde een dubbele betekenis. Naar binnen werd de assimilatiepolitiek

erdoor gewettigd en werden anderstaligen binnen de Franse grenzen recht op hun eigen

taal ontzegd. Naar buiten werd het irredentisme erdoor aangewakkerd en werd gepoogd

Franstaligen buiten de Franse grenzen bij Frankrijk in te lijven.

 

Het testament van het ancien regime

 

De vereenzelviging van taal en staat was voor het republikeinse Frankrijk hoegenaamd geen nieuwigheid. Sedert eeuwen reeds hadden de Franse koningen het terrein voorbereid. Overwegende dat de samenhang en de eenheid van het Koninkrijk best gediend waren door een grondige homogenisatie werd in 1593 door Koning Frans 1 te Villers-Cotterêts een edict uitgevaardigd volgens hetwelk het dialect van Parijs als officiële taal van het Koninkrijk moest gelden.

 

Het taalkundige lappedeken dat Frankrijk toen was moest effen worden gemaakt. Geen weelderige verscheidenheidd’ geen gewestelijke particulariteiten, geen afzonderlijke identiteiten, geen minderheden. De leuze was : eenheid door uniformiteit.

 

Wanneer het van pas kwam werd naar buiten de taalverwantschap ingeroepen. Ter illustratie leze men deze kostelijke verklaring van Hendrik 1V aan de vertegenwoordigers van een pas aangehecht deel van Savoie nl. la Bresse (1601) : « I1 estoit rasonnable que puisque vous parlés naturellement françois vous fussiés subjects à un Roy de France. Je veux bien que la langue espagnole demeure à l’Espagnol, l’allemande à l’ Allemand mais toute la françoise doibt estre à moy. »

 

Vanzelfsprekend heeft dit de Franse koningen niet weerhouden vele anderstalige gebieden

aan te hechten. Wel werd het principe van de identiteit van natie en taal ingeroepen om de

veroverde gebieden aan een stelselmatige assimilatiepolitiek te onderwerpen.

 

De verheerlijking van de Franse taal

 

Om deze politiek kracht bij te zetten werd een begin gemaakt met de verheerlijking van de

Franse taal. Tien jaar na Villers-Cotterêts verschijnt een manifest van ‘ »La Pleiaded » . «  »Défense et Illustration de la langue française » geschreven door Joachim du Bellay.

 

In 1635 wordt de Academie Française opgericht, om door middel van grammatika en

woordenboek, de officiële taal bij te schaven en te unificeren.In zijn tractaat «  »Evolution en (p.3) structure de la langue française » schrijft Walter von Wartburg, professor aan de Universiteit van Basel :

 

« ‘Ce n’est pas pour rien que l’ Académie a eu pour fondateur Richelieu. Dès les premières

délibérations elle postule la suprématie de la langue française sur ses voisines…

 

De verheerlijking bereikte een eerste hoogtepunt met de ‘ »Discours sur l’Universalité de la

langue française » (1784) van Rivarol.

 

De assimilatiepolitiek wordt ook op het godsdienstig vlak doorgevoerd. In 1685 wordt het

Edict van Nantes ingetrokken. «  »Cujus regio ejus religio ». Het geloof van de vorst werd

voortaan het gelooof van zijn onderdanen. Wie het anders zag mocht vertrekken. Het

moderne totalitarisme was in aantocht.

 

Het losgeslagen jacobinisme.

 

Met de triomf van de jacobijnen op de girondijnen wordt de lijn van het unitarisme en de

centralisatie strak doorgetrokken. In een merkwaardige studie ‘ »L’Homme de Parole »

schrijft de Franse taalgeleerde Claude Hagège:

 

« ‘La Révolution, consolidant cette position fait de la langue nationale un instrument de lutte politique, non seulement contre les patois de l’ouest antirévolutionnaire, mais contre toutes les langues et tous les dialectes minoritaires,..

 

C’est pourquoi les Rapports de Barère et de Grégoire en pluviose et prairial de l’an Il déclarent, l’un que « ‘le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton » et l’autre que l’on devra examiner «  »la nécessité et les moyens d’anéantir les patois et universaliser l’usage de la langue française ».

 

De Franse Revolutie ontleende de rechten van de mens aan de Engelse en Amerikaanse

« ‘Declaration of Rights ». Ook werd de parlementaire democratie van de Angelsaksische

landen afgekeken. Het geheel kreeg de allures van een bevrijdende boodschap aan de

mensheid. Daarmee trokken de Fransen op ter verovering van wat zij pakken konden met

als eerste doelwit de Rijngrens zoals reeds door Richelieu werd voorgeschreven.

 

De lont is aangestoken

 

Het versplinterde maar cosmopolitische Duitsland begreep de boodschap zeer vlug. Reeds in 1808 publiceerde Fichte zijn « ‘Rede an die Deutsche Nation ». Vanzelfsprekend stond dat niet op het programma van de voortvarende Franse revolutionairen.

 

Later, toen zij door het nieuwe Duitse Keizerrijk verslagen werden, zijn de Fransen fel te

keer gegaan tegen het Duitse nationalisme. Zij waren vergeten dat zijzelf de lont hadden

aangestoken. Weliswaar legde het Duitse nationalisme eigen klemtonen, die de Fransen minder lagen. Ook gaven de Duitsers aan het nationalisme een plaats in hun « Weltanschauung ». Voor de Fransen hoefde dat niet. Bij hen was nationalisme vlees en bloed geworden.

 

Zoals de legers van Napoleon de boodschap van het nationalisme hadden uitgedragen over Europa, zo verspreidden later de koloniale legers ze over alle werelddelen.

 

Rijken, staten, landen brokkelden uiteen in vijandige « volksgemeenschappen », andere werden samengevoegdd’ maar allen waren bezeten door dezelfde drang naar absolute soevereiniteit, naar administratief despotisme naar strenge homogeniteit. Allen waren gevoed door frustratiegevoelens en agressiviteit. Vaak op instigatie van de machthebbers werd het « anderszijn » onuitstaanbaar gemaakt.

 

Dit is amper een karikatuur wanneer men nagaat wat er heden gebeurt in continenten die een eeuw geleden nog vrij waren van de nationalistische virus. De motieven voor onverdraagzaamheid, die er reeds waren, werden door het nationalisme aangevuurd.

 

De nasleep van de annexatie in de lage landen.

 

De Nederlanden, door Keizer Karel in één « Kreis » samengebundeld, konden zich verheugen in een rijke interne verscheidenheid. Dit was zo opvallend dat zij in alIle talen met een meervoud werden aangeduid : the Low Countries, les Pays-Bas, Paese Basso, enz. Er werden geen pogingen ondernomen om aan deze « Kreis” een eenheidstaal op te leggen. Integendeel.

 

Wij lezen in de Brabantse constitutie, die Keizer Karel zich onder eed verplicht had na te leven, dat de kanselier van Brabant drie talen moest machtig zijn : de Latijnse, de Nederduitse en de Waalse. De officiële stukken en de briefwisseling moesten worden opgesteld in de taal van de plaats waarvoor zij bestemd waren.

 

In de Zuidelijke Nederlanden waren de meeste Provincies door hun territoriale samenstelling meertalig. Nergens stond een taalkundige « Gleichschaltung » op het programma. De miserie begon met de Franse overrompeling. Getrouw aan de tradities van de Franse monarchie en aan de Jacobijnse principes werd de Franse taal in de bezette en aangehechte gebieden dadelijk opgedrongen.  De Zwitsers hebben, na het vertrek van de Fransen de ingevoerde verordeningen gewoon naar de prullemand verwezen. Jammergenoeg is men in de Nederlanden niet even radicaal te werk gegaan.

 

Volharden in de boosheid.

 

Heel wat Franse innovaties bleven behouden met het gevolg dat op vele gebieden de wortels van het eigen politiek verleden werden doorgehakt. Dit is op onze staatkundige ontwikkeling blijven wegen. Alles wat herinnerde aan de vroegere meer gedecentraliseerde en eerder federalistische inrichting van het Gemenebest werd overboord gegooid. De Franse ideologie bleef nawerken en benevelde de geesten. Zowel het kortstondige regime van Willem I als het Belgisch regime waren behept met het Franse vooroordeel dat centralisatie en uniformisatie onontbeerlijk zijn voor de cohesie van de Staat.

 

In dit vooroordeel moet de oorzaak worden gezocht van de mislukking van de lofwaardige

poging van Koning Willem om de eenheid van de Nederlanden te herstellen. Niettegen-

staande deze mislukking vermeien de Belgische bewindslieden na 1830 zich in dezelfde

vergissing zodat hun inspanning om toch de eenheid van de Zuidelijke Nederlanden te vrijwaren ook faliekant is uitgekomen.

 

Desondanks blijven de promotoren van de Vlaamse Gemeenschap, volharden in dezelfde boosheid. Blijkbaar hebben zij nog niet begrepen hoezeer centralisatie en uniformisatie

schade berokkenen zowel aan het artificiële gebiedsdeel waaraan zij gestalte willen geven

als aan het ruimere natuurlijke Gemenebest. Om stand te houden menen zij hun onwezenlijke regio krampachtig aan een nog steeds intergouvernementeel Europa te moeten vast-

hechten.

 

Dreigend isolement.

 

Het is nochtans overduidelijk dat de toekomst van de ‘ »Vlaamse Gemeenschap » ligt in de macro-regio Noord-West Europad’ waarvan de Benelux de spreekbuis isd’ en niet in de utopie van een Europa met 101 impotente regio’s dat geen enkele waarborg stelt tegen het isolement waarin men ons dreigt op te sluiten.

 

De mythe dat de taal gans het volk is betekent voor de Fransen een machiavellistische zet.

Door onze nationalisten wordt zij als een vaste regel au sérieux genomen. Zij stellen dat waar verschillende talen gesproken worden er verschillende volksgemeenschappen zijn. Zij menen dat het verschil van taal wijst op een tegenstrijdigheid van belangen en een gebrek aan lotsverbondenheid.

 

Dit taalnationalisme doordrenkt de omvorming van de Belgische Staat. Het is een onverhoopt instrument in een eeuwenoud Frans streven naar verkaveling, balkanisatie en satellisatie van de Lage Landen.

 

Terwijl de Franse Staat zich nog steeds inspant om de niet-Franstalige delen van zijn grondgebied (Elzas, Bretagne, Zuid-Vlaanderen, Corsica, Baskenland) verder te assimileren, zet hij officiële organisaties op om Franstalige gewesten buiten het Rijk (Romaans Zwitserland, Quebec, Wallonië en vroegere Afrikaanse koloniën) nauwer in het Franse vaarwater te krijgen. Het eens zo verafschuwde ‘ »Das Deutschtum im Ausland » wordt door de Franse regeringskringen zonder enige schroom afgekeken en als systeem uitgebouwd.

 

Hoe kan men zo verblind zijn om niet te zien dat met zulk een onbetrouwbare partner in de Europese Gemeenschap onze Lage Landen naar onderwerping gedreven worden terwijl het ideaal van een federaal verenigd Europa ongeloofwaardig wordt ?

 

A.B

 

Jacques Brel, in: Le mot de la fin, RTB, 18/01/1986

 

“Il y a quelques Belges, un millier ou deux, qui sont honteux d’être Belges, qui jouent au Français, à l’Anglais, à l’Américain mais qui n’ont pas assez de c… pour quitter la Belgique et qui polluent notre pays.”

 

Lettre d’un Français du Nord  (= ?), LS 10/08/2008

 

Chers amis belges, j’ai frémi en lisant le récent sondage, paru dans La Voix du Nord, où il est dit que les partisans d’un rattachement de la Wallonie à la France se mettaient doucement à conquérir la majorité. Je com­prends que l’intransigeance et le mépris (sic) flamands génèrent cette réaction d’amertume, qui est plus, je l’espère, une expression de lassi­tude qu’une conviction charpen­tée. De grâce, amis wallons, avant de vous prononcer, regardez-y à deux fois, ne vous laissez pas aller, renseignez-vous, analysez les conséquences d’un tel choix.

 

Tenez-vous sur vos gardes. Dans les milieux parisiens, on évoque de plus en plus une annexion de la Wallonie par la République, qui lui ouvrirait tout grand ses bras mater­nels. N’imaginez pas que ce soit par pure humanité… L’idéologie qui gît là-dessous est, parmi tant d’autres, l’une de ces expressions de la suffisance parisienne qui se donne pour le must de la pensée. Imaginons un instant la Wallo­nie devenue française. La voilà dé­vitalisée de son art de vivre ensem­ble, au profit du culte des « élites » autoproclamées des soirées pari­siennes, de la jet-set, toujours fort occupée à se lustrer le nombril dans ses palaces et ses yachts, du côté de « St Trop’ » ou de « St Bart’ » occupée à se déverser sur les programmes télé à longueur de   soirées.   L’effet   français?… ‘Vous êtes-vous  déjà   demandé pourquoi affluent dans vos homes ou maisons de retraite, tant de fa­milles qui souhaitent assurer à leurs aînés des jours paisibles? Pourquoi des autocars entiers em­mènent dans vos écoles des en­fants marginalisés et découragés par l’Education Nationale françai­se ? Pourquoi la vie associative, en matière éducative, culturelle, tou­ristique, est si florissante chez « vous,  languissante  chez  nous? Pourquoi il y a en Wallonie 5 où 6 quotidiens, et chez nous, dans le Nord-Pas de Calais, qui compte le même nombre d’habitants, un seul : La Voix du Nord. Pourquoi la ] création artistique et cinématogra­phique est chez vous si féconde, re­connue et estimable, proche des gens de tous les jours, humaniste et respectueuse, tissée de cœur et d’esprit? N’enviez surtout pas la France, ce territoire qui ressemble à la toile d’une araignée nommée Paris, dont le souci premier est de dominer. Alors laissez-moi vous présenter ce qui vous attend…

 

En écoutant la météo de France 7 Info, vous sauriez tout sur le temps qu’il fait en haute vallée de l’Ubaye, ou sur l’arrière-pays ni­çois, et que, « plus au Nord, le temps sera couvert ». Parce qu’au Nord, c’est bien connu, il pleut tou­jours. Finie la facétieuse indépen­dance de la RTBF. Poutine et Sarko qui n’avaient pas bu que de l’eau, terminé, lèse-majesté. Vous seriez, comme les gens du Nord, considé­rés comme citoyens de seconde zone, ringards, pas « tendance », un peu ridicules et objets de tou­tes les plaisanteries. Vous, les ca­tholiques, seriez vus comme les survivants décalés d’une superstition dépassée et dangereuse, on n’aurait pour vous qu’ironie chez les « éducs » et les bobos. Supporters du Standard, plus question d’être leaders du championnat. On a chez nous les superbes écu­ries de l’OM et du PSG, auxquelles est due toute complaisance. Sur la route, ou à l’Urssaf, aux Impôts ou aux Assedic, vous auriez droit à une administration arrogante et sans réplique, qui vous harcèlerait de papiers à remplir et n’aurait au­cun scrupule à vous jeter, si, par ha­sard, il vous manquait une signatu­re ou un cachet. Car sous les ors de la République, couve une monar­chie absolue qui ne peut s’avouer – Révolution oblige… – mais n’a rien perdu du culte de soi-même qui caractérise le pouvoir en Fran­ce. Vous apprendrez que la France a toujours raison, qu’elle est la plus belle, la plus maligne, la plus généreuse, elle qui se fait réguliè­rement rappeler à l’ordre par Amnesty International, ou la Cour européenne des droits de l’Homme. Que les Champs-Elysées sont « la plus belle avenue du monde », et Paris, la « Ville Lumière». De­mandez un peu ce qu’en pensent les banlieusards qui passent 3 heu­res et plus, comprimés dans les mé­tros et RER pour aller au travail… Que Bonaparte, avec le million de morts qu’il a semés d’Haïti à la Rus­sie, de Madrid à Alexandrie, est le plus grand génie de l’Histoire mon­diale.

 

Historiens, vous vous abs­tiendrez de nous présenter la vie des « gens d’en bas », de porter la moindre appréciation sur les massacres et atrocités fomentés par les pouvoirs et armées du Roi ou de la République, et dont les gens, d’ici ne savent d’ailleurs quasi-rien : Turenne au Palatinat, les Co­lonnes Infernales en France de l’Ouest, la Guerre d’Espagne et les tueries napoléoniennes, la coloni­sation: rien que du bien, c’était pour la gloire de la Nation.

 

Heureux serez-vous d’attendre, J pour le moindre aménagement, / pour bâtir un appentis ou organi­ser une sortie d’enfants, que vos dossiers «montent» là-haut pour approbation, en « redescendent » des mois après, refusés, selon le principe que l’Etat a toujours rai­son et n’a nullement à se justifier. De vous soumettre à une législa­tion foisonnante superposant les contraintes, selon le vent des faits divers. Vous deviendrez comme tout citoyen français : un suspect.

 

Quant à vous, les Tournaisiens, ne parlez plus notre picard : il est chez nous à l’agonie, réduit au rang de « patois » hideux et vulgai­re. Comme sont vus nos paysages et coutumes. Parlez un peu de tou­risme en terre du Nord: on s’esclaf- i fera chez les branchés.                  

Mais quand même… Avez-vous déjà franchi la frontière du côté de Quiévrain, de Pussemange ou de Hensies ? Côté belge, la vie, la lu­mière, la gaîté. Côté français, tristesse, obscurité et radars. « Pour votre sécurité », est-il aimable­ment rappelé. Nous sommes pour­tant faits de la même culture, de la même histoire, du même courage.  Mais nous, nous avons Paris…

 

Oui, je sais, il y a bien quelques « rattachistes » en Wallonie… Ils flattent les orgueils et suffisances des salons qui nous gouvernent. Mais de grâce, amis wallons, restez comme vous êtes. Combien de Français du Nord vont chez vous comme en vacances, retrouver leurs vieilles racines oubliées, se re­quinquer comme à une sève de joie de vivre, de convivialité, de simplicité, de liberté, d’hospitalité et… d’intelligence. La vraie: celle du coeur. A propos de rattache­ment, rêvons un peu pour finir: pourquoi pas rattacher le Nord-Pas de Calais… à la Belgi­que?

 

Plus jamais de Charybde en Scylla  (Johan Viroux)

 

Il est étonnant de voir certains prôner l’Anschluss comme solution aux problèmes divers que connaissent les Wallons. Paradoxalement, suivant leurs affirmations, ils acceptent, non contents de “s’agenouiller” devant les Flamands, de se mettre à plat ventre devant la France, sans hésiter à refouler des faits historiques éloignés et récents en contradiction avec leurs thèses . Révisionnistes, ils semblent donc se complaire dans la soumission et, qui plus est, ils exhortent la population wallonne à les suivre dans cette voie .

L’Histoire regorge de cas similaires de collaboration et nous en apprend les dangers . Dans la majeure partie des cas, les annexionnistes eux-mêmes, après avoir joui de la bienveillance de la ‘mère patrie’ à leur égard, se voient très vite ravalés au rang de simple pion sur le territoire nouvellement conquis .

Ainsi, en Belgique. après près de 2000 ans de soumission et 170 années d’ indépendance, on pourrait presque parler d’ une tradition collaborationniste quasi ininterrompue . Qui ne pourrait citer des adeptes du pangermanisme et du ‘panfrancisme’ ?

Le modèle éducatif francophone actuel reflète bien cette habitude de se soumettre . Essentiellement unilingue, il renvoit constamment au modèle apporté par la langue d’enseignement et empêche une ouverture objective aux autres façons de voir et d’ agir . En général inconsciemment, les élèves et leurs enseignants, sont entraînés dans cette spirale apparemment sans issue de secours . Dans ce moule; l’ école ne peut guère former que de bons imitateurs, de bons exécutants, sans plus.

Pourtant, il existe une échappatoire, utilisée par les communautés germanophone et néerlandophone, rescapées de cette fatalité historique . Sur le plan extérieur, l’apprentissage réellement poussé des langues nécessaires à la vie économique de notre communauté et en son sein, la promotion sérieuse de l’identité culturelle wallonne devraient instaurer un climat de liberté d’expression et d’information propice à l’explosion créative et à une meilleure maîtrise des pouvoirs obtenus par la fédéralisation de la Belgique . Ainsi, nous aurons les moyens de braver les écueils du système centrifuge qui est le nôtre et de neutraliser les forces centripètes qui veulent notre rechute dans un Etat jacobin intransigeant envers ses propres régions. Plus jamais de Charybde en Scylla !

 

 

1 Les faits / L’impérialisme français en Belgique, une réalité

“Il y a quelques Belges, un millier ou deux, qui sont honteux d’être Belges,

qui jouent au Français, à l’Anglais, à l’Américain mais qui n’ont pas assez de c…

pour quitter la Belgique et qui polluent notre pays.”

(Jacques Brel, in: Le mot de la fin, RTB, 18/1/86)

 

 “Nous vivons en Belgique une véritable crise des institutions … Et ceux qui tirent les ficelles se trouvent ailleurs.” (Noël de Winter, “Léo Tindemans, les ricochets d’ un destin”, 1980, p 63)

 

 

CONSIDERATIONS GENERALES

 

Dénonciation des manoeuvres annexionnistes et des tentatives de déstabilisation de la Belgique au 20e siècle

 

Béatrice Delvaux, la France de Chaffart, LS 19/3/93

/Ferdinand Chaffart,/ le patron de la Générale de Banque, dénonce à travers le Crédit lyonnais, l’impérialisme français: « L’Etat français n’a pas changé depuis Colbert. »

« Le Crédit lyonnais est une banque nationalisée, qui n’a pas la même préoccupation que nous, côté dividende.  Elle peut donc être utilisée par le gouvernement français comme outil impérialiste. »

« Depuis Louis XIV et Colbert, l’Etat français a peu changé.  Ces gens, honorables, réfléchissent à la manière dont ils peuvent accroître le pouvoir des Français et quels instruments sont à leur disposition pour le faire. »

 

 

ECONOMIE : Impérialisme français dans l’économie     

 

Pierre Loppe, Alcatel: la générale ne répond plus, LB 10/12/88

« Le holding cède à CGE (France) sa participation dans le géant de la télécommunication: un pactole de 10 milliards. »

 

Béatrice Delvaux, Suez « resserre les boulons » à la Générale de Banque, LS 25/10/90

« La Compagnie de Suez, actionnaire majoritaire de la Générale de Banque. »

 

J-Fr. Lanckmans, L’empreinte française de la BNP (= Banque Nationale de Paris), LS 7/12/90 « Virage stratégique pour la banque Nagelmackers. »  « Francis Vincent, un Français à la tête de Nagelmackers. »

 

  1. Del., Nobel Explosifs s’éclate, LB 23/11/93

“L’entreprise Nobel Explosifs – filiale à 100 p.c. de la Société nationale française des Poudres et Explosifs (SNPE) / à Châtelet/ …”

“En 1991, suite au démantèlement du groupe chimique Gechem, les actions de Nobel Explosifs Belgique ont été rachetées par la SNPE, avant d’être reprises par Nobel France.”

 

Jos Dupré, député CVP et ancien ministre, LB 8/3/94

« Paris contrôle les secteurs clés de l’économie flamande.  Qui plus est, Paris peut compter sur le soutien des hommes politiques francophones et des groupes financiers. » (à: De Standaard, 7/3/94)

 

Assises commerciales françaises à Charleroi, LS, 22/10/94

Il s’agissait de l’assemblée générale annuelle de la section belge des conseillers du commerce extérieur de la France.

La France compte 1400 conseillers de ce genre répartis dans 111 pays avec mission de développer les échanges économiques internationaux.

En Belgique, 41 d’ entre eux représentent une grande partie des entreprises d’ outre Quiévrain.

 

Marc Magain, Le Groupe Herstal ne veut pas d’ un avenir sans ‘son’ patron, La mise à l’ écart d’ Albert Diehl /le patron alsacien/ par le français Giat effraie, LB, 17/1/95

Depuis sa reprise par le groupe français GIAT, le Groupe Herstal se défend bien.  Il réalise plus d’un tiers du chiffre d’ affaires de GIAT sans perdre d’ argent, « alors que la maison-mère enregistre un déficit de 1,2 milliard de FF ».

« Le contexte est favorable pour voir renaître les tensions franco-belges. Malgré les engagements pris, Browning est – mal – gérée à partir de Paris, en court-circuitant le Groupe Herstal.  Les armes FN sont toujours confrontées à la concurrence du Famas français, qui devait disparaître. Résumé: l’autonomie belge sur le marché de l’armement léger est restée lettre morte. »

Les syndicats pressentent une intention française de démonter la structure Herstal.

 

Le “Forum francophone des Affaires” installe ses quartiers, AL, s.d.

A l’hôtel de ville de Marche.

Son but: “sensibiliser les chefs d’entreprises privées des 40 pays francophones (sic) à se regrouper face au dynamisme affiché par leurs homologues anglophones et germanophones.”

 

  1. Ge., Le pied de nez russe de Renault aux 3.000 ex-travailleurs de Vilvorde, LB 3/11/97

En parallèle à une visite en Russie du Premier socialiste Lionel Jospin, Louis Schweitzer, président de Renault, a signé avec le maire de Moscou, Iouri Loujkov, une lettre d’intention pour l’installation d’une usine d’assemblage de Renault Mégane dans la capitale russe en 1998.

 

AvC., Un outsider qui ne perd pas espoir, LB, 20/1/95

(La Poste désire travailler de concert avec des banques.)

« Un bureau d’avis indépendant avait souligné qu’ ING (Internationale Nederlanden Groep) était le meilleur candidat.  Mais les francophones présents dans le comité de direction de La Poste ont choisi la Générale de Banque et la Royale belge.  Il s’agit là d’un ancrage français vu que la G-banque est contrôlée par la SGB, filiale du groupe français Suez et vu que la Royale belge est contrôlée par la compagnie française UAP », poursuit le Comité (du pélerinage de l’ Yser qui s’est insurgé jeudi contre une « francisation accrue de l’ économie ».

 

 

 

  1. Del., Acec-Energie coupe 150 emplois, LB 10/7/98

Acec-Energie (contrôlée par le groupe français Alsthom) occupe 356 personnes mais l’actionnaire majoritaire (51 pc) veut délocaliser la production de produits en France.

La fermeture de l’outil carolo sera partielle en 2001.

 

Impérialisme français au niveau de l’énergie

 

Y.C., Menaces sur Tractebel, LB 13/3/97

Eventuel mariage entre Suez et la Lyonnaise.

Cette nouvelle entreprise serait chapeautée par Gérard Mestralet, déjà président de la Tractebel.  De là à imaginer que Tractebel pourrait voir progressivement transférer certaines de ses activités (développement à l’ étranger, bureaux d’ études, Fabricom, …) au sein du nouveau groupe, il n’ ya qu’ un pas alors que le gouvernement doit pouvoir garder la maîtrise de son approvisionnement en énergie.

 

 

Impérialisme français dans le secteur des télécommunications

 

De Boeck, Philippe, Le ‘095’ pour France Telecom, LB, 9/9/95

Sa filiale Mobistar paiera 9 milliards pour le 2e GSM et Belgacom Mobile déboursera entre 5,5 et 9 milliards. L’ opérateur du deuxième réseau GSM s’appelle Mobistar, une filiale à 100 pc de France Telecom.

 

Impérialisme français dans le secteur des transports

 

AUTOBUS / Dialogue de sourds, LB, 14/11/94

La préférence accordée par le gouvernement wallon aux autobus Renault (dont la finition est assurée par EMI à Aubange) plutôt qu’aux véhicules du flamand Van Hool inquiète les Ecolos.

Selon Philippe Defeyt, député, « la part d’ EMI dans la valeur totale du bus est de 8 pc dans l’ hypothèse la plus favorable », ce qui représenterait « maximum vingt ouvriers par jour. » En outre, ce bus a des « caractéristiques d’ exploitation relativement médiocres (accessibilité limitée, consommation de carburant peu favorable, …) ».

 

Sabena: pas pour Balladur, LB, 28/10/94

« Pierre Godfroid, le président de la Sabena, vient d’ être fait officier de la Légion

d’ Honneur … »

 

La régionalisation au service de l’impérialisme français

 

Rapprochement France-Wallonie en matière de technologie, AL 10/1/86

« La Wallonie et la France entendent se rapprocher sur le plan technologique et réaliser ensemble des projets en optoélectronique, mécanique, etc., dans le cadre d’Eureka, a déclaré mercredi lors de sa visite à Paris Melchior Wathelet, ministre président de la Région wallonne. »

 

J-P. Du., Happart dénonce un nouveau « complot” contre la Wallonie, LB 25/8/90

« Le député européen rappelle à l’ordre Bernard Anselme à propos du rapprochement entre Cockerill et Sidmar. »

« Le parlementaire européen admet que Cockerill-Sambre cherche un partenaire pour jouer dans la cour des grands de la sidérurgie, mais, alors, il faudrait explorer d’abord les synergies possibles avec d’autres groupes sidérurgiques d’autres régions d’Europe.  Et de prendre comme exemple ce qui s’est passé dans le secteur agricole où les producteurs wallons de lait et de beurre se sont tournés « dans la bonne direction » à savoir des groupes du nord de la France. »

 

 

POLITIQUE : Impérialisme français en politique 

 

  1. Dz., Nos femmes et le Communautaire, LB 14/1/80

Le leader néerlandophone de l’opposition, interrogé par A2:

« Il a tout de même accusé la France de financer l’action francophone fouronnaise. »

 

J.-P. De Clippele (sénateur UDRT), Bruxelles étouffée par la régionalisation?, LB 9/5/82

« La France n’attend que le signal de la dégradation du climat bruxellois pour installer sur son sol la capitale de l’Europe. »

 

Marcel-Paul Chainaye, /6321 Villers-la-Ville:, Parlons belge!, LS 22/9/88,

‘Les élections nationales présidentielles /françaises/ bloquent la RTBF une soirée entière…’ « Gardons-nous d’un mimétisme vis-à-vis de la France et des Français qui se moquent de nous avec délectation. »

 

Faligot, Malcolm-Smith, Ex-mercenary quizzed over Belgian slayings, The European, 29/11/92

Jacques Laffaille, a former mercenary, could provide material evidence about the Belgian supermarket killings of the 1980s.  More than 20 people were killed and scores more injured in 1982, 1983 and 1985 during a series of raids on supermarkets by gunmen wearing carnival masks in the Brabant region.

At the time, police hinted that an urban terrorist group was responsible.  But there was speculation that there were links to attempt to destabilise the Belgian state.

Laffaille, a former paratrooper, has been a member of the OAS, Algeria’s underground loyalist army, told the French magistrate investigating his case  – he is awaiting trial for armed robbery in Nantes – he worked for the DGSE (France’s intelligence service).

The Belgians want to question Laffaille about trips he made to their country in the early 1980s.

 

Arlon à la fête le 27 septembre, A.M., LB 23/3/89

Alain Decaux, ministre français chargé de la francophonie, participera, le 1er avril, à une séance publique solennelle du Conseil de la Communauté française.  Il prononcera une allocution sur le thème « La Francophonie, un atout pour la défense du français. »

 

Les deux pays de Mme Spaak, LB 29/4/89

Lors de la réception de M. Alain Decaux /ministre de la francophonie/, à l’hémicycle du Sénat, la salle n’était décorée que du drapeau français et du coq rouge.

 

Laurent Fabius aux vingt ans du Conseil, AL 28/9/91

« Le président de l’Assemblée nationale fançaise, M. Laurent Fabius, a assisté vendredi matin dans l’hémicycle du Sénat à la séance solennelle commémorant tout à la fois la fête de la Communauté française de Belgique et les vingt ans de son Conseil. »

 

  1. Dt., Communauté fr., c’est aujourd’hui ta fête!, LS 27/9/88

“Drôle de Communauté dont même le nom est contesté: ne faudrait-il pas mieux dire “fête de la communauté francophone”?  Drôle de communauté dont le lien est davantage un ancrage de la culture française – comprenez la culture venue de Paris – qu’une communauté de vues entre Bruxellois, Liégeois et Carolorégiens.”

 

 

Où était passé le drapeau belge?, LB, 30/9/94

«  A Paris, la Fête de la Communauté française a été célébrée avec un jour de retard au centre Wallonie-Bruxelles. … Deux drapeaux, celui de la France et celui de la Communauté française, avaient été disposés à l’ entrée des locaux.   Mais le troisième support (…) est resté désespérément vide!»

 

Politique internationale

 

RWANDA – Un dirigeant du FPR accuse Paris et Bruxelles, LB 18/3/98

“La France et certains partis belges sont complices de la rébellion”, a déclaré lundi le président du groupe parlementaire du Front patriotique rwandais (FPR).  “La France nous a toujours rejetés et l’on sait que certains partis belges comme le CVP soutiennent indirectement la rébellion”, a ajouté Tito Rutaremara, l’un des membres les plus importants du comité exécutif du RPR.

 

Manoeuvres belges anti-impérialistes

 

Marcel Grégoire, Un adversaire de la « belgitude », in: LB 24/4/84

“La création du Benelux est essentiellement due à P.H.Spaak.  C’est celui qui, de tous ses prédécesseurs et de tous ses successeurs, y compris les Flamands, dégagea le plus la politique étrangère belge de l’influence française. »

 

 

SOCIAL

 

Racisme anti-belge

 

Pol Bury, Une belgitude peut en cacher une autre, LB 3/12/79

(Maurice Wilmotte dans son « Encyclopédie belge »,de 1933)

« Déjà, à la fin du XIIe siècle, le cas de Quenes de Bethune, s’ excusant et se plaignant à la fois, parce qu’il n’ écrit pas un français très pur et qu’il a essuyé les railleries de Paris. »  » Plus tard, Baudelaire, écrivant à Manet, tenait ces propos disgracieux: « J’ai voulu avoir l’impression personnelle de M. C…, autant du moins qu’un Belge puisse être considéré comme une personne. »

« Ce qu’on pourrait appeler le complexe de Quenes de Bethune ne s’est pas dissipé à travers les siècles. »

« Après Dachau, les Français oublièrent les histoires juives qui les avaient tant amusés avant 1939.  Avec la crise du pétrole, ils n’osèrent plus parler des « bougnoules ».  Les Suisses détenant des secrets bancaires, il valait mieux n pas s’y attaquer.  Restaient les Belges. »  

 

Impérialisme français dans la justice

 

L’extrême-droite et ses amis truands, LB 21/6/89

« Un ancien de la Sûreté de l’Etat a évoqué d’étranges contacts pour les députés » (s.n.)

« La Sûreté ayant appris que Latinus aurait des contacts avec des services secrets étrangers, M. Massart /= Victor Massart, ancien collaborateur de la Sûreté de l’Etat/ a demandé qu’on organise une filature mais « cela n’a jamais été fait ». « Latinus a été recruté comme informateur parce qu’il pouvait donner des informations sur les mouvements d’extrême-gauche et les contacts de ceux-ci avec certains mouvements français. »

« La Sûreté a continué à enquêter sur le W.N.P. et a appris, notamment, que certains membres du mouvement avaient des contacts avec des militaires d’un pays étranger.  A ce propos, M. Massart a refusé de donner, en séance publique, des précisions.  Il les a fournis à huis clos. »

Roger Rosart, Extrême-droite et tueries du Brabant, LB 4/3/89

« Un ex-gendarme réfugié aux Etats-Unis /Martial Lekeu/ parle d’une mystérieuse organisation qui fomentait un coup d’Etat. » « Les ordres ne venaient pas seulement de Belgique. »

 

Opération policière française en Belgique, LS 24/1/89

“Dans la nuit de samedi à dimanche, des membres de la police urbaine de Maubeuge ont franchi la frontière belge au cours d’une poursuite pour intercepter une voiture de fugitifs.  L’opération s’est terminée par une fusillade au carefour de la route Mons-Beaumont et de celle qui relie Grandreng à Rouveroy.”

“Il n’existe en effet aucun accord entre la Belgique et la France qui autorise les policiers français à opérer sur le territoire belge sans en aviser préalablement les autorités belges.  A fortiori n’est-il pas permis auix policiers français de faire usage de leurs armes, de procéder à des arrestations et de rapatrier les prisonniers.”

 

X.Du., Les documents Dassault en route, mais pas arrivés, LB 18/7/97

Malgré une préocédure de transfert sans doute allégée, la justice belge attend toujours les pièces importantes qu’elle avait saisies à Paris il y a plus d’un an et demi. Ces documents sont promis par le président français.

Le temps presse.  “Fin 1998, les faits seront prescrits.”  Ces documents concernent le taux et le montant (on parle de 600 millions de francs belges) des commissions occultes qui ont été – ou devaient être – payées par la société SEE, une filiale du groupe Dassault, en contrepartie de la passation, en 1989, du contrat Carapace (7,5 milliards), un système de contremesures visant à renforcer la protection électronique de chasseurs-bombardiers F-16 de la Force aérienne belge.”

 

JFR. Dumesnuil, Contentieux franco-belge: l’ apaisement?, LB 18/7/97

Politique anti-drogue: Paris campe toujours sur ses frontières

Le colonel De Winter, directeur du programme drogues de la gendarmerie au Bureau central de recherches (CR): “la décision française (contraire aux Accords de Schengen) est de nature purement politique.  … ce type de contrôle de terrain aux frontières est relativement inefficace.  Les postes sont facilement contournables par les trafiquants.  Au contraire, nous pensons que des actions plus ciblées, telles que celles que nous mettons en place inopinément sur la route Lille-Rotterdam avec la coopération des trois pays, donnent de meilleurs résultats.”

(…) Il appert que les résultats enregistrés par les forces de police belges sont particulièrement percutants.  On ne peut dès lors, selon lui, porter sur notre pays un doigt accusateur.

 

Impérialisme français en matière linguistique

 

Jean-Pierre Verheggen, Je t’aime, Wallon plus!, LS 28/12/82

« Qu’est-ce que l’accent wallon?  Est-ce, vraiment, comme l’indiquerait tel professeur de jeux de cirque de la langue française, tel accent de mauvais alois qui permet que l’on nous traite, nous Wallons, comme des chiens! »

Il avait assuré, dans les studios de la RTBF, la voix off du rôle de conteur pour un téléfilm réalisé au château de Seneffe.  Le producteur, cependant, de retour de Montréal où il avait présenté ce document belge à ses collègues et éventuels acheteurs des télévisions francophones communautaires, lui signala qu’il l’avait fait doubler à son insu.  « Les Français, en effet, avaient trouvé ma diction régionale fort peu à leur goût, inadaptée à la noblesse musicale de Stravinski, erronnée dans sa direction d’acteur et – surtout! – trop wallonne à leurs oreilles pointues. »

« Je devais entériner le fait qu’un producteur de notre RTBF, bailleur de fonds nos redevances collectives, avait, honteusement, baissé culotte – fût-elle auditive! – devant le moindre petit tintement de réprobation jacobine française! »

 

Adé, le temps des friteries, VA 14/6/83

« Il a suffi qu’on dise au francophone qu’ il péchait contre la langue française pour que, aussitôt, il fasse preuve de la plus parfaite contrition et s’amende sans délai.  Ainsi toutes nos fritures se sont mises au pas et sont devenues des friteries.  Ainsi tous les panneaux des Ponts et Chaussées signalant des détournements proposent dorénavant des déviations. (…) En rang, tous, pour le bon usage. »

 

CMDS /de LL/, Télépro, 1935, 4/1991

JMB se permet de critiquer le langage de nos enfants et de leurs aînés (Télépro 1930). « Cette personne n’a-t-elle jamais entendu à la télévision (…) nos chers voisins s’exprimer dans la langue de Molière avec les quelques: cons, conards, putain de monde, il me fait chier, casser la gueule et j’en passe.  Je préfère entendre mes enfants parler de crolles, clinche, loque, et autres belgicismes. »

 

Marcel Delaunois, Pourquoi ni latin ni grec?, LB 11/7/91

« Il apparaît abusif d’affirmer que c’est grâce à leur formation philosophique que les Français auraient plus de facilité à conceptualiser et seraient meilleurs dans les débats … « politiques ».  Chacun sait qu’ il existe de tout temps une facilité française (sic), due sans doute à leur tempérament propre et … à leur unilinguisme,et que les Belges se révèlent par nature bien positifs. »

 

Michel Francard, Du provincialisme linguistique, LS 5/2/94

« La remontrance de la vieille Dame du quai de Conti à notre Académie en dit long sur l’impérialisme linguistique dont continue de se targuer une certaine intelligentsia parisienne, avec l’approbation patente de quelques Bruxellois et Wallons: « Ce n’est tout de même pas à notre petite communauté francophone qu’il appartient de faire la leçon à la France.  Car l’usage ne se fait pas à Bruxelles, mais à « Paris » (André Hella). »

« Y a-t-il 2 catégories de francophones, les uns détenteurs exclusifs de légitimité linguistique, les autres soumis aux diktats des premiers? »

 

 

Comment on achète les dirigeants d’un pays: par la Légion d’Honneur, etc.

 

Distinction française à Ph. Moureaux, LS 7/7/85

Légion d’honneur pour Paul Bolland (gouverneur de la prov. de Liège), LS 15/7/93

Jean-Médaillé Dehousse, disez-vous?, LB 24/6/85

Devenu bourgmestre de Liège, il a obtenu la Légion d’honneur.

Maurice Lippens officier de la légion d’ honneur, LS, 22/6/95

Tout comme Fons Verplaetse, gouverneur de la Banque nationale, Maurice Lippens, patron du groupe de bancassurance belgo-néerlandaise Fortis a obtenu la Légion d’honneur.

Pierre Scohier, président du groupe Cobepa, LB 2/7/97: idem

 

Belges de la Légion d’honneur, LS 9/11/90

Ces Belges sont reçus chaque année en automne à l’ambassade de France.

 

Dorekens François, Liège en bleu-blanc-rouge, LB 13/7/91

« Liège est la seule ville étrangère à être décorée de la légion d’honneur. »

 

Pierre André, un Liégeois primé au Québec, LS 27/10/90

“Créé en 1978 par le Conseil de la langue française du Québec, l’Ordre des francophones d’Amérique vise à reconnaître les mérites de ceux qui oeuvrent au développement du “fait français” en Amérique.”

(Pierre André était président de l’UIJPLF (Union de Journalistes Professionnels)-Belgique)

 

Enseignement

 

P.P., /Bastogne/, /Ton école, mon fils …/, Télépro, n° 1977, 1992

(Emission RTB) “On nous a présenté, d’une part, l’interview d’instituteurs français dynamiques, en recherches et passionnés par leur métier (alors qu’en Belgique aussi beaucoup d’instituteurs ont des choses valables à dire, comme par exemple les lauréats du concours d’innovations pédagogiques organisée par la FIC) et, d’autre part, on nous présente un enseigement de la lecture en région liégeoise que plus aucun spécialiste de l’enseignement du français ne voudrait cautionner.  On aurait voulu opposer une Communauté française scolairement inapte à une France pédagogiquement glorieuse qu’on ne s’y serait pas pris autrement!”

 

Jean Mertens, Réforme et réformette en campagne, LS 1/4/94

“Le terme “grande école” choisi par le ministre Lebrun pour nommer les mammouths pédagogiques qu’il veut créer, est en partie inspiré, on le sait, par la France.”

 

Monde des entreprises

 

Bortolin Claire, Delizée, Pascal, Alcatel Bell: 340 emplois en moins, LB, 20/10/95

110 pour l’ usine de Colfontaine.

 

  1. Ma., Un méli-mélo chez Danly, LB, 8/5/95

A l’ usine de production de Danly Europe, à Herstal, les syndicats n’acceptent pas la décision de délocalisation vers l’ usine Danly Dunkerque d’une partie de l’outil de production (perte de 27 emplois sur 67).

 

Ph. DB et P Del., “Nous nous battrons jusqu’ au bout!”, LB, 9/11/96

Les employés du supermarché Intermarché de Manage refuse de prester 32 heures/semaine pour 25000 F net, travailler 6 jours sur 7 selon des horaires stupidement coupés.

 

Grève à la FNAC, LB, 13/12/96

Ce vendredi, grève du personnel de la FNAC-City2.  “Les employés se plaignent que, depuis la mise en place de la nouvelle direction, “venue de France”, les conventions collectives soient systématiquement remises en question. La “concertation” y consisterait , en outre, à imposer , avec ou sans accord des partenaires sociaux.  Cette grève résulte du fait que la direction veut mettre en place un système de salaire individualisé, ne tenant pas compte de l’ évolution de chacun dans la grille salariale en vigueur.”

 

Câbleries de Charleroi sous haute tension, LB 3/7/98

Des rumeurs font état de leur fermeture prochaine.

Les Câbleries occupent 250 travailleurs.

Le syndicat se pose des questions sur le comportement des Français.  Avec les Câbleries, on va revivre “un deuxième Renault-Vilvorde”, dit-il.

 

Environnement

 

La rage progresse en Gaume, LB 9/1/82

“La France ignore les campagnes de gazage des terriers de renards telles qu’on en organise chaque année, à Virton, entre le 15 avril et le 15 mai, époque qui suit directement la naissance des renardeaux.”

 

Michel Claessens, Même la pollution est régionalisée, LB 12/5/86

“L’Espierres, qui se jette dans l’Escaut, constitue en effet la “poubelle industrielle” du nord de la France, “l’égout de Lille”.  “Il détient le record européen de la pollution par le chrome et les trois quarts du cadmium présent dans l’Escaut proviennent en réalité de l’Espierres (donc de France).”

“Depuis 150 ans, les négociations avec la France concernant l’exportation de la pollution se sont toujours soldées par un échec!”

 

Comines déclare la guerre à Lille, LB 14/5/86

Les Français veulent installer un dépôt d’immondices de 88 ha et de 80 m de haut à 4 km de la frontière.  Il s’ agit d’un projet de la communauté urbaine de Lille.

 

Sabine Collin, SOBAGI II et le PLAN WALLON, LS 1/6/90

“Le plan wallon de gestion des déchets industriels est sur la table …  Pièce maîtresse, Sobagi II (Cockerill et Lyonnaise des Eaux) a son permis d’exploiter.” (à Engis) /par Guy Lutgen/

 

Francis Laroche, Un nucléo-musée ouvre à Chooz, LB 1/6/94

Les Verts entendent dénoncer l’inutilité des centrales nucléaires.

La production des 2 unités de Chooz B1 et B2 dès 1995 est inutile dans le contexte énergétique actuel français (production excédentaire) et belge (auto-suffisance).

 

D.F., Remous franco-belges au tour du canal, LB, 8/9/96 (Estaimpuis)

La métropole lilloise pollue la vallée de l’ Espierre.  Les écologistes belges écrivent au président Chirac.  Ils exigent des autorités françaises qu’elles respectent les directives et les recommandations européennes en matière d’environnement.

En effet, chaque débordement de l’Espierre, qui prend sa source dans la région lilloise, provoque une pollution du canal adjacent, polluant ainsi un des sites naturels les plus prisés de la région scaldéenne.  Dans un communiqué, l’ Association de protection de l’ environnement de la vallée de l’ Espierre (Apeves) dénonce l’ inertie des pouvoirs publics tant du côté français que belge.

 

M.M., Centrale de Chooz: où sont les plaquettes d’ iode?, VA 12/11/96

Les habitants des communes environnantes devaient recevoir des plaquettes d’ iode en guise de mesure de prévention.  “En France, elles ont été distribuées!”

 

CHOOZ.  Comprimés d’iode pour les riverains français de la centrale, LB 7/10/97

Les habitants de Beauraing, Doisches, Hastière et Viroinval – sur le territoire belge – ne bénéficient pas de cette mesure de prophylaxie généralisée. 

 

La centrale de Chooz a-t-elle des effets sur la santé?, LB 29/1/98

La centrale nucléaire de Chooz, la plus importante d’Europe.

Selon certains, dont des médecins, ce voisinage aurait un impact sur l’augmentation de cancers de la thyroïde.

 

Marc Magain, Chooz B à l’arrêt: pour défauts de conception?, LB 9/6/98

Dans la nuit du 12 au 13 mai, une fuite a été observée sur le circuit de refroidissement à l’arrêt de la centrale nucléaire de Civaux.  30 m³ d’eau s’échappaient par heure et il a falu près de dix heures pour l’arrêter.  L’incident, classé niveau 2 de l’échelle internationale (qui en compte 7), était donc relativement sérieux. (…) Cette eau qui refroidit le coeur de la centrale est radioactive.

Les ingénieurs redoutent le défaut de conception.  La fatigue thermique est évoquée, ce qui interpelle pour une centrale opérationnelle depuis … six mois.

Civaux 1 fait partie du “palier 4”, la nouvelle génération de centrales nucléaires françaises de 1450 MW.  L’exploitant EDF et le conepteur Framatome ont de sérieux motifs d’inquiétude.

Dans la foulée, la décision a été prise de décharger aussi le combustible à Chooz B1 et Chooz B2, les premières N4.

 

 

CULTURE : Impérialisme français dans le secteur culturel

 

Aux armes, concitoyens?, PP? 26/3/81

Soupçonniez-vous l’existence d’un organisme français au coeur des affaires intérieures de la Belgique, l’association France-Bruxelles-Wallonie, dont le siège est situé à Paris?

Intention ouverte: le culturel.

Intention cachée: conforter les intérêts politiques et économiques de la France, le culturel n’étant qu’un alibi.

 

Vers un réseau du livre francophone, LS 22/10/90

‘La bibliothèque Chiroux-Croisiers, bibliothèque pilote de la Communauté recevra désormais, sur support informatique, les références de tous les ouvrages édités en France et cela dans la semaine suivant leur parution.’ (On ne dit pas vice-versa!)

 

Fr. M., Les 10 ans de “La Longue Vue”, LB 25/6/94

“La littérature est considérée par les éditeurs français comme leur chasse gardée.  Même le marché belge, dans ce domaine, est difficile d’accès, parce qu’il est largement noyauté par les groupes français.”

 

Impérialisme français dans les media

 

P.S., TV Club, un projet belge de télévision à péage, LB 9/10/87

“Le ministre président de l’Exécutif communautaire francophone de Belgique, Philippe Monfils, s’est très normalement dit préoccupé d’éviter aux ondes belges le colonialisme étranger et en particulier le colonialisme français.”

 

Jean Dehon, Trop colonisés par les Français, LB 29/4/91

“Nous sommes, en partie, colonisés par les Français.

Nous faisons d’abord partie de la Communauté française.”

‘La présence française dans nos émissions radio et TV qui ont, chaque jour, au moins 2,3, si pas plus, invités français présents.’

 

 

J.M, Bxl, Haro sur la RTBF, Télépro n° 2072, 20/11/93

« La radio RTBF1 nous casse vraiment les pieds avec le sacro-saint sport plus des programmes entièrement axés sur la France (15 minutes consacrées à Marseille et le fameux Tapie et 2 minutes pour les nouvelles belges).  A se demander par moments si la RTBF est devenue une succursale de Radio France. »

 

Dumont, Jean-François, Presse: un axe Namur-Lille-Bruxelles, LB, 27/9/95

Le groupe ‘La Voix du Nord’ prend une participation de 49 %  dans ‘La Financière de l’ Avenir’, filiale à 100 % du groupe ‘Vers l’ Avenir’ et qui détient 32,3 % du capital de ‘Informations et Productions Multimédia’ (IPM), société éditrice des deux quotidiens belges ‘La Libre belgique’ et ‘La Dernière Heure/Lesd Sports’.  Dorénavant, le groupe ‘la Voix du Nord’ disposera de deux administrateurs au conseil d’administration d’ ‘IPM’ et sera présent à son comité permanent institué au mois de juin 1995.  Le groupe ‘La Voix du Nord’ assure en France le deuxième tirage, après Ouest-France.

 

Le “papivore” n’est plus, LB, 22/4/96

Patron de presse en France et en Belgique, Robert Hersant est décédé.

“(…) Attaqué sur son attitude pendant l’occupation de la France par l’ armée allemande pendant la Seconde guerre mondiale, Robert Hersant a toujours fait front jusqu’en janvier 1987 où une ordonnance déclarait éteinte l’action publique engagée contre lui.

 

Nouveaux projets français de pub TV “belge”, LB 24/11/97

France 2 et France 3 pourrait engranger un milliard de Fb à partir de la publicité destinée au public belge grâce à l’arrêté de la Communauté française prévoyant la taxation de la publicité télévisuelle.

 

Révisionnisme français anti-belge

 

Jean Vanwelkenhuyzen, Anc. président du Comité intern. d’Histoire de la deuxième guerre mondiale, Erreur dans l’épisode 5 des “Grands jours du siècle” (RTB1 lundi 22 h), LB 14/7/93

On y entend que la “ligne Maginot n’a pas été prolongée jusqu’à la mer dans l’intention de ménager la susceptibilité des Belges”.  En somme, les autorités françaises auraient estimé discourtois de pointer des canons en direction d’un pays ami.  En réalité, elles entendaient livrer bataille en Belgique, bien au-delà de la frontière, en vue de tenir les Allemands à distance des régions industrielles du Nord.  Dans cette optique, il n’était pas nécessaire de prolonger la ligne Maginot jusqu’à la mer.  Les a guidées la conception qu’elles avaient de l’intérêt de la France.  En l’occurrence, la solution adoptée était loin de répondre aux voeux des Belges.

A deux reprises au moins, Bruxelles a fait savoir à Paris que fortifier la frontière du Nord contribuerait à dissuader les Allemands de passer par la Belgique comme en 1914.  

 

Olivier Collot, La France honorée à Charleroi, LS 19/9/97

Un tambour en acier de 600 kg pour rappeler deux cents ans d’histoire, huit batailles et le rôle d’éternelle sentinelle joué par la Sambre.

NDLR: Les pillages de la Révolution française ont été complètement oubliés.

 

 

Impérialisme français dans le secteur des loisirs

 

Christophe Sokal, Trivial Pursuit: le remue-méninges continue, LS 30/3/88

“Le Trivial Pursuit néerlandophone sortira au mois de septembre 1988, spécialement conçu en fonction de nos centres d’intérêt et de nos connaissances culturelles.  Le jeu hollandais distribué jusqu’à présent était en effet trop axé sur l’histoire et l’environnement des Pays-bas.”

NDLR : Quid du Trivial Pursuit francophone?

 

J.-F. Dt., Damier international, pions belges, joueurs français, LB 8/4/89

“Hachette, Paribas et la Compagnie générale des Eaux sont d’autres gros poissons français qui naviguent en eaux belges. Avec une puissance non négligeable, comme le contrôle par Hachette de quasi toute la distribution dees journaux, périodiques et livres en Belgique …”

 

Le casino de Knokke à moitié français, LS, 15/9/95

Le casino de Knokke vient de conclure un accord de partenariat avec le groupe français Partouche.  Ce grand spécialiste des jeux en France (17 casinos et 10 hôtels) obtiendra 51 % du capital du casino.

 

Gaumont rachètera-t-il le Calypso?, LB, 9/8/95

Le groupe cinématographique Gaumont, qui a déjà racheté cette année l’ancien cinéma Rex déclaré en faillite, est sur le point de racheter le cinéma Calypso, sis dans le centre d’ Anvers.

 

Impérialisme français au niveau de nos créateurs artistiques

 

Xavier Diskeuve, Le plafond de Garouste coûtera au moins 6,6 millions de F à la ville, VA 24/6/98

La Ville de Namur a passé commande d’une peinture monumentale destinée au plafond du foyer du Théâtre royal.  L’artiste choisi, le français Gérard Gérouste, est réputé mais pas bon marché.  (…) La note finale approchera sans doute les 10 millions de F.

 

S.G. de Grivegnée, 21 JUILLET, Télépro, 2110, 8/94

Pas de feu d’ artifice pour le 21 juillet à Liège mais bien le 14 …

 

 

 Abréviations

 AL = L’Avenir du Luxembourg

LB = La Libre Belgique

LS = Le Soir

VA = Vers l’Avenir

2 La collaboration francophile chez les politiciens et les intellectuels

 Vlaams Belang, FN, Happart, Burgeon, Collignon, …

 

Collabos de la France

 

 

De nos jours, en Belgique, des intellectuels et des politiciens collaborent avec la France… comme d’autres avaient collaboré avec l’occupant allemand.

Ces renégats sont ni plus ni moins des traîtres à notre pays.

 

 

2.1 Introduction

 

Rien de neuf sous le soleil, au cours des derniers siècles, nombre d’intellectuels ont été les proches collaborateurs de régimes non démocratiques !

 

 

COLLABORATION INTELLECTUELLE ET IMPERIALISME

 

Guillemin, Ph., éd., Archéologie française à l’étranger, Ed. recherche sur les civilisations, 1985

“Il pouvait sembler, après coup (sic), que l’archéologie traditionnelle telle qu’on la pratiquait dans la première moitié du siècle s’était souvent identifiée avec le dégagement des grandes villes de la colonisation romaine, et certains pouvaient y voir le symbole d’un esprit colonial.” (p.288)

 

 

Alain Schnapp, Archéologue, archéologues et nazisme, p.289-315, in: Olender, maurice, éd., Pour Léon Poliakov, Le racisme, mythes et sciences, éd. Complexe, Bruxelles, 1981

 

(p.312) Chercher à comprendre une conjoncture politique et idéologique, c’est analyser le comportement de personnes et de groupes, ce n’est pas distribuer éloge ou blâme.  Les erreurs d’interprétation témoignent de la difficulté du genre.  Elle ne doivent pas empêcher de s’interroger sur les promiscuités de la science et de la politique.

La responsabilité collective des universitaires allemands dans le processus de corruption que nous venons de décrire est immense.  On voit cependant qu’elle es ten quelque sorte atténuée par l’absence de toute critique internationale.  Suivant des préjugés encore affirmés de nos jours, chaque groupe de scientifiques est isolé face au pouvoir d’état et la solidarité active de la communauté internationale est tenue pour une ingérence scandaleuse dans les affaires intérieures d’un état.  Les associations internationales en particulier se refusent à toute intervention qu’on peut qualifier de politique.  On voit les conséquances de ce refus de responsabilité morale: il postulede l’archéologie une neutralité factice que les appareils d’Etats tentent de récupérer.  dans le lent déferlement de la violence contre les peuples, les archéologues nazis sont les héritiers, marqués du sceau de l’infamie, d’une archéologie au service de la raison d’état que les régimes coloniaux ont tristement utilisée.  Doit-on rappeler la longue cohorte des préhistoriens et des antiquisants français au service de l’Algérie française ou la participation de l’illustre paléontologue Leakey à la répression contre les Mau-Mau?  Face à la bonne conscience des disciplines, l’archéologie nazie est là pour porter témoignage des conséquences de la démission de l’esprit scientifique face à la morale et aux droits des peuples.

 

 

ALIENATION : DUREE

 

Pol Mathil, Jean-Paul Collette, Le gardien de la mémoire, LS, 17/2/94

Simon Wiesenthal : ‘Les partis démocratiques n’ont pas aujourd’hui de programme à l’adresse des jeunes.  Seuls les dictatures en ont.’

“Les anciens nazis ont été nombreux, à de très hauts postes, dans le système de la RDA qui a pourtant toujours accusé la République fédérale de fascisme!”

“Le constat d’ avoir à la fois les nazis et les communistes contre moi m’ a donné la preuve que j’ étais sur le bon chemin.”

 

 

COLLABORATION DES INTELLECTUELS

 

Raul Hilberg, Sur la catastrophe juive et le nazisme, propos recueillis par Michel Grodent, LS, 4/3/94

Sur la participation des intellectuels au génocide.

“Le parti nazi compta une foule d’ intellectuels dont certains occupaient le sommet de la hiérarchie.  Ce sont les médecins, défenseurs de l’euthanasie, et les juristes, habiles à donner aux mesures les plus folles une apparence de légalité, qui ont le plus gravement cautionné le régime.”

 

 

ALIENATION / NAPOLEON – STALINE – HITLER

 

“ A l’ arrière-garde de l’ armée corse battue à Ponte Novu (par l’ intervention française en 1769), Carlo Buonaparte, secrétaire et aide de camp de Paoli.  Son fils Napoléon sous l’uniforme français, en 1792, mûrit le projet de libérer sa patrie.  Il écrit les Lettres  sur la Corse.  Mais en quelques mois, ses espérances basculent.  Son frère a déjà choisi le parti de l’Occupant et le parti patriote, jacobin.  Lucien attend Napoléon à Toulon …

… Ce sont les fils des peuples soumis qui fournissent les meilleurs soldats, les plus grands capitaines et les plus distingués tyrans des pays suzerains.

Le sentiment national blessé du dominé passe au service de la dominance.  Franco était Galicien.  Staline Géorgien.  Hitler se sentait-il vraiment Allemand? …”

(attribué à Henri Guillemin, Napoléon tel quel, 1969, Ed. de Trévise, Paris / à vérifier)

   

2.2 Quelques exemples

 

1971

J. Boly, La Wallonie dans le monde français, 1971

 

(p.21) « La Francophonie est la dimension géographique de la francité.  Elle répond à ce que nous avons de plus profondément humain: la qualité de notre être français et la solidarité spirituelle qui en découle. »

 

1973

Albert Parisis, Le « Mois de la Francité » à Liège, VA 09/09/1973

 

« Le français n’est pas le rassemblement des francophones, de ceux qui parlent français.  Elle est plus que cela: elle est une culture déterminée, une façon de voir la vie et de l’exprimer, un génie particulier servi par une langue, sans se résumer en celle-ci. »

 

1988

Jean Tordeur, Pierre Ruelle /ULB/ déclare son amour à la France, LS 28/03/1988

 

Pour lui, la Wallonie est « un lambeau arraché de la patrie française ».   

 

1988

J.Fr. Deliège, José Happart chez les Suisses, LB, 12/02/1988

Malgré l’ interdiction du gouvernement, il prend la parole à Moutier … et met en garde les Wallons. Moutier, petite ville du Jura, dans le canton germanophone de Berne, veut par le truchement de son maire autonomiste, son rattachement au canton francophone du Jura.
Pourtant, pour des raisons financières et religieuses (ils sont protestants), maints francophones jurassiens n’ en veulent pas, les autonomistes étant en majorité catholiques.
« Bravant l’ interdit, José Happart s’est donc exprimé à Moutier, sans aucun problème, devant 200 militants autonomistes et toute la presse écrite et audiovisuelle suisse.  Et cela sans faire dans la dentelle : « Dans l’ Etat suisse, vous avez les Allemands (sic), dans l’Etat belge, nous avons les Flamands (sic).  Ce sont les mêmes (sic) germains, impérialistes, refusant aux citoyens le droit de vivre dans leur langue et dans leur culture. »

 

1992

Faligot, Malcolm-Smith, Ex-mercenary quizzed over Belgian slayings, The European, 29/11/1992

There was speculation that there were links to attempts by foreign governments to destabilise the Belgian state. More than 20 people were killed and scores more injured in 1982, 1983 and 1985 during a series of raids on supermarkets by gunmen wearing carnival masks in the Brabant region. Jacques Laffaille worked for the DGSE (France’s intelligence service).
The Belgians want to question Laffaille about trips he made to their country in the early 1980s.

 

1994

Willy Burgeon, à ‘Dimanche matin’, le 22/8/94, in: LB, 22/08/1994

Willy Burgeon, président du Conseil régional wallon: « Les Wallons sont très tournés vers la France qui, comme le dit un chant wallon, est un peu notre maman (sic). »

 

1994

J. Erler, Robert Collignon à Paris ou la diplomatie régionale, LB, 29/09/1994

« Sur le plan politique, le déplacement de M. Collignon n’a eu aucun impact sur la population française.  Les médias de l’Hexagone ont superbement ignoré le déplacement du ministre-Président.  Ce fut, du reste, exactement pareil quand Guy Spitaels et Luc Van den Brande furent aussi reçus à l’Elysée.  Paradoxalement, ces visites extérieures ont donc pour principale
vertu une reconnaissance (espérée) de chaque ministre-président dans sa propre région. »

 

1995

Paul Vaute, L’extrême droite, un mai 68 à l’ envers?, LB, 24/11/1995

 

Naissance en 1984 du Front national, inspiré de celui de Le Pen.
Les cadres du Vlaams Blok sont formés aux thèses de la Nouvelle Droite, le courant d’Alain de Benoist.

 

2001

D.Z. Godefroid / Guy Goffette : « Je suis antinationaliste », AL 19/10/2001

 

Guy Goffette s’est toujours senti universel.

« Etre belge, je m’en fiche. On est le poète de sa langue. Je suis antinationaliste », affirme le poète, aujourd’hui conseiller à la maison Gallimard à Paris.

 

2009

Claude Javeau, De la France, de la Belgique et de la Wallonie, éd. Larousse, 2009

 

(p.6) La République française devrait-elle annexer la Wallonie, partie méridionale du royaume de Belgique, où le français est la langue officielle pour la majorité de ceux qui y vivent ? Le Wallon (ou plutôt le Liégeois, ce qui – on le verra plus loin – n’est pas la même chose) que je suis fait à cette question une réponse de Normand: p’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non. Cela dépend à la fois du cours des choses en Belgique et de ce que l’on entend par «annexer». La Belgique tout entière, comprenant donc ce que l’on désigne aujourd’hui par Wallonie, fut déjà purement et simplement annexée par la France pendant une vingtaine d’années, entre 1795 et 1815. C’est la raison pour laquelle certains partisans du rattachement à la France, qu’on appelle justement les «rattachistes», parlent souvent de «retour à la France».

 

(p.119)

Annexer et rattacher

Avant même de concerner seulement la Wallonie, l’an­nexion était un sujet dans le vent, ce dont Baudelaire témoigne avec une verve tout acerbe (en ces temps-là, rappelons-le, toutes les élites belges parlaient le fran­çais). Je ne résiste pas au plaisir un peu masochiste de citer en entier le passage qu’il y a consacré dans Pauvre Belgique:

«L’annexion est un thème de conversation belge. C’est le premier mot que j’aie entendu ici, il y a deux ans. À force d’en parler, ils ont contraint nos perroquets du journalisme français à répéter le mot. – Une grande partie de la Belgique la désire. Mais c’est une mauvaise raison. Il faudrait d’abord que la France y consentît. La Belgique est un enfant déguenillé et morveux qui saute au cou d’un beau monsieur, et qui lui dit: « Adoptez-moi,

(p.120) soyez mon père! » – II faut que le monsieur y consente. Je suis contre l’annexion. Il y a déjà assez de sots en France, sans compter tous nos anciens annexés, Bordelais, Alsaciens, ou autres. Mais je ne serais pas l’ennemi d’une invasion et d’une razzia, à la manière antique, à la manière d’Attila. Tout ce qui est beau pourrait être porté au Louvre. Tout cela nous appartient plus légitime­ment qu’à la Belgique, puisqu’elle n’y comprend plus rien. – Et puis, les dames belges feraient connais­sance avec les Turcos, qui ne sont pas difficiles. La Belgique est un bâton merdewc: c’est là surtout ce qui crée son inviolabilité. Ne touchez pas à la Belgique ! »

Baudelaire traite ici de la Belgique dans son entier, et cet ouvrage n’est censé, pour sa part, ne concerner que la Wallonie. Avec ou sans Bruxelles : au sein de la Com­munauté française de Belgique, on parle volontiers de la Communauté Wallonie-Bruxelles (et l’avis des Fla­mands n’a pas été sollicité à ce sujet). Pour simplifier les choses, je me bornerai à évoquer la Wallonie telle qu’elle est comprise entre les frontières de l’actuelle Région wallonne. Avec ou sans la minorité de langue allemande? Disons avec, sous réserve d’un éventuel référendum.

(p.121)

(…) le RWF (Rassemblement Wallonie-France) n’a, jusqu’à présent, engrangé que des scores très faibles. Son dirigeant, Paul-Henry Gendebien, membre de la noblesse, ancien représentant de la «Communauté Wallonie-Bruxelles» à Paris, descend de l’un des fondateurs (membre du Congrès national) du royaume de Belgique en 1831. Estimé de la plupart de ses concitoyens, il n’a rien d’un excité irrédentiste. Tout au plus pourrait-on voir en lui un obstiné, avec une idée fixe particulièrement tenace. Mais Paul-Henry Gendebien peut s’estimer aujourd’hui récompensé de ses efforts. L’idée du rattachement fait son chemin, comme en témoignent des sondages récents. Même si l’on garde en tête qu’il faut se méfier des sondages, surtout ceux réalisés par la méthode des quotas, dont la valeur scientifique est sujette à cau­tion, ceux-ci attestent toutefois de la progression de l’idée du rattachement dans l’opinion publique fran­cophone belge (on ne sonde jamais les Flamands à ce sujet).

(p.126)

Nota bene: l’auteur de ces lignes pencherait, sentimen­talement, pour un changement de nationalité dans un cadre institutionnel nouveau. Mais, à côté du senti­ment, il y a la raison; et, en ce domaine, ce sont ses conseils qui doivent prévaloir.

 

Bruxelles, le 29 juillet 2008

 

2010

UNE LANGUE INOUÏE

PAR PATRICK ROEGIERS

Le Belge n’a pas de langue propre.
Le Belge n’a pas de langue maternelle.
C’est un paria, un exclu, un orphelin du langage.
Babel, babil, babeleer, broubeleer, bruxelleir.
Le problème du Belge, c’est de parler français.

En Belgique, le français est une langue étrangère.
Car le français, «méthodique et précis», instruit la pensée.
Or, la langue, en Belgique, rencontre peu la pensée
Le Belge n’a point d’attrait pour une pensée sérieuse.
Il aime le concret, le vrai, le familier, le pesant, le trivial, le plein, le goûteux, l’organique.
Les mots belges disent autre chose que ce qu’ils disent.
Ils ont certes un sens premier.
Mais sont sans portée seconde.
Le sens émane d’abord du son.
Le néologisme belge est essentiel.
Il ouvre l’accès à l’insensé.

Le rôle de l’écrivain belge est d’inventer sa langue plutôt que de parler la langue commune, c’est-à-dire le «bon» français, qui sied aux Français.
Le sabir belge échappe à toute logique.
La langue belge est insoumise, incorrecte et très gaffeuse.
Elle est l’exact contraire d’un flux limpide, juste et pondéré.

Le Belge pâtit d’un abcès sur la langue comme celui qui tortura tant Christian Dotremont.
Le Belge, taiseux, n’est pas un beau phraseur.
Le Belge s’exprime par ouï-dire.
La langue cacophone définit son territoire.
Le Français a la langue bien pendue.
Le Belge a la langue bien fendue.

Le Belge? Une langue de peintre!

Le Belge est une langue morte
Tue et, partant, tuée.
Dès son orée.
Le Belge ne prend pas la parole.
Il la rend.
Qu’importe donc comment en France on dit mon nom!
J’écris en belge, si je veux.
Je sens en flamand, malgré moi.
Mais je pense en français.
Et je reste filialement attaché à la langue belge, renégate des œillères, ouillée, mal ouïe, ointe d’ouillouillouilles, parce qu’on n’oublie pas la langue qui parle en soi.

 

 

 

3 Francophones et maladies de l’esprit

Le problème pour les francophones est justement la difficulté de se débarrasser de trois maladies de l’esprit:

 

– la paranoïa, liée à l’unilinguisme dans lequel l’enseignement et les media nous baignent de façon quasi constante: un unilingue croit toujours que sa langue, la seule qu’il connaisse, est supérieure;

 

– la schizophrénie, liée à des contradictions permanentes:

. défendre la culture française en prônant la tolérance, demander que l’autre la tolère mais interdire à cet autre de faire de même dans la communauté francophone d’adoption ,

 

– le sado-masochisme  lié à la francophonie:

le système jacobin, encore très centralisé, étouffe toujours le peuple français; qu’à cela ne tienne, on a trouvé des boucs émissaires, les Belges, les Suisses, … en guise d’exutoire; les Belges francophones, pour leur part, ont trouvé les Flamands (‘J’ai un stûût’ de Marc Herman, …) et dernièrement les Wallons (les frères Taloche, Berlu, Pirette, …), pour se moquer de leurs accents qui sont paradoxalement leurs propres accents (c’est ici de nouveau un comportement schizophrène).

 

Comment un francophone hors de l’Hexagone peut-il à la fois se déclarer citoyen de la francophonie, ne pas se sentir à l’écart du racisme inhérent à la nation qui est au centre de cette francophonie, de l’unilinguisme réducteur, de l’intolérance pratiquement institutionnalisée dans laquelle il vit en permanence?  Beau débat intérieur en perspective.

 

4 Similitudes entre le français et la langue du 3e Reich (à la lumière de l’analyse de Viktor Klemperer)

 4.0 « Combien de temps faudra-t-il à ces enfants pour enlever les immondices nazis de leur tête ? » (V.Kl.), in : Viktor Klemperer, Arte 15/11/04 – 23.55

Viktor Klemperer  s’exprimait ainsi à l’égard des enfants drillés par le nazisme pendant la seconde guerre mondiale.

 

NDLR — Idem pour les enfants du sud de la Belgique, drillés par la propagande impérialiste francophone:

  communauté « française », « frontière » linguistique;

– français : son « universalité », la « francophonie », la « francité », face aux « patois » wallon(s) et luxembourgeois;

– l’Autre, c’est le « Flamand », qui parle « flamand », et qui applique le « droit du sol »; etc. 

 

 

4.1 Français & Langue du 3e Reich: SIMILITUDES

Klemperer Victor, LTI, La Langue du Troisième reich, Carnets d’un philologue, éd. Albin Michel, 1996

/LTI = Lingua tertii imperii/

(p.14) Ce philologue apolitique, /juif allemand,/ qui s’était toujours tenu à l’écart de la respublica, est très tôt conscient que derrière l’hystérie de la langue se profile celle des actes. Ses mots les plus durs, il les réserve à ceux qui auraient dû comme lui le comprendre, à cette bourgeoisie d’origine juive qui se voila la face aussi longtemps que faire se put, à ses collègues, intellectuels « aryens » qui démissionnèrent et s’inclinèrent
devant la bêtise. Par lâcheté, par confort et conformisme.

NDLR — Devant le français, la bourgeoisie wallonne, néerlandophone,
luxembourgophone de Belgique, bretonne, alsacienne, basque, occitane, catalane, corse, …se voila aussi la face.

(p.20) L’apport de Klemperer à la formation d’une conscience historique fut souterrain et par là même plus profond, décisif. En RDA, pour échapper à l’emprise angoissante de la « présence pleine » des fantômes, on lisait LTI. Et l’on se surprenait, parfois, à la lecture de cette analyse d’une langue pervertie par l’ idéologie, à établir d’inquiétants parallèles…

NDLR — On retrouve également d’inquiétants parallèles avec le français, langue
du jacobinisme…

(p.38) Non, l’effet le plus puissant ne fut pas produit par des discours isolés, ni par des articles ou des tracts, ni par des affiches ou des drapeaux, il ne fut obtenu par rien de ce qu’on était forcé d’ enregistrer par la pensée ou la perception.
Le nazisme s’insinua dans la chair et le sang du grand nombre à travers des expressions isolées, des tournures, des formes syntaxiques qui s’imposaient à des millions d’exemplaires et qui furent adoptées de façon mécanique et inconsciente.

NDLR — Idem avec le français, utilisant ainsi le terme « frontière linguistique »
en Belgique au lieu de « limite linguistique », le terme « Amerloque » ou « Ricain » pour
désigner les Américains, le français utilisé avec le soi-disant accent belge
pour humilier le Belge s’exprimant en français, idem à l’égard des Suisses et des Canadiens francophones.
… A tel point que, parmi les non-Suisses, si l’on parle des Suisses ou si l’on s’attend à en voir parler un, on songera ‘spontanément’ à son accent jugé risible !

(p.38) Mais la langue ne se contente pas de poétiser et de penser à ma place, elle dirige aussi mes sentiments, elle régit tout mon être moral d’autant plus naturellement que je m’ en remets inconsciemment à elle. Et qu’arrive-t-il si cette langue cultivée est constituée d’éléments toxiques ou si l’on en a fait le vecteur de substances toxiques ? Les mots peuvent être comme de minuscules doses d’arsenic. On les avale sans y prendre garde, elles semblent ne faire aucun effet, et voilà qu’après quelque temps l’effet toxique se fait sentir.

(p.88) Comme tous les autres penseurs des Lumières qui, en tant que philosophes et encyclopédistes, étaient « ses camarades de parti », avant qu’il fit cavalier seul et commençât à les haïr, Rousseau emploie lui aussi « fanatique » dans un sens péjoratif. Dans La Profession de foi du vicaire savoyard, il est dit de l’ apparition de Jésus parmi les zélateurs juifs : « Du sein du plus furieux fanatisme la plus haute sagesse se fit entendre. »
Mais peu après, quand le vicaire, en porte-parole de Jean-Jacques, s’en prend presque plus violemment à l’intolérance des encyclopédistes qu’à celle de l’Église, on peut lire dans une longue note : « Bayle a très bien prouvé que le fanatisme est plus pernicieux que l’athéisme, et cela est incontestable ; mais ce qu’il n’a eu garde de dire, et qui n’est pas moins vrai, c’est que le fanatisme, quoique sanguinaire et cruel, est pourtant une
passion grande et forte, qui élève le cour de l’homme, qui lui fait mépriser la mort, qui lui donne un coeur et qu’il ne faut que mieux diriger pour en tirer les plus sublimes vertus : au lieu que l’irréligion, et en général l’esprit raisonneur et philosophique, attaché à la vie, efféminé, avilit les âmes, concentre toutes les passions dans la bassesse de l’ intérêt
particulier, dans l’abjection du moi humain, et sape ainsi à petit bruit les vrais fondements de toute société. »

Ici, le renversement de valeur qui fait du fanatisme une vertu est déjà un fait acquis. Mais, en dépit de la renommée universelle il est resté sans effet, isolé dans cette note. Dans le romantisme, la glorification non pas du fanatisme mais de la passion (p.89) sous toutes ses formes et pour toutes les causes relevait de Rousseau. À Paris, près du Louvre, se trouve un ravissant petit monument qui représente un tout jeune tambour qui s’élance. Il bat la générale, il réveille la ferveur avec les roulements de son tambour, il est représentatif de l’enthousiasme de la Révolution française et du siècle qui l’a suivie. Ce n’est qu’en 1932 que la figure caricaturale de ce frère de l’enthousiasme qu’est le fanatisme passa la porte de Brandebourg pour la première fois. Jusque-là, le fanatisme était demeuré, malgré cet éloge discret, une qualité réprouvée, quelque chose qui tenait le milieu entre la maladie et le crime.

(p.90) (…) ; le national-socialisme étant fondé sur le fanatisme et pratiquant par tous les moyens l’éducation au fanatisme, « fanatique » a été durant toute l’ère du Troisième Reich un adjectif marquant, au superlatif, une reconnaissance officielle. Il signifie une surenchère par rapport aux concepts de témérité, de dévouement et d’opiniâtreté, ou, plus exactement, une énonciation globale qui amalgame glorieusement toutes ces vertus. Toute connotation péjorative, même la plus discrète, a disparu dans l’usage
courant que la LTI fait de ce mot. Les jours de cérémonie, lors de l’anniversaire de Hitler par exemple ou le jour anniversaire de la prise du pouvoir, il n’y avait pas un article de journal, pas un message de félicitations, pas un appel à quelque partie de la troupe ou quelque organisation, qui ne comprît un « éloge fanatique » ou une « profession de
foi fanatique » (.).

NDLR — Influence de la philosophie de Rousseau avec le fanatisme sur le nazisme…

(p.114) La dérision, qui, en ce temps-là, était à l’oeuvre contre la volonté du législateur, a été délibérément employée par le gouvernement nazi ; il ne voulait pas seulement mettre les Juifs à l’écart, il voulait aussi les diffamer ».

NDLR — La « civilisation « française » a aussi utilisé la dérision contre les communautés linguistiques bretonnes (ex.: Bécassine), corses (cf les propos racistes récents dans une émission télé française traitant les hommes corses de zoophiles), …

(p.115) (.) la tradition est repoussée sans ménagement lorsqu’elle est hostile au principe national. Ici entre en jeu une caractéristique typiquement allemande (.)

NDLR — Ainsi, en Belgique, on peut voir une tentative de certains francophiles d’orienter l’esprit des marches folkloriques militaires de l’Entre-Sambre-et-Meuse vers le « souvenir » napoléonien. Or, ce folklore à caractère religieux n’a rien à voir avec la commémoration des victoires de ce dictateur…

(p.116)  la manie de faire les choses à fond [Gründlichkeit]. Une grande partie de l’Allemagne a été colonisée par les Slaves, et les noms de lieux rappellent cette donnée de l’histoire. Mais tolérer d’ autres noms de lieux que des noms germaniques va à l’encontre du principe national du Troisième Reich et de sa « fierté raciale ». Ainsi, la carte géographique est-elle épurée jusque dans les moindres détails. En lisant un article de la Dresdener Zeitung du 15 novembre 1942 . « Noms de lieux allemands à l’Est »,
j’ai noté ceci : Dans le Mecklembourg, on a supprimé l’annexe « Wendisch »
[Sorabe] du nom de nombreux villages, en Poméranie, on a germanisé 120 noms
de lieux slaves, environ 175 dans le Brandebourg, et les patelins de la vallée de la Spree ont été germanisés tout spécialement. En Silésie, on est parvenu à 2 700 germanisations, et dans la circonscription de Gumbinnen – où c’étaient surtout les terminaisons lituaniennes « racialement inférieures » [niederrassig] qui choquaient, et où, par exemple, on a rendu  Berninglauken » plus nordique [aufnorden] en le changeant en « Berningen »-, dans la circonscription de Gumbinnen, donc, sur 1 851
communes, pas moins de 1 146 ont été débaptisées.

(p.117) Le »Gau de la Warta », créé le 26 octobre 1939, s’étendait sur une partie de Pologne occidentale comprise entre Lodz (Litzmannstadt), Poznan (Posen) et Inowroclaw (Hohensalza). Le Gauleiter Arthur Greiser s’y rendit responsable de déportations massives et de l’ extermination de Juifs et de Polonais en vue d’une  » dépolonisation  » /Entpolonisierung/ et d’une  » germanisation  » /Eindeutschung/ .

NDLR — Les promoteurs du français ont eu et ont conservé la fâcheuse tendance de
franciser pratiquement tous les noms de lieu non francophones sur le territoire devenu francophone…

(p.182) L’ Essai sur l’inégalité des races humaines de Gobineau, qui parut en quatre volumes de 1853 à 1855, est le premier à enseigner que la race aryenne est supérieure, que la pure germanité est l’aboutissement de la race humaine et même la seule digne de ce nom, et qu’elle est menacée par le sang sémite qui s’insinue partout, dont on doute fortement du caractère humain. Tout ce dont le Troisième Reich a besoin pour son assise philosophique et pour sa politique est réuni ici, toute application et tout développement ultérieurs, pré-nazis, de cette doctrine renvoient invariablement à ce
Gobineau. Lui seul est ou semble être – je laisse cette question en suspens – l’auteur responsable de l’idéologie sanguinaire.
(…) L’idée originale de Gobineau n’était pas d’avoir divisé l’humanité en races, mais plutôt d’avoir relégué le concept général d’humanité au second rang par rapport aux races devenues autonomes, et d’avoir opposé de manière fantaisiste, au sein des races blanches, une race de seigneurs germanique à une race de parasites sémite. Gobineau avait-il sur ce point de quelconques précurseurs ?

(p.185) Le comte Arthur de Gobineau joue un rôle plus important dans l’histoire de la littérature française que dans les sciences naturelles, mais il est caractéristique que cette influence ait été reconnue plus tôt du côté allemand. Dans toutes les phases de l’histoire de France qu’il a vécues – il est né en 1816, mort en 1882 -, il s’est senti spolié de ce qu’il croyait être le droit seigneurial que lui conférait son ascendance noble, spolié de ses potentialités individuelles, par le règne de l’argent, de la bourgeoisie, de la masse aspirant à l’égalité des droits, par la domination de ce qu’il désignait sous le nom de démocratie, qu’il haïssait et dans laquelle il voyait le déclin de l’humanité. Il était convaincu de descendre, en droite ligne et de sang non mêlé, de la noblesse féodale
française et de la haute noblesse franque.

NDLR — No comment.

(p.218) (.) quel fut le jour le plus difficile pour les Juifs dans ces douze années d’enfer ?
Je me repose aujourd’hui la question que je me suis posée, que j’ai posée aux personnes les plus diverses des centaines de fois déjà : quel fut le jour le plus difficile pour les Juifs dans ces douze années d’ enfer ?
Jamais je n’ai obtenu de moi, jamais non plus des personnes interrogées, une réponse autre que celle-ci : le 19 septembre 1941.

À partir de cette date, il fallut porter l’étoile jaune, l’étoile de David à six branches, le chiffon de couleur jaune qui signifie, aujourd’hui encore, peste et quarantaine et qui, au Moyen Âge, était la couleur distinctive des Juifs, la couleur de la jalousie et du fiel dans le sang, la couleur du mal qu’il faut éviter ; le chiffon jaune avec son impression à l’ encre noire : « Juif », le mot encadré par les lignes des deux triangles encastrés l’un
dans l’autre, le mot tracé en grosses capitales qui, de par leur espacement et l’outrance de leurs horizontales, simulent les caractères hébraïques.

NDLR — Les élèves qui avaient été pris en train de parler leur langue maternelle au lieu du français à l’école en Flandre, à Bruxelles, en Wallonie, dans l’Arelerland, en Bretagne, en Occitanie étaient punis. Quand un élève était surpris – souvent par délation -, il recevait une marque symbolique (signet, …). En certains endroits, le dernier élève à recevoir le signet pendant la journée avait une retenue, en d’autres, tous les élèves pris étaient punis; … Plus grave encore, un témoignage télédiffusé sr la Bretagne relate un véritable supplice infligé aux enfants d’une école. L’écolier pris à parler breton était pendu par les pieds à la façade de cette école, en pleine rue, et devait rester ainsi pendant rès de 10 minutes. Personne n’a jamais osé réagir…

(p.280) Ce qu’ il y avait d’ étonnant ici, c’ était l’ impudente grossièreté de ces mensonges, qui transparaissait dans les chiffres; la conviction que la masse ne pense pas et qu’on peut parfaitement l’abrutir est à la base de la doctrine nazie.

 

NDLR — La propagande française et francophile fait de même. Elle a ainsi encore tu la collaboration effective entre la France et l’Irak, sous la coupe de Saddam qui n’a pas hésité à torturer des milliers de ses citoyens sans oublier la négation par la France de son implication dans le génocide rwandais (1.000.000 de morts).

 

(p.363) RESISTER DANS LA LANGUE
La résistance qui se déploie ici ne prend pas la forme du coup d’éclat, de l’action guerrière, elle donne corps à une stratégie de l’endurance, de la persévérance, face à l’adversité la plus extrême et en dépit du danger de tous les instants. Le résistant muet, en (p.364) apparence soumis et apraxique qu’est Klemperer, lance le défi le plus insensé qui soit : celui de maintenir et d’incarner la continuité de la raison, de la pensée
critique, de l’identité civilisée lorsque tout se défait, lorsque tout  nage dans la même sauce brune ». Il est celui qui mise, au péril de sa vie (découvertes, ses notes le condamneraient à coup sûr au camp, voire à la chambre à gaz), sur l’ininterruption du travail d’élucidation dévolu à l’intellectuel – lors même que le poison des mots et des opinions distordus s’infiltre partout et que l’« épidémie » n’épargne rien ni personne.

NDLR — Il faut également dépasser le discours jacobin qui étouffe la liberté de la raison.

 

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